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Campagne cacaoyère 2022/2023 : le Mincommerce Mbarga Atangana promet 02 milliards aux meilleurs cacaoculteurs du Cameroun

C’est l’annonce forte faite à Yokadouma, le 18 août dernier, par le Ministre du Commerce, à l’occasion du lancement officiel de la nouvelle campagne cacaoyère, placée sous le signe de la promotion d’un cacao d’excellence fortement rémunérateur.

Forte mobilisation des acteurs de la filière cacao, le 18 août 2022 à la place de fêtes de la ville de Yokadouma, chef-lieu du département de la Boumba Ngoko, région de l’Est, qui a accueilli la cérémonie de lancement officiel de la campagne cacaoyère 2022/2023, par le Mincommerce-Ministre du Commerce. Occasion pour Luc Magloire Mbarga Atangana non seulement de jeter un regard rétrospectif sur la campagne écoulée, de se projeter sur l’avenir, mais également d’annoncer le payement de la « Prime Paul Biya » comptant pour les campagne 2018/2019 et 2019/2020, laquelle prime est destinée aux meilleurs producteurs de la filière dont ceux de la Boumba et Ngoko, inscrits au tableau pour la première fois. A pris part à l’événement, le Minader-Ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Gabriel Mbaïrobe.

Le choix de Yokadouma pour abriter cette édition est tout, sauf le fait du hasard. Selon le Ministre du Commerce, le département de la Boumba et Ngoko s’illustre depuis plusieurs campagnes par une bonne organisation des opérations de commercialisation du cacao, mais également par de nombreuses organisations de producteurs actives et la qualité du cacao produit en nette amélioration. Autant d’arguments qui permettent à l’édition Yokadouma 2022 d’emboîter le pas à Ebolowa en 2008, Monatélé en 2010, Mfou en 2011, Mbanga en 2012, Ambam en 2013, Bot-Makak en 2014, Ayos en 2016, Ntui en 2017, Ngomdzap en 2018, Sangmélima en 2019, Yaoundé en 2020 et Kékem en 2021.

Plus qu’une cérémonie devenue une tradition, le lancement de la campagne cacaoyère 2022-2023 a donné lieu à l’appel à relever les défis de la qualité et de la durabilité, pour pouvoir continuer à avoir accès au marché international et prétendre à un prix fortement rémunérateur. « En ce qui concerne la qualité, l’on peut se réjouir de ce que des efforts notables ont été faits au cours des dernières années, qui font qu’aujourd’hui l’origine Cameroun est de plus en plus prisée… Chers cacaoculteurs de la région de l’Est en général et du département de la Boumba et Ngoko en particulier, ce que vous devez savoir, c’est que la qualité paie », a lancé le Mincommerce, avant de rappeler que le cacao du Cameroun, issu des centres d’excellence de traitement post-récolte, s’est négocié, au cours de la campagne 2021/2022, à un prix plancher garanti de 1640 Fcfa/Kg bord-champ, grâce à la convention passée avec la Confédération des chocolatiers et confiseurs de France ainsi que le chocolatier Puratos, et de 1800 Fcfa/Kg pour ce qui est de la société Cocoa valley. « Il s’agit donc pour vous dans la région de l’Est de vous inscrire dans cette spirale vertueuse d’un cacao d’excellence et, par voie de conséquence, fortement rémunérateur. Oui ! Vous pouvez vous aussi légitimement prétendre au prix bord-champ de 1800 Fcfa/Kg », a-t-il rassuré.

Prime de la qualité

Le Chef de l’Etat, Paul Biya, a instruit la construction progressives des centres d’excellence de traitement post-récolte sur l’ensemble des bassins de production. « Celui de la Boumba et Ngoko ne sera pas en reste et vous recevrez à cet effet, dans les semaines à venir, des équipements du Conseil interprofessionnel du cacao et du café », a informé Luc Magloire Mbarga Atangana, qui a noté que parmi les autres mesures d’incitation à la production d’un cacao de qualité, figure l’instauration sur très haute instruction du Président de la république d’une prime de qualité de 70 Fcfa/Kg dont bénéficient les producteurs ayant mis en marché un cacao de grade 1. « J’ai le plaisir de vous annoncer ici à Yokadouma que la seconde vague de payement, couvrant les campagnes 2018/2019 et 2019/2020, démarrera dans les tous prochains jours, pour un montant cumulé de 02 milliards Fcfa… Les producteurs du bassin de Yokadouma figurent parmi les bénéficiaires de cette seconde vague », a-t-il fait savoir, non sans attirer davantage l’attention des cacaoculteurs : « L’autre défi majeur qui interpelle est celui de la durabilité, entendue comme la lutte contre la déforestation, le travail des enfants, la promotion de l’autonomisation des femmes dans le cacao et le respect de l’environnement ». Il faut rappeler que la « Prime Paul Biya », décidée à la campagne 2016/2017, a fait l’objet d’un premier versement l’année dernière au profit de 5309 bénéficiaires, pour un montant total de 808.005.954 Fcfa au titre de la campagne 2017/2018.

Le Mincommerce a profité de l’occasion pour demander au Cicc-Conseil interprofessionnel du cacao et du café de multiplier les descentes opérationnelles sur le terrain, afin d’expliquer aux producteurs les contours et les enjeux du nouveau paradigme. Quant à l’Oncc-Office national du cacao et du café, « il s’attachera à la mise en place du système de traçabilité, qui consiste à suivre le produit pas à pas, étape après étape, depuis le champ jusqu’au port d’embarquement ».

Défis et consolidation des acquis

Dans la perspective de la valorisation de leur labeur et du positionnement du cacao du Cameroun vers les cimes de la perfection et de l’excellence, la « feuille de route de Yokadouma », assignée à l’interprofession pour la nouvelle campagne est, à en croire le Mincommerce, placée « sous le double signe de la relève des défis et de la consolidation des acquis ». En effet, le bassin de Youkadouma se caractérise par une production de 300 à 400 kg de cacao marchand par hectare, la présence de 85000 exploitants, un climat favorable, sa proximité géographique avec la République centrafricaine et le Congo Brazzaville, et le lancement des travaux de construction des infrastructures routières.

Au rang des doléances, le Maire de Yokadouma en a présenté quelques-unes, au nom des populations. « Nous avons besoin d’accompagnement au niveau du séchage et la commercialisation. Nous sollicitons la construction et l’équipement des bâtiments des délégations départementales du Mincommerce et du Minader, l’ouverture des pistes agricoles, la construction d’un marché moderne à Yokadouma… », a fait savoir Ernest Timothée Abono Mpoumbiel, avant de dénoncer certaines pratiques rétrogrades ambiantes : « L’environnement est gangréné par la prolifération des coxeurs, les achats au porte-à-porte, la circulation des fausses balances, le non-fonctionnement des comités locaux de commercialisation…»

Selon Michael Ndoping, Directeur général de l’Office national du cacao et du café, malgré la crise russo-ukrainienne, le Covid-19 et l’inflation, il se dégage un sentiment de satisfaction. « L’optimisme se dégage, le déficit de 181 T/fève, annoncé et occasionné par la sècheresse en Afrique de l’Ouest, n’a pas eu lieu ; la campagne a plutôt été favorable, 295 T contre 292 l’an dernier, les prix ont varié de 750 et 1290 Fcfa/Kg. L’amélioration de la qualité bord-champ, la production nationale commercialisée est de 295163506 kg contre 292471465 Kg l’an dernier, le volume transformé localement est de 86850 663 Kg contre 62425288 Kg l’an dernier ». Autre signe annonciateur d’embellie, l’implication des femmes et des jeunes dans la filière, grâce au Programme New Generation du Cicc-Conseil interprofessionnel du cacao et du café.

« Nous sommes dans un monde qui est de plus en plus exigeant. Les consommateurs tiennent à un certain nombre de principes dans ce qu’on appelle la durabilité, qui est pour l’essentiel la sauvegarde et la protection de l’environnement, mais également des conditions humaines dans le travail du cacao. Je pense en particulier à la question de la protection des enfants, la question environnementale relative à la déforestation, l’implication des femmes dans la production du cacao. Au summum, en réalité, la qualité signifie tout simplement une rémunération décente à la hauteur du dur labeur. A quoi sert-il de sortir tous les matins sous la pluie, si on ne peut pas vendre son produit à un prix satisfaisant ? A quoi sert-il d’investir, si une fois que vous avez produit et récolté, vous voyez les portes du marché qui se ferment ? C’est cela que nos cacaoculteurs doivent pouvoir intégrer. C’est le marché qui fixe ses règles, ses conditions. Ce sont des choses aisées à mettre en œuvre. C’est pour cela que le gouvernement, sur très hautes instructions du Chef de l’Etat, s’est engagé dans le vaste projet et programme d’amélioration de la qualité à travers la création des centres d’excellence de traitement post-récolte du cacao, qui fait sur le marché la différence. La moyenne de la vente de notre cacao se situe autour du prix compris entre 700 et 1200 francs au cours de l’année de la dernière campagne, pour le cacao dit standard. Mais, le cacao issu des centres d’excellence post-récolte s’est payé à 1640 francs, bord-champ dans le cadre de la convention que l’interprofession a signée avec la Confédération des chocolatiers et confiseurs de France. Mais, il y a quelqu’un qui a pu faire mieux, c’est un Camerounais, chocolatier installé en France. Il paye ce cacao-là à 1800 francs et il n’exclut pas de monter à 2000 francs. Il suffit de faire la différence entre 900, 1200 et 1800 francs pour comprendre les enjeux. Donc, la qualité paye. Le cacaoculteur camerounais est à même de vivre décemment de son travail. 2000 francs le kilogramme, c’est 200.000 francs la tonne. Multipliez pour un producteur moyen qui sort 05 tonnes, c’est une rémunération qui n’est pas de l’ordre de moins de 10 millions de francs par an. Montrez-moi le fonctionnaire qui gagne 10 millions par an ! Voilà tout ! »

« Nous sensibilisons les populations et je pense qu’avec les travaux d’entretien routier qui progressent, ça va également contribuer à booster la filière cacao dans la région de l’Est en général et le département de la Boumba et Ngoko en particulier », a déclaré Grégoire Mvongo, Gouverneur de la région de l’Est.

Bertrand TJANI

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