Input your search keywords and press Enter.

International : l’Union Africaine réunit à Libreville ses meilleurs architectes de la paix pour réformer sa diplomatie préventive

La Commission de l’Union africaine ouvre ce jeudi 21 mai 2026 à Libreville sa 17e réunion de haut niveau sur la paix et la sécurité. Pendant deux jours, les Sages du continent, des envoyés de l’UA et de l’organisation des Nations Unies , et les représentants des organisations régionales débattront des moyens de renforcer les cessez-le-feu, le dialogue national et la réconciliation avec pour horizon : une architecture africaine de gestion des crises enfin à la hauteur des défis.

Libreville accueille ce jeudi le gratin de la diplomatie préventive africaine. Sous le haut patronage de Mahmoud Ali Youssouf, Président de la Commission de l’UA, la capitale gabonaise réunit pour deux jours d’anciens chefs d’État, des envoyés spéciaux de l’UA et de l’ONU, les membres du Groupe des Sages et les représentants des Communautés économiques régionales. L’ordre du jour est aussi ambitieux qu’urgent : repenser de fond en comble l’architecture africaine de gestion des conflits.
La machine était déjà en marche depuis mercredi. Le Groupe des Sages instance de personnalités africaines mandatées pour la médiation et la prévention des crises tenait hier sa réunion statutaire. Simultanément, UA et ONU se retrouvaient pour leur 4e retraite conjointe, consacrée à l’harmonisation de leurs réponses face aux crises, dans le cadre de leur partenariat renforcé en matière de paix et de sécurité. Deux jours de préparation intenses avant même que s’ouvre la salle des plénières.
Le thème retenu pour cette 17e édition dit tout du diagnostic posé par l’UA sur l’état du continent : « Renforcer les cessez-le-feu, le dialogue national et la réconciliation pour une paix durable ». Autrement dit, l’organisation panafricaine reconnaît que signer des accords ne suffit pas. Le non-respect chronique des cessez-le-feu reste l’un des principaux moteurs d’enlisement des conflits, du Soudan au Sahel en passant par la région des Grands Lacs.
Les panels de ce jeudi mettent également sur la table la place des femmes et des jeunes dans les processus de médiation. Les réseaux FemWise-Africa et le Réseau des Jeunes Sages, créés pour porter ces voix trop souvent marginalisées, sont au cœur des débats. L’union Africaine entend en faire de véritables leviers opérationnels et non de simples vitrines d’inclusivité.
Anciens chefs d’État et envoyés spéciaux apportent leurs retours de terrain sur la gouvernance africaine. Ces échanges constituent la matière première du sommet : la paix ne se décrète pas depuis Addis-Abeba, elle se négocie dans les capitales en crise, dans les provinces isolées, parfois dans des villages sans route. C’est cette réalité que les participants sont venus mettre sur la table.

Vendredi, le sommet se fermera sur l’adoption de recommandations concrètes et de messages clés. L’objectif affiché : moderniser en profondeur les outils de diplomatie préventive de l’UA, combler les brèches institutionnelles et adapter les mécanismes de gestion des crises à des conflits dont la nature se complexifie d’année en année entre groupes armés non étatiques, crises climatiques et ingérences extérieures.
Le continent brûle en plusieurs endroits à la fois. Ce sommet de Libreville n’éteindera pas les feux. Mais s’il produit des engagements tenus plutôt que des textes oubliés, il aura déjà changé quelque chose.

Victoire Nkana

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *