C’est la conclusion majeure de l’atelier de validation institutionnelle de la stratégie nationale de digitalisation de l’EFTP. Les travaux se sont tenus à Yaoundé, le 13 mai dernier, sous la présidence de la Secrétaire Générale du ministère de l’Emploi et de la Formation Professionnelle, Prudence Forchap Esandem.
Pour rester compétitifs à l’ère du tout-numérique, tous les secteurs d’activité doivent aujourd’hui intégrer la digitalisation. C’est dans cette optique que plusieurs administrations sectorielles camerounaises se sont réunies afin d’harmoniser leurs approches. L’objectif est clair, révolutionner la stratégie de l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle (ETFP) au Cameroun.
Parmi les acteurs mobilisés figuraient le MINEFOP, le MINJEC, le MINPOSTEL, la CAMTEL, l’École Supérieure des Postes, des Télécoms et des TIC, les responsables d’Instituts Privés d’Enseignement Supérieur, les organisations de la société civile.
Ensemble, ils ont partagé leurs expertises pour concevoir un plan d’action spécifique au secteur.
En ouvrant les travaux, la Secrétaire Générale du MINEFOP a rappelé l’importance cruciale de cette validation. Ce cadre stratégique permettra aux diplômés des instituts de formation d’être plus compétitifs face aux standards internationaux. Le Cameroun refuse de rester à la traîne pendant que le monde évolue à pas de géant.
« La rencontre de ce jour avait pour objectif d’adopter la stratégie de digitalisation de l’enseignement technique et de la formation professionnelle au Cameroun. Le pays dispose déjà d’une Stratégie nationale de développement des compétences techniques et professionnelles. Mais il manquait un élément fondamental : la digitalisation. À l’ère du numérique, il fallait une feuille de route spécifique », a précisé Sophie Mbenoun, Coordonnatrice du programme C2D Formation Professionnelle au MINEFOP.
La validation a suscité de riches débats. Les participants ont émis des réserves et formulé des propositions constructives pour garantir une intégration harmonieuse du texte dans la stratégie nationale globale.
Les 4 grands piliers de la transformation
La nouvelle stratégie de digitalisation de l’ETFP s’articule autour de quatre axes majeurs : améliorer la qualité de l’existant et créer de nouveaux espaces connectés (internet haut débit, électricité stable, parcs informatiques modernes), utiliser le numérique pour rendre les enseignements plus qualitatifs, augmentant ainsi l’employabilité et l’efficacité des apprenants sur le marché du travail, collecter et exploiter des données fiables pour guider les prises de décisions politiques et pédagogiques, structurer une organisation claire pour piloter efficacement la transition technologique du secteur.
L’expert international en transformation numérique, Harold Kpodar, a d’ailleurs insisté sur cette synergie globale : « Sans données fiables, on ne peut pas piloter un secteur aussi vaste. De plus, la digitalisation ne se limite pas à acheter des ordinateurs. Il faut agir simultanément sur ces quatre leviers : infrastructures, formation, données et gouvernance. Sinon, cela ne marchera pas. »
Ce projet ambitieux bénéficie d’un appui de taille. Par la voix de son attaché de programme basé à Dakar, la Secrétaire Générale de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), Louise Mushikiwabo, a tenu à féliciter les experts ayant rédigé le document.
« Le texte validé résonne parfaitement avec les besoins de la jeunesse camerounaise et le mandat de l’Oif, qui est d’accompagner les jeunes de l’espace francophone. L’IFEF et l’OIF s’engagent résolument à poursuivre leur accompagnement dans la mise en œuvre de cette stratégie », a conclu le représentant de l’Institut de la Francophonie pour l’Éducation et la Formation (IFEF).
Grâce à cette alliance renforcée entre l’État, les ministères sectoriels, le secteur privé et les partenaires internationaux, le Cameroun s’arme des outils nécessaires pour moderniser durablement ses compétences professionnelles.
Ernesthine BIKOLA




