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Cameroun : de nouveaux poteaux en béton pour lutter contre les coupures d’électricité

C’est à Nkometou, dans le département de la Lékié, à quelques kilomètres de Yaoundé, qu’une transformation industrielle discrète mais décisive se joue depuis huit ans. Le 15 mai 2026, le ministre de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba, s’est rendu sur le site de la Cameroon Infrastructures Company pour voir de ses propres yeux ce que fait une entreprise qui fabrique des poteaux en béton armé et qui ambitionne de changer les bases du réseau électrique d’un pays dont 40 % des deux millions de supports en bois sont aujourd’hui hors d’usage.
Le tableau dressé par le membre du gouvernement à l’issue de sa tournée dans les ateliers est sans détour. Le réseau de distribution national repose encore massivement sur une ossature vétuste et fragile, héritée de décennies de sous-investissement. Les coupures d’électricité à répétition qu’endurent des millions de Camerounais ont, pour une bonne part, cette explication concrète : des supports bois pourris qui cèdent, entraînant avec eux les câbles et l’alimentation de quartiers entiers.
Gaston Eloundou Essomba Ministre de l’Eau et de l’Énergie
« Le réseau de distribution compte près de deux millions de poteaux en bois et au moins 40 % sont défectueux. La chute de ces poteaux provoque des interruptions répétées dans la fourniture de l’énergie électrique. Cameroon Infrastructures Company vient impulser une dynamique nouvelle dans ce secteur stratégique. Au terme de cette visite, je suis très satisfait de ce que nous avons vu. »

Face à cette réalité, la société fondée sous l’impulsion de l’honorable Albert Kouinche, président du conseil d’administration, s’est construite autour d’une conviction : le Cameroun doit produire lui-même les outils de sa propre modernisation énergétique. En huit ans d’existence, avec un capital de deux milliards de FCFA mobilisé par trente actionnaires, l’entreprise a déjà livré plus de cent mille poteaux en béton sur le territoire national, s’imposant comme l’un des fournisseurs de référence du secteur aussi bien en Afrique centrale.
Albert Kouinche ,Président du Conseil d’Administration
« Nous avons compris très tôt que le Cameroun devait se tourner vers des infrastructures modernes et durables. Notre entreprise est née de cette conviction. Aujourd’hui, nous sommes heureux de contribuer concrètement à la transformation du réseau énergétique national».

La visite ministérielle a permis de dérouler concrètement la chaîne de fabrication. Deux grandes familles de produits sortent des lignes de production : les poteaux prismatiques, destinés aux réseaux moyenne et basse tension, et les poteaux circulaires, une innovation particulièrement adaptée aux zones septentrionales du pays où les vents violents représentent une contrainte permanente. Ces derniers intègrent des fers de précontrainte qui leur confèrent à la fois une résistance mécanique élevée et une certaine souplesse face aux intempéries, réduisant ainsi les risques de rupture de lignes.
Joël Taboue , Directeur Général
« Nous fabriquons des poteaux en béton armé intégrant des fers de précontrainte. Cette technologie apporte une résistance exceptionnelle et leur permet de conserver une certaine élasticité un avantage majeur dans les zones exposées à de fortes contraintes climatiques>>.

Sur le plan technique, le procédé de fabrication des poteaux circulaires repose sur une étape clé : la centrifugation, qui densifie le béton et renforce la cohésion de la structure avant un passage en chaudière pour le traitement final. Le technicien Thomas Mbon, qui a guidé le ministre à travers les ateliers, a détaillé les opérations en amont : découpe et assemblage des armatures métalliques, moulage, coulage et vibration du béton pour éliminer les poches d’air susceptibles de fragiliser l’ouvrage.
Ces procédés de pointe mobilisent un personnel pluridisciplinaire ingénieurs en génie civil, électriciens, techniciens industriels, ouvriers qualifiés qui participent également à l’autre ambition portée par la société : la valorisation des compétences locales et la création d’emplois stables dans une région qui en a besoin.
Avec une cadence journalière de 350 poteaux, portée à 500 à pleine capacité, et deux usines opérationnelles à Yaoundé auxquelles s’ajoutent des sites à Garoua, dans l’Ouest-Nord-Ouest et dans le Littoral, la société a déjà atteint une envergure nationale. Elle prépare par ailleurs l’ouverture, dès 2027, d’un nouveau complexe ultramoderne à Garoua destiné à rapprocher la production des zones de forte demande dans le Grand Nord.
La visite du 15 mai marque davantage qu’une simple inspection. Elle traduit la reconnaissance par les pouvoirs publics d’un modèle industriel camerounais qui fonctionne : local dans ses capitaux, exigeant dans ses standards techniques, ancré dans les besoins réels du pays. À Nkometou, la Cameroon Infrastructures Company ne se contente pas de fabriquer des poteaux. Elle pose, mètre par mètre, les fondations d’un réseau électrique enfin à la hauteur d’un Cameroun qui veut avancer.
Victoire Nkana

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