Input your search keywords and press Enter.

Cacao : Djõp entre dans une nouvelle ère avec l’ouverture de son Centre d’excellence


Le village de Djõp, situé dans l’arrondissement d’Ebolowa IIᵉ, dans la région du Sud, vient de franchir une étape décisive dans la modernisation de la filière cacao au Cameroun. Le Centre d’excellence de traitement post-récolte du cacao y a été officiellement inauguré ce 18 mai 2026, marquant l’aboutissement d’un ambitieux projet né de la coopération entre le Cameroun et le Japon.


La cérémonie inaugurale a réuni plusieurs personnalités parmi lesquelles l’Ambassadeur du Japon au Cameroun, S.E. Minami Kentaro, le maire d’Ebolowa IIᵉ André Thomas Bengon, des représentants du ministère du Commerce, de l’ONUDI ainsi que de nombreux producteurs de cacao venus découvrir cette infrastructure présentée comme une véritable révolution pour la filière.


Dans cette localité du groupement Bulu Sud, la culture du cacao représente depuis plusieurs décennies la principale source de revenus des populations. Malgré l’importance économique de cette spéculation, les producteurs faisaient face à d’importantes difficultés liées notamment au mauvais conditionnement post-récolte, au manque d’équipements modernes et à la fluctuation des prix sur le marché local.
C’est à la suite d’un voyage effectué au Japon en 2023 par le maire André Thomas Bengon que l’idée de créer cette unité moderne a pris forme. Au cours de cette mission, l’édile avait exposé aux partenaires japonais les réalités vécues par les planteurs locaux et la nécessité d’améliorer la qualité du cacao produit à Djõp. Trois ans plus tard, cette coopération débouche sur un centre ultramoderne destiné à transformer durablement la chaîne de production.
Le Centre d’excellence de Djõp devient ainsi la deuxième infrastructure de ce type au Cameroun après celle de Monatélé dans la Lékié. Déjà doté de quatre bâtiments fonctionnels, il ambitionne de produire un cacao premium répondant aux standards internationaux les plus exigeants.
Ici, le processus de production est entièrement maîtrisé. De la sélection des semences jusqu’au séchage final, toutes les étapes obéissent à des normes rigoureuses. Le cacao n’est plus séché sur le bitume ni exposé aux odeurs d’hydrocarbures comme cela se pratique encore dans certaines zones rurales. La fermentation, étape essentielle pour développer les arômes, se fait dans des unités spécialisées pendant plusieurs jours avant un séchage naturel au soleil.
Pour Jacques Pierre Seh, expert reconnu des bonnes pratiques de conditionnement du cacao, cette méthode permettra d’obtenir une fève de très haute qualité :
« La méthode employée ici permet justement de faire ressortir les meilleurs arômes du cacao grâce à un taux d’humidité avoisinant les 8 %, afin d’obtenir les prix les plus élevés sur le marché. »
Grâce à cette amélioration qualitative, le cacao de Djõp pourrait rapidement séduire davantage d’acheteurs internationaux, notamment japonais et indonésiens, particulièrement intéressés par les fèves premium.


Le coordonnateur du projet, Thomas Abate Ndoum, a quant à lui insisté sur les retombées économiques attendues pour les producteurs locaux :
« Une fois sorti de ce centre de traitement, la valeur du kilogramme de cacao peut être multipliée par quatre, voire par cinq. »
Prenant la parole au cours de la cérémonie, l’Ambassadeur du Japon, S.E. Minami Kentaro, a salué la qualité des installations tout en rappelant l’importance du respect durable des bonnes pratiques agricoles et techniques.
« Un bâtiment achevé ne suffit pas ; c’est son utilisation appropriée qui garantit la qualité du cacao », a-t-il déclaré.
Représentant le ministre du Commerce Luc Magloire Mbarga Atangana, l’Inspecteur général du Mincommerce, le Pr Magelan Omballa, a pour sa part souligné que cette infrastructure contribuera à renforcer la compétitivité du cacao camerounais sur les marchés internationaux et à améliorer la confiance des acheteurs étrangers.
Au-delà de son impact économique, le Centre d’excellence de Djõp apparaît désormais comme un symbole de modernisation agricole et de coopération internationale réussie. Pour les producteurs du Sud Cameroun, cette infrastructure ouvre surtout la voie à une meilleure valorisation de leur travail et à l’espoir d’un avenir plus prospère grâce à un cacao de qualité supérieure.

Ernesthine BIKOLA

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *