À travers la transformation des bouteilles plastiques en bijoux et objets décoratifs, la promotrice Nina Messop conjugue économie circulaire, protection de l’environnement et savoir-faire traditionnel.
Donner une seconde vie aux déchets plastiques tout en créant de la valeur. C’est l’approche défendue par Bantu Wumann, une initiative portée par Nina Messop et présentée au public lors de la foire-exposition-vente organisée à Yaoundé par CFAO Consumer, dans le cadre du lancement de la 9e édition du World Cleanup Day 2026.
Sur le site de l’exposition, les visiteurs ont pu découvrir différentes créations réalisées à partir de déchets plastiques recyclés. Bijoux, accessoires de mode et objets décoratifs témoignent du potentiel de transformation d’une matière souvent considérée comme un simple déchet.
Après des études en marketing et en attaché de direction, Nina Messop a choisi de donner une nouvelle orientation à son parcours professionnel. Passionnée d’art et soucieuse de la protection de l’environnement, elle crée Bantu Wumann, qui signifie « mère protectrice ». À travers ce concept, elle associe traditions et modernité en utilisant notamment des bouteilles plastiques comme matière première pour confectionner ses créations.

Nina Messop / Promotrice
« Nous fabriquons des accessoires de mode en général, des bijoux, des objets de décoration. Nous faisons aussi dans l’éducation environnementale », explique la promotrice. Elle annonce également la mise en place prochaine de GIC destinés aux femmes dans le domaine de l’économie circulaire.
L’initiative s’étend progressivement au milieu scolaire. Une convention a notamment été signée avec la mairie de Bangou pour mener des activités d’éducation environnementale dans 23 établissements scolaires, avec environ 750 élèves concernés au cours de l’année scolaire.
Des déchets collectés dans la communauté
Pour s’approvisionner en matière première, Nina Messop mise sur la collecte locale. Les bouteilles plastiques sont récupérées dans les poubelles, mais aussi directement auprès des habitants de Bandenkop, où elle est basée.
« Tous les résidents savent que les bouteilles en plastique ne doivent plus traîner. Lorsqu’elles traînent, ils les collectent pour moi. Même les élèves participent, parce que j’ai eu à les former et ils savent désormais que les bouteilles sont une matière première pour moi », témoigne-t-elle.
Cette sensibilisation permet ainsi de transformer progressivement les habitudes de la communauté, tout en alimentant une activité génératrice de revenus. Pour la promotrice, cette initiative représente également une opportunité d’autonomisation, notamment pour les femmes.
Sensibiliser davantage les familles
Malgré ces avancées, Bantu Wumann fait face à plusieurs difficultés. La principale concerne encore la perception de ce métier par certains parents. Selon Nina Messop, des enfants intéressés par l’apprentissage de cette activité sont parfois découragés par leurs parents, qui n’en perçoivent pas toujours l’intérêt économique.
À cela s’ajoute le manque de moyens nécessaires pour assurer le déploiement de l’initiative à plus grande échelle. La promotrice entend donc poursuivre la sensibilisation, en impliquant à la fois les enfants, les parents et les communautés.
À travers Bantu Wumann, les déchets plastiques deviennent ainsi une matière première porteuse d’opportunités, au croisement de la créativité, de la protection de l’environnement et de l’économie circulaire.
Propos recueillis par Hubert Tchatchoua



