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14e édition du café littéraire : la CNPS Cameroun déroule le tapis rouge à un critique de la toile

Eugène Demaison Betteng a présenté « La génération buzz ou l’ivresse du divertissement, l’urgence d’estomper » au public, le 10 septembre 2026 à la salle de conférences de l’immeuble CNPS, Avenue des Banques, Yaoundé.
Un grand rendez-vous pour un moment de partage, de découverte et d’échanges autour du livre et de la culture; un rendez-vous pour lire, échanger, apprendre… et partager le plaisir des mots, dans une ambiance de sécurité sociale.

« Nous nous réveillons désormais chaque matin avec un nouveau buzz, un nouveau fait divers, un fake ou un sextape qui enflamme la toile.

Les téléphones crépitent, les directs se succèdent, les coachs et influenceurs mettent en branle leurs communautés de followers, communiquent leurs positions officielles, lancent des cagnottes, un branle-bas général qui dure un, deux ou trois jours jusqu’à ce qu’un nouveau buzz vienne déplacer le curseur.

Les camps de forment, la cohésion sociale s’effrite, les cœurs battent la chamade, les commentaires et likes explosent les compteurs. A Yaoundé, Dakar et Abidjan, le chômage continue d’enrôler, Samsung, Iphone, chargeurs, box wifi, power banks deviennent obsolètes ou prennent de la valeur.

Pendant ce temps, l’Afrique marque le pas sur place, crie au complot, prie, jeûne, fait des neuvaines et invoque la providence alors qu’à Shanghai, Dubaï, Taiwan et Istanbul, l’on se frotte sereinement les mains.
Ailleurs, les écoles d’ingénieurs se multiplient et se perfectionnent. Chez nous, la déperdition scolaire bat son plein; les écoles de pasteur déversent sur le marché des milliers de prophètes; les mémoires gagnent en volatilité… »

Tel est le tableau sombre que peint Eugène Demaison Betteng dans son livre intitulé : « La génération buzz ou l’ivresse du divertissement, l’urgence d’estomper ».
Selon ce professeur hors échelle, passionné de sciences, de technologie, de pédagogie et de culture, il est temps de limiter les dégâts.

« J’ai écrit ce livre, pour sensibiliser les jeunes sur les risques des réseaux sociaux et la prolifération des buzz, tout en montrant que de l’autre côté, il y a aussi des jeunes qui font de bonnes choses à travers des outils qu’offre le numérique, les réseaux sociaux, l’intelligence artificielle…

Il est question de montrer que, si on s’amuse, on va franchir la côte d’alerte ; si on ne se ressaisit pas vite, on peut arriver à la catastrophe.

Et, si très vite, on passe à l’action, si on active les bons leviers, entre autres, mettre en place des lois qui peuvent aider à canaliser certaines choses, limiter le niveau de dépendance des jeunes aux réseaux sociaux, bien utiliser les réseaux sociaux, ce serait une très bonne chose.

Il faut des lois pour encadrer, parce qu’en France, Australie, c’est encadré, c’est pas aussi libre que cela, les jeunes ne font pas n’importe quoi sur les réseaux sociaux ; il y a un certain âge, il y a la majorité numérique sur les réseaux sociaux, on doit être sûr qu’on jouit de la majorité, l’âge qui nous permet d’être là librement. Sinon, on doit être là à travers ses parents. Il y a des choses à faire », dénonce l’auteur.

Il faut rappeler que Eugène Demaison Betteng est depuis 2025, Président de l’Organisation Scientifique œuvrant pour la Promotion de l’Intelligence Artificielle et de l’Innovation au Cameroun (ACIAI).

Après des études en Physique à l’Université de Yaoundé l, il entre à l’Ecole Normale Supérieure de Yaoundé, d’où il sort en 2001 major de la 40e promotion.

Personnage assez respecté du paysage socio-éducatif camerounais comme figure emblématique de l’excellence scolaire, il continue de servir son pays avec dévouement.

Bertrand TJANI

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