
L’assainissement bat son plein dans le secteur aurifère au Cameroun. Depuis quelques semaines, le gouvernement de la république, à travers son bras séculier, le Ministre des Mines, de l’Industrie et du Développement Technologique, FUH CALISTUS GENTRY, est passé à la vitesse supérieure en procédant au retrait d’une trentaine de permis de recherche de l’or non conformes aux dispositions du Code minier national.

Selon le département ministériel, le permis de recherche n’autorise que les travaux d’exploration et d’évaluation d’un gisement. Le droit camerounais ne confère en aucun cas l’exploitation commerciale des ressources minières. Activité nécessitant l’obtention préalable d’un permis d’exploitation délivré selon une procédure distincte.


Or, depuis plusieurs années, le secteur est régulièrement secoué par des accusations selon lesquelles certains détenteurs de permis de recherche mèneraient, directement ou par l’intermédiaire de sous-traitants, des activités d’exploitation avant même l’obtention des autorisations requises.

Plusieurs observateurs dénoncent également le recours à des opérateurs étrangers, notamment chinois, dans des conditions qui soulèvent des interrogations sur le respect des dispositions du Code minier.

Le Minmidt : un homme de terrain
Ces pratiques sont souvent citées parmi les facteurs favorisant la contrebande de l’or, la faiblesse des recettes fiscales et les difficultés rencontrées par l’État, pour assurer la traçabilité de la production nationale. Malgré un potentiel aurifère important, une part significative de l’or extrait au Cameroun échapperait encore aux circuits officiels.


Le retrait de ces permis apparaît donc comme un nouveau signal fort envoyé par les autorités dans leur volonté affichée de reprendre le contrôle d’un secteur longtemps marqué par des soupçons d’exploitation illégale, de fraude et d’exportations insuffisamment contrôlées.
Bertrand TJANI



