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Réforme sanitaire mondiale : le Cameroun s’impose comme voix de l’Afrique à Genève

Le ministre camerounais de la Santé publique, Dr Manaouda Malachie, a participé ce dimanche 17 mai 2026, dès son arrivée à Genève, aux travaux du Comité ministériel africain de haut niveau sur la réforme de l’architecture sanitaire mondiale, organisé en marge de la 79e Assemblée mondiale de la Santé. Une réunion stratégique portée par Africa CDC, où le Cameroun a défendu une vision africaine souveraine de la gouvernance sanitaire mondiale.

La 79e Assemblée mondiale de la Santé, qui s’ouvre à Genève le 19 mai 2026, réunit les délégations de 194 États membres de l’OMS dans un contexte particulièrement tendu. Les séquelles de la pandémie de Covid-19, la recrudescence des épidémies en Afrique subsaharienne dont l’Ebola en République Démocratique du Congo et la remise en question des mécanismes internationaux de solidarité sanitaire pèsent lourd dans les débats. C’est dans ce contexte qu’Africa CDC a convoqué, la veille de l’ouverture officielle, la réunion de l’AHLMC à l’Hôtel Crowne Plaza de Genève. Autour de la table : des ministres africains de la Santé, des responsables de l’Union africaine, des représentants de l’OMS et des partenaires techniques et financiers. L’ambition commune est claire faire basculer l’Afrique du statut de bénéficiaire à celui de co-architecte des politiques sanitaires mondiales, selon le principe directeur d’Africa CDC : « les pays dirigent, les régions coordonnent et le niveau mondial soutient ».
Les échanges ont porté sur six piliers stratégiques au cœur de cette réforme : la gouvernance et la souveraineté décisionnelle du continent dans les instances mondiales, le financement durable des systèmes de santé, la production locale de vaccins et de médicaments, le renforcement des mécanismes de prévention et de réponse aux épidémies, l’équité dans l’accès aux produits médicaux, et la souveraineté des données sanitaires. Ces priorités ne sont pas nouvelles, mais elles revêtent une urgence renouvelée. La pandémie de Covid-19 a mis à nu la dépendance structurelle de l’Afrique vis-à-vis des importations médicales. Moins de 1 % des doses de vaccins utilisées sur le continent avant 2021 y étaient produites localement un déséquilibre que les pays africains entendent corriger, dans un contexte où l’OMS elle-même traverse une crise de gouvernance et de financement.


Dès sa prise de parole lors de la table ronde sur le financement de la santé, le Dr Manaouda Malachie a livré un plaidoyer qui a retenu l’attention de ses homologues. Partant d’un constat partagé « aucun système de santé au monde ne peut véritablement se suffire à lui-même ». Le ministre a décliné l’expérience camerounaise en trois axes concrets. D’abord, la solidarité régionale : le Cameroun a affiché son soutien actif à la RDC face à l’épidémie d’Ebola, illustrant en actes le principe de coopération africaine que l’AHLMC cherche à institutionnaliser. Ensuite, la mobilisation des ressources domestiques, avec des mécanismes de financement intérieur qui réduisent progressivement la dépendance aux bailleurs extérieurs. Enfin, face au retrait de certains partenaires financiers internationaux, le gouvernement camerounais a déployé un plan de mitigation dont les contours ont suscité l’intérêt et les félicitations de plusieurs délégations présentes.
Au-delà des discours, l’enjeu de cette 79e Assemblée est structurel. L’OMS doit trancher sur l’adoption du « Traité Pandémie », un accord international sur la prévention des pandémies négocié depuis trois ans. L’Afrique exige que ce texte intègre des mécanismes contraignants de transfert de technologie et de production locale pour ne pas reproduire les inégalités criantes de l’ère Covid. La question du financement de l’OMS est également sur la table, Africa CDC plaidant pour une augmentation des contributions obligatoires des États membres afin de réduire l’influence des donateurs privés sur les priorités sanitaires mondiales.

Les conclusions de l’AHLMC du 17 mai seront portées comme position africaine commune dans les travaux officiels qui s’ouvrent le 19 mai. Pour le Cameroun, cette séquence genevoise traduit une posture nouvelle celle d’un pays qui ne vient plus à Genève tendre la main, mais apporter ses expériences et peser dans les décisions.
Source : CELCOM MINSANTE

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