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Projet Sic-Pizzarotti : comprendre le projet de construction de 10.000 logements sociaux au Cameroun

Le 1er mars 2017, au lendemain de la visite en Italie, du Président de la République, Chef de l’Etat, Paul Biya, il a été signé une convention de financement visant à résoudre le problème du déficit des logements sociaux au Cameroun, qualifié « d’un problème lancinant » lors de son discours à la nation, le 31 décembre 2018.

Il a été convenu de mettre en œuvre un Programme de construction qui s’appuie sur l’implantation d’un complexe industriel moderne au Cameroun permettant de produire, à un rythme soutenu, 10.000 logements et 61 équipements socioculturels associés en un laps de temps, répondant à des critères de rapidité, de qualité, d’économie dans les coûts de production et surtout de développement industriel des Pme-Petites et moyennes entreprises et Pmi-Petites et moyennes industries camerounaises œuvrant dans la chaîne de production des matériaux de construction au Cameroun. Il a été envisagé qu’après la mise en fonctionnement optimal de ce complexe, le gouvernement pourra produire 1.000 à 1.500 logements chaque année.

Cette approche a été instruite par le gouvernement de la république, face à la croissance du déficit en logements au Cameroun, estimé à plus de 2.500.000 unités, et surtout à la difficulté à réaliser et à financer, par le biais des marchés publics, la réalisation desdits logements, dont l’achèvement du programme de construction des 10.000 logements sociaux reste attendu depuis 2009. C’est une démarche qui s’inscrit également dans le nouveau cadre de la Stratégie nationale de Développement à l’horizon 2030 (Snd-30), mis en œuvre à travers le « Programme Gouvernemental de Construction des Logements Sociaux » (Pgcls) dans le secteur du développement de l’habitat social. Ce projet est reconnu comme l’un des instruments privilégiés de relance économique au Cameroun.

Pour mettre en application la convention de financement et le contrat commercial, un marché de travaux de conception et réalisation a été signé entre l’entreprise italienne Impresa Pizzarotti & C.Spa et l’Etat du Cameroun, représenté par Ministère de l’Habitat et du Développement urbain (Minhdu), le 22 mars 2017. L’exécution du projet a connu des difficultés institutionnelles entre janvier 2019 et avril 2021.

En effet, faisant suite à la correspondance n°B1234/Sg/Pr du 07 avril 2021 du Ministre d’Etat, Secrétaire général de la Présidence, le Secrétaire général des Services du Premier Ministre a notifié au Directeur général de la Société Immobilière du Cameroun, par correspondance n°B70/d-30/Sg/Pm du 15 avril 2021, les très hautes directives du Président de la République, le désignant désormais comme maître d’ouvrage délégué du projet de conception/réalisation par l’entreprise Impressa Pizzarotti & C.Spa de 10.000 logements et leurs équipements socio-culturels à Yaoundé et ses environs, phase I.

Depuis cette notification, le nouveau représentant de l’Etat du Cameroun, la Sic, a entrepris plusieurs démarches pour permettre le démarrage effectif des travaux sur les sites retenus du projet. La construction des logements sociaux au Cameroun est opérationnelle. Avec méthode, ardeur et abnégation, le Directeur général de la Sic est en train de réaliser ce que beaucoup disaient impossible, avec des résultats en prime. La production massive en cours des logements, afin que le vœu du chef de l’Etat de loger tous les Camerounais, devienne une réalité. Il convient de préciser qu’au 31 juillet 2022, le site d’Ekoko 2 a accueilli trois vagues de matériels.

Articulations du projet

Phase 1 : l’aménagement immédiat d’un cadre de vie sur un site de 16 ha ; la mobilisation, à un taux concessionnel, d’importantes ressources financières permettant la mise en place, en phase 1, de la base industrielle ; l’acquisition d’un stock important de matériels, machines et équipements dédiés à la mise en place et au fonctionnement de la base industrielle pour la production des logements ; la conception et la création d’un pôle industriel à proximité de Yaoundé (sur l’axe lourd Yaoundé-Mfou permettant de booster l’activité socioéconomique et industrielle par la création d’une chaine de valeur impulsée par l’installation de Pme et Pmi autour de la base industrielle ; la capacité de production de la base industrielle, dont l’exploitation est estimée sur une période de 40-50 ans avec une production annuelle d’au moins 1000 logements ; la base industrielle est conçue et sera construite comme le moteur d’un tissu industriel aussi bien dans son fonctionnement que dans les produits qui en sortiront. Elle permettra l’identification et le fonctionnement des Pme et Pmi pour la pérennisation de sa chaine de production ; la mise en place d’un manuel de procédure découlant du transfert de technologie et permettant la maitrise des nouvelles technologies « industrielles acquises » par une grande partie du secteur du Btp au Cameroun ; la création de 50.000 emplois directs et indirects.

Phase 2 : la disponibilité des études d’exécution pour la réalisation d’une nouvelle ville à Mbankomo ; la création d’une ville nouvelle, 9000 logements, à proximité de la Rn3 permettant de décongestionner Yaoundé, tout en respectant les exigences environnementales, de proximité des infrastructures sociales, la mise en valeur de la qualité architecturale de l’agglomération et la fluidité de la mobilité urbaine. Il ne s’agit pas de la création d’une ville dortoir de près de 50.000 habitants mais, au contraire d’une ville qui offrira un cadre de vie agréable et moderne dotée d’écoles, de centres de santé, commerces, bâtiments administratifs, lieux de cultes, centres culturels et enceintes sportives pour les résidents et les populations riveraines ; la création de 350.000 emplois directs et indirects ; l’opportunité d’amélioration des conditions de vie, car les populations voient en ce Projet une possibilité d’extension et d’amélioration du réseau électrique, hydraulique et de télécommunication urbaine ainsi que les réalisations de nouvelles infrastructures et de connections de celles existantes. L’amélioration de l’occupation de sol dans l’une des villes satellites et d’extension de la ville de Yaoundé n’est pas en reste. Les ingénieurs voiries et les urbanistes trouveront ainsi des matériaux prêts à l’emploi de natures diverses (bitumes, ouvrage d’art, voies de franchissement) issus de la base industrielle, lesquels seront compatibles à leur besoins multiformes.

Phases du projet proprement dit

Phase 1 : construction d’une base industrielle sur un site de 20 ha à aménager à Nkolmeyos ; réalisation de 224 logements sociaux à Ekoko 2 ; construction de 01 équipement social culturel ; réalisation de la voie d’accès au site d’Ekoko 2 ; réalisation de la voie d’accès au site de Nkolmeyos ; réalisation des réseaux d’alimentation en eau, électricité et télécommunication pour alimentation des logements et la base industrielle depuis le réseau existant ; mise en place des bases pour le transfert de technologies.

Phase 2A : mise en exploitation de la base industrielle construite en phase 1 ; construction de 776 logements sociaux comme test pour la vérification du fonctionnement de la base industrielle.

Phase 2B : travaux d’aménagement des sites de Zouatoupsi et Nkolntsam (déboisement, terrassement, réalisation des voies d’accès aux sites, alimentation en eau, électricité et télécommunications des sites ; construction de 7000 logements sociaux sur les sites de Zouatoupsi et Nkolntsam à Mbankomo; construction de 1500 logements de haut standing sur les sites de Zouatoupsi et Nkolntsam à Mbankomo; construction de 500 logements de très haut standing sur les sites de Zouatoupsi et Nkolntsam à Mbankomo; construction de 60 équipements socio culturels (écoles primaires et maternelles, centre de santé, centre commercial, complexe sportif, complexe administratifs, centre culturel, lieux de cultes et cultuels) sur les sites de Zouatoupsi et Nkolntsam à Mbankomo; construction de Vrd et Aménagements de voies pour circulation piétons et routières sur les sites de Zouatoupsi et Nkolntsam à Mbankomo; mission d’assistance technique et accompagnement stratégique pour le transfert de technologie et l’obtention de retombées sociales, économiques et industrielles tout au long du projet. Montant global prévisionnel du projet (Phase 1). Durée du marché, 48 mois, ponctuée par diverses étapes.

Source : « Sans Détour »

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