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Projet Diasdev : la Cdec ficelle la mobilisation de l’épargne de la diaspora

Transformer l’épargne des camerounais de l’extérieur en moteur de croissance. Telle est l’ambition affichée par le projet Diasdev qui a fait l’objet d’une concertation entre plusieurs parties prenantes de la mise en œuvre, en date du 07 juillet 2026, sous la présidence du ministre des finances, Louis Paul Motaze.

Placée sous le thème « L’épargne nationale au service du financement de l’économie : rôle de la Caisse des dépôts et consignations », la conférence a réuni le ministre des finances, les partenaires de l’Afd et d’Expertise France, ainsi que les représentants des Caisses des dépôts d’Afrique et d’Europe. En ouvrant ses propos, le DG de la Cdec, Richard Evina Obam, a tenu à situer la généalogie du projet. Il a embrayé par la présentation du projet Diasdev qui est une initiative du forum des Caisses des dépôts et Consignations. Il est financé par l’Agence Française de Développement ( Afd) et mis en œuvre par Expertise France.
A l’invitation du gouvernement camerounais, le Forum des Caisses de dépôts effectuait une mission de haut niveau à Yaoundé. L’objectif : partager les expériences, les modes de gouvernance et démontrer la contribution des Cdec au développement. Moins de trois mois plus tard, le 20 janvier 2023, la Cdec entrait en activité. Depuis lors, « L’institution travaille avec méthode et détermination à la mise en place progressive des fondements d’une institution moderne, crédible et performante », a signifié Evina Obam. Le projet Diasdev est donc l’aboutissement logique de cette trajectoire qui est de doter le Cameroun d’un outil souverain, pour capter et transformer l’épargne en investissement productif. « Vous savez, l’une des faiblesses de nos économies aujourd’hui, c’est l’insuffisance d’épargne et l’insuffisance des mécanismes pour répondre aux besoins de financements d’un certain nombre de priorités nationales », a révélé le DG de la Cdec. Face à ce constat, la solution passe par la mobilisation de toutes les ressources. Et la première d’entre elles, est l’épargne de la diaspora camerounaise, estimée à plusieurs milliards de FCFA chaque année.
Le message envoyé à la diaspora est un message clair : c’est le retour au pays par un dispositif sécurisé, inspirant confiance, et qui peut lui permettre d’épargner. Mais surtout de contribuer au développement du pays à travers cette épargne. Pour ce faire, des mesures ont été prises pour garantir l’encadrement de cette opération. La première énoncée porte sur la sécurité, qui est cette confiance qu’il faut avoir en l’Etat, en les institutions, mais aussi en les règles qui seront établies. La seconde est le cadre juridique. La réflexion à ce niveau, a porté sur la mise en place d’un dispositif juridique permettant d’encadrer les mécanismes qui seront mis en place. Il s’agit de garantir la protection des déposants, la traçabilité des fonds et la transparence totale. Par la suite, la réflexion était focalisée sur l’analyse de l’opérationnalité de ce mécanisme. C’est-à-dire, concevoir un produit d’épargne réglementé, accessible depuis l’étranger, simple et performant. Le dispositif mis en place est un dispositif sécurisé. Il interpelle un certain nombre d’acteurs crédibles et il dispose de mécanismes de gouvernance qui ne peuvent qu’inspirer confiance. Selon le DG Richard Evina Obam, les Caisses de dépôts et de consignations constituent les moteurs de financement du développement. Il a salué l’appui d’Expertise France et de l’Afd,) dans « La montée en puissance de la Cdec bâtie sur l’exigence permanente de sécurité des fonds confiés, de rigueur dans la gestion, de transparence et de gouvernance et l’ouverture aux meilleures pratiques internationales ».
Partenaire stratégique du projet, l’Afd Cameroun était bien représentée par sa directrice, Virginie Dago. En réagissant face à presse, elle a rappelé que le projet Diasdev part de la conviction que la diaspora a un rôle à jouer au Cameroun. Financé à hauteur de 5 millions d’euros de subvention, le programme concerne 6 pays qui travaillent de concert via leurs Caisses des dépôts. « L’objectif c’est d’avoir une bonne gouvernance, un cadre solide qui fasse que la diaspora soit incitée du fait que son argent sera bien placé, bien investi, bien géré pour le développement du Cameroun », a lancé la Directice de l’Afd.
Présidant la cérémonie, le Ministre des Finances a salué la mise en œuvre du projet. Il a souligné qu’à l’heure où les financements extérieurs se raréfient, la mobilisation de l’épargne intérieure et de la diaspora devient une priorité nationale. Il a rappelé que la Cdec par son mandat et son statut d’investisseur de long terme, est l’institution toute désignée pour porter ce chantier. Le ministre a, en outre invité tous les acteurs à s’approprier le projet pour en faire un succès.
Impact sur l’économie
Sur le plan macroéconomique, il sera question d’augmenter le taux d’épargne nationale et offrir au pays des ressources longues pour financer les infrastructures, le logement et les PME, sans alourdir la dette. Donner à chaque Camerounais de la diaspora un moyen concret, sécurisé et patriotique de participer à la construction de son pays. Consolider la Cdec comme un acteur central et crédible du financement du développement. A la suite de la cérémonie d’ouverture, les travaux se sont poursuivis avec des experts des Caisses des dépôts africaines et européennes. L’objectif étant, de partager les expériences et finaliser les contours techniques du futur produit d’épargne. Avec Diasdev, le Cameroun ouvre une nouvelle page. Celle d’un financement du développement qui mise d’abord sur ses propres fils et filles, où qu’ils se trouvent dans le monde.


Joseph MBA

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