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CAMPHIA 2024-2025 : le Cameroun revoit sa stratégie face aux 501 000 personnes vivant avec le VIH

À la faveur de la publication des résultats de l’enquête Cameroon Population-Based HIV Impact Assessment 2024-2025, les autorités sanitaires disposent désormais d’une photographie actualisée de l’épidémie. Les données présentées à Yaoundé révèlent que 501 000 personnes vivent actuellement avec le VIH dans le pays, tandis que 21 000 nouvelles infections sont enregistrées chaque année chez les adultes. Face à cette réalité, le gouvernement entend renforcer sa stratégie de riposte en mettant l’accent sur le dépistage précoce, la prévention et la mobilisation communautaire.

Réalisée entre septembre 2024 et janvier 2025 auprès d’environ 15 000 ménages répartis sur l’ensemble du territoire national, l’enquête Cameroon Population-Based HIV Impact Assessment (CAMPHIA) a bénéficié de l’appui technique et financier de plusieurs partenaires internationaux, notamment à travers le programme américain PEPFAR. La restitution officielle des résultats s’est déroulée à Yaoundé en présence du ministre de la Santé publique, Dr Manaouda Malachie, ainsi que des partenaires nationaux et internationaux engagés dans la lutte contre le VIH.

Si le Cameroun a enregistré des progrès importants au cours des dernières années en matière d’accès au traitement et de réduction de la mortalité liée au VIH, les nouveaux résultats montrent que la transmission du virus reste active. Les 21 000 nouvelles infections annuelles témoignent de la nécessité de renforcer les actions de prévention, en particulier auprès des populations les plus exposées.

L’enquête met également en évidence des disparités selon les régions et les catégories de population. Grâce à son caractère national, CAMPHIA fournit des données précieuses permettant d’identifier les obstacles au dépistage, les difficultés d’accès aux soins et les groupes nécessitant des interventions spécifiques. Ces informations serviront désormais de base pour adapter les politiques publiques et rendre les programmes de lutte plus efficaces.

Le dépistage, pierre angulaire de la nouvelle stratégie

Pour les autorités sanitaires, la priorité est désormais de faire du dépistage un réflexe pour tous. Le ministre de la Santé publique a insisté sur la nécessité de banaliser la connaissance de son statut sérologique afin de permettre une prise en charge plus rapide des personnes infectées.

Le gouvernement prévoit ainsi de rapprocher davantage les services de dépistage des populations grâce à une décentralisation accrue des offres de tests, notamment dans les zones rurales et les communautés les plus vulnérables. Les campagnes de sensibilisation seront également renforcées afin de lutter contre la peur, le déni et les préjugés qui empêchent encore de nombreuses personnes de se faire dépister.

L’objectif est de détecter les infections plus tôt, d’orienter rapidement les personnes concernées vers les structures de prise en charge et de réduire les nouvelles transmissions.

Les jeunes au cœur des préoccupations

L’un des principaux enseignements de l’enquête CAMPHIA concerne la forte vulnérabilité des jeunes face au VIH. Cette situation soulève des interrogations sur l’efficacité des messages de prévention, l’accès à l’information en matière de santé sexuelle et reproductive, ainsi que l’utilisation des moyens de protection.

Pour inverser cette tendance, les pouvoirs publics souhaitent développer des campagnes de communication mieux adaptées aux réalités des jeunes. Les autorités misent sur une approche plus inclusive, impliquant les établissements scolaires, les associations, les leaders communautaires et les plateformes numériques afin de diffuser des messages accessibles et sans stigmatisation.

Au-delà de l’aspect médical, les résultats de CAMPHIA rappellent que le VIH demeure un enjeu social majeur. La peur du regard des autres continue de freiner le dépistage, l’accès aux soins et parfois même le suivi du traitement.

Le gouvernement entend donc intensifier les actions visant à combattre les discriminations envers les personnes vivant avec le VIH. L’ambition est de créer un environnement où chacun pourra connaître son statut, bénéficier d’un accompagnement médical et vivre sans crainte d’être marginalisé.

Une nouvelle feuille de route pour accélérer la riposte

Pour les autorités sanitaires, la publication de l’enquête CAMPHIA marque moins une finalité qu’un nouveau point de départ. Les données collectées permettront d’orienter les investissements, de cibler les interventions là où les besoins sont les plus importants et d’améliorer l’efficacité des programmes de prévention et de prise en charge.

Avec 501 000 personnes vivant avec le VIH et 21 000 nouvelles infections chaque année chez les adultes, le pays reste confronté à un défi majeur de santé publique. Toutefois, les résultats de CAMPHIA offrent également des outils précieux pour adapter la riposte. En renforçant le dépistage, en intensifiant les actions de prévention auprès des jeunes et en luttant contre la stigmatisation, le pays espère accélérer les progrès vers le contrôle durable de l’épidémie et améliorer la qualité de vie des personnes.

Ernesthine BIKOLA

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