
Par la Rédaction de 237infos.net
Le paysage médiatique camerounais est devenu le théâtre d’un spectacle permanent où les convictions se font et se défont au gré des intérêts du moment. Dernière illustration en date : la sortie fracassante d’Ernest Obama, promoteur de la chaîne de télévision A1, affirmant sur un plateau que « dès que Patrick Mboma a quitté l’équipe du Cameroun, tout s’est arrêté. On n’a plus rien gagné. »
Au-delà de l’hérésie historique — le Cameroun ayant remporté la CAN 2017 bien après le départ de « Magic » Mboma —, cette déclaration souffre d’une amnésie factuelle criarde que les statistiques et la chronologie du football détruisent instantanément.
L’épreuve des faits : Les chiffres et les grands rendez-vous que l’opportunisme tente d’effacer
Pour les analystes sportifs sérieux, la mémoire ne flanche pas. Prétendre que Patrick Mboma était le seul architecte des victoires des années 2000 est une contre-vérité flagrante. Lors de la CAN 2000, on oublie un peu trop vite que Samuel Eto’o Fils (SEF) trônait déjà au sommet du football africain en terminant co-meilleur buteur de la compétition aux côtés de Mboma avec 4 réalisations. Mieux encore, l’histoire retient que c’est le jeune Eto’o qui a porté les Lions Indomptables à bout de bras dans les moments les plus cruciaux de ce tournoi, en marquant consécutivement en quart de finale, en demi-finale, puis en finale.
Plus frappant encore, lors de la mythique épopée de la Coupe des Confédérations en 2003, où le Cameroun a hissé le drapeau national jusqu’en finale mondiale, Patrick Mboma était totalement absent de l’effectif. C’est Samuel Eto’o qui menait seul l’attaque des Lions Indomptables face aux plus grandes nations. Enfin, le mythe de l’invincibilité absolue s’effondre dès la CAN 2004 en Tunisie, où les Lions ont été éliminés prématurément en quarts de finale par le Nigeria, alors même que Patrick Mboma était bel et bien présent sur la pelouse.
Ce procédé, que l’on pourrait qualifier de « syndrome du rétroviseur », consiste à instrumentaliser de manière sélective les gloires du passé pour régler des comptes présents. Pour les observateurs avertis, le timing de cette sortie ne doit rien au hasard. Ancien directeur des médias du groupe d’Amougou Belinga, puis propulsé à la direction de la communication de la FECAFOOT, Ernest Obama a été écarté après avoir échoué à maintenir la confiance de l’instance faîtière du football camerounais. Aujourd’hui privé de fonctions officielles, l’homme de médias semble avoir choisi la stratégie du bruit et du révisionnisme sportif pour exister à nouveau dans l’espace public.
De l’allégeance à la rupture : la trajectoire d’une trahison
Au Cameroun, la mémoire collective n’est pas amnésique. Les citoyens se souviennent des louanges excessives qu’Ernest Obama adressait hier encore à la présidence de la FECAFOOT. Ce revirement spectaculaire pose une question fondamentale sur l’éthique journalistique : peut-on falsifier le bilan de nos légendes du football pour masquer des rancœurs personnelles ?
En tentant de diviser des icônes nationales comme Mboma et Eto’o pour orchestrer un retour sous les projecteurs, le calcul s’avère à courte vue. À l’heure où le football camerounais a besoin d’analyses rigoureuses et de vérité, la rédaction de 237infos.net choisit de s’en tenir aux faits. Les opportunistes s’agitent dans les salons, mais les archives, elles, restent gravées dans l’histoire.



