
La sentence est tombée comme un couperet le 4 septembre 2026. Le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI) a rendu son verdict dans le feuilleton judiciaire qui oppose le groupe italien Gruppo Officine Piccini S.p.A. à la République du Cameroun. Reconnu coupable d’expropriation illégale sur le chantier maudit du complexe sportif d’Olembé, l’État écope d’une ardoise colossale de 81,3 millions d’euros (plus de 53,3 milliards de FCFA), hors intérêts. Une note salée qui interroge à nouveau sur les conséquences directes des décisions ministérielles impulsives sur la poche du contribuable.
Le triomphalisme de façade du Pr. Narcisse Mouelle Kombi : quand la défaite est travestie en exploit
Dans les couloirs du ministère des Sports et de l’Éducation physique, la stratégie de communication frise l’indécence. Le ministre Narcisse Mouelle Kombi et ses équipes affichent un triomphalisme de façade proprement déroutant. Leur argument de défense ? Se réjouir que le Tribunal du CIRDI ait rejeté les demandes de Piccini pour préjudice moral et discrimination, limitant la sentence principale à 51,3 milliards de FCFA au lieu des 250 milliards initialement réclamés par l’entreprise italienne. Présenter une condamnation de plus de 53 milliards de FCFA (frais juridiques inclus) comme une « victoire relative » ou un « exploit de défense » est une insulte à l’intelligence des Camerounais. À quel moment une amende historique infligée à un État souverain pour violation de ses engagements internationaux devient-elle un motif de satisfaction ministérielle ?
Une signature irréfléchie qui mène au chaos financier
Au-delà de cette communication de crise, la réalité des faits accable directement le Pr. Narcisse Mouelle Kombi [2XNUMG]. Sa décision active, brutale et manifestement irréfléchie de résilier unilatéralement le contrat de Piccini en novembre 2019 plonge aujourd’hui le Cameroun dans un véritable chaos financier. Présentée à l’époque comme un acte de fermeté politique pour accélérer les chantiers de la CAN, cette signature ministérielle est aujourd’hui qualifiée d’« expropriation illégale » par la justice internationale. En agissant sous le coup de l’impulsion sans mesurer les conséquences juridiques d’un traité bilatériel d’investissement, le ministre a directement exposé le Trésor public à une sanction financière sans précédent.
La Task Force de la Présidence de la République fortement interpellée
Le ministre des Sports n’a pas agi seul dans ce naufrage. Il convient d’interpeller fermement la toute-puissante Task Force logée à la Présidence de la République. Ce mécanisme de gestion d’exception, créé pour contourner les procédures administratives classiques et accélérer les infrastructures de la CAN, se retrouve au cœur du scandale. En centralisant les décisions de milliards de FCFA et en validant des stratégies de reprise de chantiers hautement risquées (notamment le transfert ultérieur vers Magil), la Task Force porte une lourde responsabilité politique et financière. Sa gestion opaque et ses arbitrages à courte vue sont aujourd’hui mis à nu par une juridiction internationale.
Olembé : un gouffre financier sans fin et l’incompréhensible projet d’hôtel au sous-sol
Huit ans après le premier coup de pioche, le complexe sportif d’Olembé est officiellement devenu un tonneau des Danaïdes, un gouffre à sous insatiable [2XNUMG]. Alors que la facture de la condamnation internationale tombe, l’Office National des Infrastructures et Équipements Sportifs (ONIES) vient de jeter de l’huile sur le feu en lançant, en ce mois de septembre 2026, un nouvel appel d’offres pour la énième reprise des travaux du même stade.
Au-delà des milliards engloutis dans la pelouse et les tribunes, c’est la conception même des infrastructures annexes qui frise le ridicule et l’amateurisme. Comment comprendre le projet architectural initial qui prévoyait un complexe hôtelier 5 étoiles… logé en partie en sous-sol ? Une aberration technique et commerciale qui symbolise à elle seule les dérives d’un projet mal ficelé dès le départ, pensé pour multiplier les avenants budgétaires plutôt que pour doter le pays d’un bijou sportif fonctionnel.
L’addition salée : ce que le Cameroun doit payer (hors intérêts)
Le décompte officiel de la décision du Tribunal arbitral ne laisse aucune place au doute : l’indemnisation des préjudices (78,5 millions d’euros / 51,5 milliards de FCFA) : Comprenant la valeur nette de l’investissement confisqué (51,3 M€), le manque à gagner (5,4 M€), la perte de jouissance des machines (8,1 M€) et la perte de valeur des équipements laissés à l’abandon (7,7 M€); les frais de justice (2,86 millions d’euros / 1,8 milliard de FCFA) : L’État est condamné à rembourser 70% des honoraires d’avocats de Piccini; les frais d’arbitrage (157 427 dollars US / environ 95 millions de FCFA) : 70% des frais de greffe dus au CIRDI.
La facture cachée des intérêts : le piège de 2019
Ce que le communiqué officiel et le triomphalisme de façade omettent subtilement de préciser, c’est le poids des intérêts de retard. Le CIRDI a ordonné que ces sommes soient majorées d’intérêts composés annuellement au taux EURIBOR 6 mois majoré de 4 %, calculés à rebours à compter du 29 novembre 2019. Avec près de sept années de procédure, les intérêts capitalisés vont faire exploser l’ardoise de plusieurs milliards de FCFA supplémentaires, rapprochant le coût final du gouffre redouté par les analystes économiques.
Au final, ce ne sont pas les ministres signataires, ni les membres de la Task Force qui signeront les chèques d’indemnisation. C’est le Trésor Public, et donc le contribuable camerounais, qui va devoir éponger cette note salée au détriment du financement des routes, des écoles et des hôpitaux. Pendant que l’ONIES lance de nouveaux appels d’offres pour engloutir encore plus d’argent, l’opinion publique, elle, compte les points et les milliards sacrifiés sur l’autel de l’incompétence administrative.
Par Gabriel MBARGA




le cameroun dit un grand merci au Pr. Narcisse Mouelle Kombi pour cette dette qu’il a occasionné tout seul et dont tout un peuple est condamné à rembourssé.
Dans un pays normal ou la démocratie est appliqué sur tous les plans, le ministre devait démissionner après un tel acte.
Victoire ou scandalle pour le regime en place ?
le temps nous le dira …
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