Dans l’édition 2026-2027 du Best Global Universities Rankings, publié par U.S. News & World Report en partenariat avec Clarivate, aucune institution d’enseignement supérieur du Cameroun ne figure parmi les 2 250 universités classées à travers plus de 100 pays. Une absence qui met en lumière les défis persistants auxquels fait face le système universitaire national, notamment en matière de recherche scientifique et de visibilité internationale.
Contrairement à d’autres classements davantage axés sur la qualité de l’enseignement ou la réputation institutionnelle, le palmarès de U.S. News accorde une place prépondérante à la performance scientifique. Les universités sont évaluées selon plusieurs critères, parmi lesquels la réputation académique mondiale et régionale, le volume des publications scientifiques, leur impact mesuré par les citations, les collaborations internationales ainsi que la capacité des chercheurs à produire des travaux de référence.
L’Afrique du Sud et l’Égypte confirment leur leadership
Sur le continent africain, les universités sud-africaines et égyptiennes dominent une nouvelle fois le classement. L’Université du Cap conserve son statut de meilleure université d’Afrique en occupant la 122ᵉ place mondiale. Elle est suivie de l’Université du Caire, classée 221ᵉ, puis de l’Université du Witwatersrand, qui se positionne au 240ᵉ rang mondial.
L’Égypte confirme également son dynamisme avec la présence de plusieurs établissements dans le Top africain, notamment les universités de Mansoura (267ᵉ mondiale) et Al-Azhar (279ᵉ). Le Nigeria poursuit également sa progression grâce à l’Université d’Ibadan, classée 264ᵉ au niveau mondial.
Dans ce paysage universitaire en pleine mutation, l’absence du Cameroun souligne le retard que le pays accuse encore dans les indicateurs qui déterminent aujourd’hui la reconnaissance scientifique internationale.
La recherche scientifique, principal défi
Si les universités camerounaises forment chaque année plusieurs dizaines de milliers d’étudiants et jouent un rôle essentiel dans le développement des ressources humaines du pays, elles restent peu représentées dans les grandes bases de données scientifiques internationales.
Or, les critères retenus par U.S. News privilégient les établissements capables de publier régulièrement dans des revues scientifiques de référence, d’être largement cités par leurs pairs, de développer des partenariats de recherche internationaux et de contribuer à l’avancement des connaissances à l’échelle mondiale.
Cette faible présence dans les publications indexées limite considérablement la visibilité des universités camerounaises et réduit leurs chances d’intégrer les grands classements internationaux.
Plusieurs facteurs expliquent cette situation. Les spécialistes pointent notamment le faible financement consacré à la recherche, l’insuffisance des équipements dans les laboratoires, le manque de ressources pour les chercheurs ainsi que la faiblesse de la coopération scientifique internationale.
À ces difficultés s’ajoutent des défis liés à la gouvernance universitaire, à l’encadrement des doctorants, à la modernisation des infrastructures et à l’attractivité des établissements pour les enseignants-chercheurs étrangers.
Ces contraintes limitent la capacité des universités camerounaises à produire une recherche de haut niveau susceptible d’être reconnue sur le plan international.
Un enjeu stratégique pour l’avenir
Au-delà du prestige, les grands classements universitaires sont devenus de véritables outils de compétitivité. Ils influencent le choix des étudiants internationaux, favorisent la conclusion de partenariats académiques, facilitent l’accès aux financements de recherche et renforcent le rayonnement des établissements dans les réseaux scientifiques mondiaux.
Pour le Cameroun, améliorer le positionnement de ses universités passe par un investissement plus soutenu dans la recherche, le renforcement des collaborations internationales, la modernisation des infrastructures universitaires et la valorisation des productions scientifiques nationales.
L’édition 2026-2027 du Best Global Universities Rankings rappelle ainsi que la compétition mondiale dans l’enseignement supérieur repose désormais autant sur la capacité à produire des connaissances qu’à former des diplômés. Pour les universités camerounaises, le défi est désormais de transformer leur potentiel académique en une visibilité scientifique capable de leur ouvrir les portes des plus grands classements internationaux.
Ernesthine BIKOLA





