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Cameroun : le Président Paul Biya appelé à la rescousse des médias à capitaux privés

Excellence, Monsieur le Président de la République,

En ce moment difficile que traverse le monde, dont le Cameroun, du fait de la pandémie du Covid-19, laquelle affecte, de manière drastique, la plupart des économies, au nom de plusieurs patrons d’entreprises de presse à capitaux privés, je prends, très respectueusement, la responsabilité de vous adresser une lettre ouverte à l’effet de solliciter votre magnanimité. 

Excellence, Monsieur le Président de la République,

J’ai, par le passé, eu à vous adresser des correspondances sous pli fermé. Malheureusement, tout semble indiquer qu’elles ne vous sont jamais parvenues. Puisque, connaissant la qualité de votre éducation et surtout le respect que vous avez pour l’ensemble de vos compatriotes, vous auriez, à tout le moins, accusé réception. La tentative par une lettre ouverte, bien peu élégante, me restait la seule alternative susceptible de porter à votre très haute et distinguée attention, les difficultés qui sont, maintenant, celles des médias à capitaux privés. Et pourquoi ne pas formuler, cette fois, le vif espoir que mon plaidoyer, qui est aussi et surtout celui de la majorité de la corporation au nom de laquelle j’ose, très humblement, m’exprimer, trouvera un écho favorable auprès de votre très auguste personnalité, dont l’empathie sans limite, est la caractéristique principale

Excellence, Monsieur le Président de la République,

La situation qu’endurent actuellement les médias à capitaux privés : la presse écrite, la presse en ligne, les chaînes de radio et de télévision (notamment celles qui sont sur satellite et dans des bouquets internationaux), est incontestablement inédite, dans l’histoire de la communication de notre pays. Il s’agit d’un environnement économique à la fois fragile et hostile.

Il est marqué, dans le premier cas cité, par l’inexistence d’un circuit de distribution et la rareté des annonces, principale source de revenus des médias. L’espoir, placé par les éditeurs, avec la possibilité de l’extension des annonces légales dans leurs supports, s’est rapidement volatilisé, tant la ventilation de celles-ci s’avère discriminatoire. Les coûts de production sont prohibitifs, et l’accès aux moyens modernes de télécommunications davantage onéreux.

De même, les maigres fonds affectés à l’aide publique à la communication privée, d’ailleurs gelée depuis plus deux années, ne sont pas en mesure de soulager nos petites et moyennes entreprises (PME). Devant le sinistre, les banques se montrent particulièrement réticentes à accorder le moindre crédit aux entreprises de médias à capitaux privés.

Excellence, Monsieur le Président de la République

De manière générale, avec la difficile situation économique, subite, que la pandémie impose, à l’heure qu’il est, au monde (et dont le Cameroun), les annonceurs ont supprimé, ou presque, leurs campagnes promotionnelles. Situation qui tend alors à précipiter la cessation d’activité des entreprises à capitaux privés, déjà agonisantes.

Excellence, Monsieur le Président de la République,

La conséquence de cette précarité peut, aujourd’hui, dans le monde des médias camerounais à capitaux privés, être constatée à travers la fermeture de plusieurs supports, croulant sous des dettes diverses et désormais incapables d’assurer un service minimum et d’apporter la moindre rétribution à ceux qui y exercent. Assurant pourtant un service public, ces PME sont reléguées dans un état de fragilité et de dénuement indicible et, si rien n’est fait dans l’urgence, c’est la mort assurée des médias à capitaux privés qui est enclenchée.

Excellence, Monsieur le Président de la République,

Pour avoir choisi le secteur de l’information en vue de participer, à notre manière, à l’effort de construction nationale, les patrons d’entreprises de médias à capitaux privés n’ignorent pas les multiples défis auxquels doit faire face le Cameroun. Ils sont, également, au fait de nombreux engagements qui interpellent votre magistère. Ils n’oublient pas, surtout, votre détermination dans la quête de l’émergence du Cameroun à l’horizon 2035, qui plus est dans un climat d’insécurité dans certaines parties de notre pays.

S’il est vrai que l’iniquité des termes de l’échange, ainsi que les différentes crises économiques et financières internationales, ont ralenti le processus de développement du Cameroun, il est tout aussi vrai que votre combat, pour le progrès et la démocratisation de notre pays, ne peuvent se concevoir sans l’existence de médias forts et crédibles, pour vous y accompagner.

À maintes reprises, les médias à capitaux privés de notre pays ont brillé par leur patriotisme et leur loyauté, chaque fois que le Cameroun a été l’objet de sordides attaques ressortissant à son intégrité, ou lorsque le vivre-ensemble a failli vaciller. Plusieurs fois aussi, les médias à capitaux privés se sont dressés en bouclier des institutions républicaines, dénonçant et condamnant, en outre, les divers outrages dirigés contre ceux qui les incarnent. Comme ailleurs, leur vitalité semble un gage de paix, de démocratie et de progrès de notre pays.

C’est pourquoi, Excellence, Monsieur le Président de la République,

Au nom des confrères, en formulant pour vous nos vœux de santé et de réussite, vous réitérant toute notre disponibilité et tout notre engagement à vous soutenir dans cet autre combat contre le coronavirus, puisse votre magnanimité proverbiale, pallier la difficulté qui, aujourd’hui, est celle des médias à capitaux privés. Votre action, salvatrice dans ce sens, est impatiemment attendue. Elle permettra à cet important secteur de l’économie nationale de préserver ses lettres de noblesse. Et surtout de préserver des emplois.

Yaoundé, le 20 avril 2020

Le porte-parole, Dieudonné Mveng

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