
Le Ministre des Transports, Jean Ernest Masséna Ngallè Bibéhè, a présidé, le 22 avril 2026 à Yaoundé, la cérémonie solennelle de sortie des lauréats des 2e et 3e promotions des experts en sécurité routière.

267, c’est le nombre des lauréats qui ont reçu leurs parchemins au terme de leur formation, répartis ainsi qu’il suit : pour la 2e promotion, 42 Délégués au Permis de Conduire et à la Sécurité Routière (DPCSR) et 142 Inspecteurs du Permis de Conduire et de la Sécurité Routière (IPCSR); pour la 3e promotion, 19 DPCSR et 64 IPCSR.

Au nom des étudiants, Gody Jong, Président de l’Association des Etudiants de l’ISSERR, a mis en lumière les attentes des lauréats quant à une meilleure reconnaissance institutionnelle des compétences acquises.


Dans un plaidoyer fort, il a appelé à la révision de certains textes réglementaires relatifs à la sécurité routière, à l’intégration des produits de l’ISSERR dans la fonction publique, ainsi qu’à la facilitation de leur déploiement opérationnel sur le terrain, en déclarant que : « Investir sur les produits de l’ISSERR, c’est investir sur les droits humains sur la route ».

Par cette formule, il a rappelé que la sécurité routière ne relève pas uniquement des impératifs techniques ou administratifs, mais constitue également un enjeu fondamental de protection de la vie humaine, de justice sociale et de développement durable.

Dans son allocution, Cyrille Leche Kengne, Représentant de l’ISSERR, a dressé le bilan des efforts engagés pour assurer une adéquation progressive entre les formations dispensées et les besoins concrets du terrain.

Il a indiqué que les lauréats sont progressivement impliqués dans les dispositifs opérationnels, notamment comme membres des jurys d’examens du permis de conduire, dans les équipes de prévention et de sécurité routière, ainsi que dans les collectivités territoriales décentralisées, où ils peuvent être recrutés à l’issue de leurs stages.

Il a également souligné que l’ISSERR œuvre en étroite collaboration avec le Ministère des Transports pour améliorer continuellement la qualité du plateau technique, renforcer l’excellence pédagogique et assurer une meilleure utilisation des compétences formées.

Dans un geste hautement symbolique, il a procédé au baptême des promotions : la 2e promotion, baptisée Jean TODT et la 3e promotion, baptisée « Koffi Annan ».

Il a exhorté les lauréats à être dignes de ces références en déclarant en substance que ces noms incarnent l’exigence d’intégrité, d’excellence et d’engagement au service d’une sécurité routière moderne et performante.

Dans son allocution de circonstance, le Ministre des Transports, Jean Ernest Masséna Ngallè Bibéhè, a souligné que la sortie de ces deux promotions porte à plus de 400 le nombre total de professionnels formés dans le domaine de la sécurité routière depuis la création de l’ISSERR en 2020. Il a relevé que le Cameroun dispose désormais de ressources humaines de qualité, capables de contribuer activement aux politiques nationales de sécurité routière et de participer sans complexe aux réflexions internationales menées au sein d’instances telles que : l’ONU), l’OMS, la BM, la BAD.

Le Ministre a insisté sur la nécessité de capitaliser sur cette expertise nationale afin d’améliorer durablement les performances du pays en matière de prévention routière et de gouvernance des transports.
Il a également relevé que cette cérémonie intervient quelques jours avant la tenue du premier Forum de la Sécurité Routière, organisé sous le thème :« L’intelligence artificielle au service de la sécurité routière».

Une articulation qu’il a présentée comme révélatrice de la volonté du Gouvernement de moderniser les approches en matière de sécurité routière, en s’appuyant sur l’innovation technologique et la professionnalisation des acteurs.
La cérémonie a également été marquée par la remise de médailles d’honneur du travail à plusieurs personnels méritants : Paul Tadjoudi et Raphaël BELINGA, décorés respectivement des médailles en Argent Vermeil et en Or ; Cyrille Emma et Alexandra Fotso épouse Kengne Leche, récipiendaires de la médaille d’honneur du travail en Argent.

Par ailleurs, les majors des deux promotions, dans chacune des filières, ainsi que le prix de la bonne conduite, ont été récompensés, consacrant ainsi l’excellence académique, la discipline et l’engagement des apprenants.

Cette sortie solennelle apparaît comme un signal fort de l’engagement du Gouvernement en faveur du renforcement des capacités nationales dans le domaine de la sécurité routière. Elle traduit la volonté des pouvoirs publics de bâtir un système de mobilité plus sûr, plus professionnel et plus performant, en s’appuyant sur des compétences locales de haut niveau.
Aider les pouvoirs publics
« Le problème de sécurité routière se pose avec acuité au Cameroun. D’où, les accidents de la circulation enregistrés sur nos routes.

Cela étant, nous avons suivi une formation sur plusieurs axes, notamment le volet théorique portant sur l’administration en matière de sécurité routière à savoir : les rouages administratifs; et le volet pratique à savoir :
la formation des conducteurs ;
la sensibilisation des usagers; la mise en place des politiques publiques en adéquation avec notre contexte, pour pouvoir juguler ce problème. Nous comprenons très bien que le risque zéro n’existe pas. Nous pouvons donc aider les pouvoirs publics dans la mise en place des politiques publiques auprès des Collectivités territoriales décentralisées et auprès des organismes internationaux ; à former les formateurs des auto-écoles pour qu’ils puissent mieux former les apprenants.
Au niveau de l’examen du permis de conduire, nous sommes dans un jury, pour pouvoir vérifier que la formation que les apprenants ont reçu dans ces écoles est de qualité et qu’ils sont aptes à conduire les véhicules sur les axes routiers. Notre formation a duré deux ans. Nous sommes en mesure de conduire, aujourd’hui, des engins à moteur de toutes les catégories, parce que détenteurs de tous les permis de conduire », a fait savoir Joseph Adolphe Motto Nseke, lauréat.
Enjeux et défis
« Je suis experte en sécurité routière aujourd’hui et déléguée au permis de conduire en sécurité routière. Les enjeux et défis sont majeurs.

Premièrement, nous devons réduire de 50 % les accidents de la circulation, parce que nous tous sommes usagers de la route. Nous avons besoin d’être pris en considération. Je dois rappeler que le premier forum sur la sécurité routière se tiendra au Cameroun du 29 au 30 avril 2026 à Yaoundé. Il faut relever qu’il est important de faire appel aux experts lorsqu’on procède au dimensionnement des routes. Il ne faut pas attendre des hécatombes pour penser qu’on a des experts formés à l’Institut sous-régional de sécurité routière. Nous pouvons intervenir dans le cadre des premiers secours à apporter aux accidentés aux usagers de la route ; nous pouvons former les enfants dans les établissements scolaires sur le code de la route ; nous avons été formées à la conduite de tous les engins et sommes capables de former les promoteurs des auto-écoles… Nous avons les permis de toutes les catégories d’engins. Donc, le Cameroun gagnera à faire confiance aux experts que nous sommes, pour réduire les accidents de la circulation », a fait savoir, à son tour, Mireille Machou Fonkou épse Assong.
Bertrand Tjani



