L’audience consacrée à l’affaire du journaliste Martinez Zogo s’est poursuivit ce Mardi 02 Juin 2026 dès 10heures au tribunal militaire de Yaoundé.
L’audience s’est ouverte à 10 heures pour s’achever tard dans la nuit à 23heures. Pendant près de treize heures, les débats devant le Tribunal militaire de Yaoundé ont été consacrés à l’examen du rapport d’expertise du Professeur Bell Bitjoka, expert en criminalité, dont les analyses et conclusions continuent de susciter de nombreuses interrogations de la part des différentes parties au procès.
Tout au long de la journée, les avocats des 17 accusés se sont succédé dans une série de contre-interrogatoires visant à mettre à l’épreuve les conclusions de l’expert et à déterminer les éléments reliant directement leurs clients à l’enlèvement, à la torture et à l’assassinat du journaliste.
Parmi les moments marquants de cette audience figure le passage de l’ancien directeur général de la DGRE, Maxime Eko Eko. Lors de son contre-interrogatoire, ce dernier a concentré ses questions sur ses échanges téléphoniques avec le lieutenant-colonel Justin Danwe, présenté dans le rapport comme le principal cerveau présumé de l’opération. Il a également interrogé l’expert sur la vidéo de torture du journaliste projetée devant le tribunal. À l’issue des réponses fournies par le professeur Bell Bitjoka, il ressort, selon les conclusions de l’expertise, qu’aucun élément des trois téléphones examiné dans le cadre de cette enquête ne permettrait d’établir un lien direct entre Maxime Eko Eko et le meurtre de Martinez Zogo.

Le maréchal des logis-chef Tongue Nana Stéphane a également longuement interrogé l’expert sur les données de géolocalisation extraites de son téléphone portable. Selon les informations présentées dans le rapport, sa position le soir des faits le situerait dans la zone comprise entre les quartiers Éleveur et Soa Vallée, localités situées avant l’Université de Soa. Or, le corps du journaliste avait été découvert dans une zone située après cette université.
Face à cet argument, l’expert a toutefois rappelé une limite importante de l’analyse téléphonique : les données de localisation fournies par les opérateurs ne sont enregistrées que lorsque l’appareil est allumé. Il a ainsi indiqué que l’hypothèse selon laquelle le téléphone aurait pu être éteint avant un éventuel déplacement vers d’autres zones ne pouvait être totalement exclue.
Cette précision a donné lieu à de nouveaux échanges nourris entre les parties, illustrant la complexité de l’exploitation des données numériques dans cette procédure judiciaire particulièrement sensible.
À l’issue de cette longue journée d’audience, le ministère public a sollicité un renvoi afin de poursuivre l’examen approfondi du rapport d’expertise. Le tribunal a finalement renvoyé l’affaire aux 22 et 23 juin 2026 pour la poursuite des débats.
LUTHER SANA
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