
Le saxophoniste américain Kirk Whalum, lauréat d’un Grammy Award, a effectué sa toute première venue en Afrique centrale au Cameroun. Il s’est produit à Yaoundé et à Douala dans le cadre du Yaoundé Jazz Festival, avant d’animer une masterclass au Centre culturel Ubuntu. Une visite historique pour la scène musicale camerounaise.

C’est en ces mots que tout a commencé : « Salut ! C’est Kirk Whalum. Je suis absolument ravi de donner mon tout premier concert au Cameroun et même en Afrique centrale. » Une annonce faite sur ses pages digitales officielles, en conclusion d’un extrait sonore de Soul Makossa de Manu Dibango un hommage immédiat à la royauté musicale camerounaise.
Au Palais des Congrès de Yaoundé, puis au Krystal Palace de Douala, Kirk Whalum s’est produit accompagné de six musiciens. Deux soirées alliant jazz pur, smooth jazz et gospel la signature sonore qui associe douceur, émotion, passion et sensualité, fidèle à ce qui a fait sa réputation depuis ses débuts à Houston dans les années 80.
Le choix du Cameroun pour cette première africaine est hautement symbolique. Selon Stéphane Mauger, directeur exécutif du Yaoundé Jazz Festival, l’artiste nourrissait depuis longtemps l’ambition profonde de se produire en terre africaine francophone. Atout supplémentaire : Kirk Whalum parle français, une compétence acquise lors d’un séjour prolongé en France, ce qui lui a permis de se connecter directement avec le public camerounais dans sa langue.
Au-delà des concerts, Kirk Whalum a animé une masterclass au Centre culturel Ubuntu de Yaoundé, partageant son expérience et sa technique avec les jeunes talents camerounais. Une rencontre entre le jazz américain et la création africaine dont les échos se feront longtemps sentir dans la scène musicale locale. À 67 ans, cette tournée africaine marque une nouvelle étape dans une carrière déjà bien remplie et une page d’or pour le jazz camerounais.
Quand un géant du jazz mondial choisit le Cameroun comme première porte d’entrée en Afrique centrale, ce n’est pas un hasard c’est une reconnaissance. La musique camerounaise a toujours su parler au monde. Kirk Whalum vient de le confirmer.
Victoire Nkana



