
La deuxième session ordinaire de l’année législative 2026 s’est ouverte le 9 juin au Cameroun. Réunis au Palais de verre Paul Biya à Ngoa-Ékellé pour les députés et dans leurs hémicycles respectifs pour les sénateurs, les parlementaires ont au menu principal le Débat d’Orientation Budgétaire pour cadrer la préparation du budget 2027 dans un contexte de finances publiques sous pression.
Le budget 2027 se prépare dans un climat difficile. Les recettes de l’État au premier semestre sont inférieures à ce qui était prévu et le gouvernement va devoir l’expliquer aux parlementaires.
Cette session s’ouvre sur fond de tensions financières. L’enveloppe budgétaire 2026, fixée à 8 800 milliards de francs CFA, n’est pas au rendez-vous. Les recettes fiscales et pétrolières accusent un retard significatif par rapport aux projections initiales. Conséquence directe : un collectif budgétaire rectificatif sera soumis aux élus pour ajuster les dépenses à la réalité des ressources disponibles. Sur le terrain, le signal est sans ambiguïté commerçants, entrepreneurs et ménages s’accordent sur un terrain, le signal est sans ambiguïté commerçants, entrepreneurs et ménages s’accordent sur un même constat : l’argent ne circule plus comme avant.
Le Débat d’Orientation Budgétaire constitue le temps fort de cette session. Instauré depuis 2019 par la loi portant régime financier de l’État, il donne au Parlement la possibilité d’intervenir en amont de la procédure budgétaire avant même que le projet de loi de finances soit finalisé. Un outil précieux, à condition que le gouvernement respecte ses obligations. Le député Koupit Adamou, de l’Union Démocratique du Cameroun, a d’ailleurs rappelé cette exigence dès la rentrée, en annonçant simultanément le dépôt d’une nouvelle proposition de loi dont le contenu sera révélé en temps utile. Au Sénat, Jean-Marie Mama, sénateur du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais, réclame un débat de fond sur la fiscalité locale dont l’application sur le terrain continue de susciter des tensions entre les communes et les contribuables.
Au-delà du cadrage budgétaire, plusieurs dossiers brûlants attendent les élus. La crise énergétique nationale, illustrée par des délestages électriques de plus en plus fréquents, pèse sur les ménages et freine l’activité sur les débats et sur la capacité du gouvernement à rassurer aussi bien ses partenaires financiers que ses propres élus.
La session ordinaire de juin 2026 du Parlement camerounais se tient jusqu’au 14 août. Les travaux portent principalement sur le Débat d’Orientation Budgétaire et l’examen d’une loi de finances rectificative pour l’exercice 2026.
Victoire Nkana



