
C’est l’essentiel à retenir du webinaire tenu dans l’après-midi du jeudi 26 mars 2026, consacré à la relation entre santé et médecine, à l’intention du personnel soignant de la Caisse nationale de prévoyance sociale (CNPS). Animée par le Directeur général, cette session s’est imposée comme un moment fort de réflexion sur les enjeux et les évolutions des pratiques médicales.
Autour du thème «Médecine et santé : enjeux et défis du métier», les échanges ont permis de questionner une idée largement répandue : la médecine suffit-elle, à elle seule, à garantir la santé ? Les discussions ont mis en évidence une distinction essentielle entre ces deux notions souvent confondues. En effet, comme l’a souligné le patron, « si la médecine renvoie aux traitements, prescriptions et protocoles, la santé, quant à elle, englobe un état global de bien-être, intégrant les dimensions physique, mentale, émotionnelle et sociale».
Toutefois, malgré les avancées indéniables de la médecine moderne, l’intervenant a relevé certaines limites. «La médecine contribue aussi bien à la santé qu’à la mauvaise santé », a-t-il constaté, évoquant notamment les prescriptions standardisées, les effets secondaires ou encore certaines formes de dépendance aux médicaments. Dès lors, sans remettre en cause les acquis scientifiques, les échanges ont plaidé pour une approche plus critique, fondée sur une meilleure évaluation de l’impact réel des traitements.
Dans ce contexte, un consensus s’est dégagé autour de la nécessité de replacer le patient au cœur du dispositif de soins. «Prescrire ne suffit pas. Il faut comprendre la personne dans sa globalité. Nous devons chercher à savoir comment soigner sans médicament dans certains cas », reconnaît le Dr Gisèle Chewa, médecin anesthésiste réanimateur. Cette approche met en lumière l’importance de facteurs souvent sous-estimés, tels que le mode de vie, l’état psychologique ou encore l’environnement social du patient.
Par ailleurs, les échanges ont mis en lumière l’intérêt d’une médecine plus ouverte, intégrant des approches complémentaires. «Dans certains cas, notamment face à des troubles psychosomatiques, l’écoute et l’accompagnement peuvent s’avérer aussi efficaces que le traitement médicamenteux», a expliqué Dr Luc Meka, qui souligne également que « de nombreuses pathologies trouvent aujourd’hui leur origine dans des déséquilibres émotionnels », mettant en évidence le rôle du mental dans le processus de guérison. De ce fait, cette orientation s’inscrit dans une approche holistique de la santé, qui considère le patient dans sa globalité plutôt que de se limiter aux seuls symptômes. A cela, il faut ajouter la prise en compte des pratiques culturelles des patients qui, pour le patron, « est aussi une forme de démarche thérapeutique », a-t-il précisé.
Au terme de la rencontre, le top manager a invité les participants à retenir plusieurs orientations majeures pour l’évolution des pratiques médicales. Insistant sur la nécessité d’une approche intégrée, à travers l’association de la prise en charge psychologique à l’aspect médicamenteux, afin d’augmenter les chances de guérison, il a notamment plaidé pour une médecine plus empathique : « Il faut se mettre à la place du malade, l’écouter et chercher à le comprendre. Aujourd’hui, nous avons des patients de plus en plus informés, qui participent à leur prise en charge et dont la parole doit être prise en compte».
Dans le même élan, il a appelé à promouvoir une médecine intellectuellement agile, capable de se remettre en question : « Il ne faut pas se limiter à ce que nous avons appris. Il faut questionner, analyser et s’adapter aux réalités ». Enfin, il a encouragé le développement d’une médecine ancrée dans les contextes locaux : « Ce n’est pas parce qu’une pratique est conçue ailleurs qu’elle est forcément adaptée à nos réalités. Nous devons produire nos propres connaissances et construire une médecine authentiquement africaine ».
À travers ce webinaire, la CNPS réaffirme son engagement en faveur de l’amélioration continue des pratiques professionnelles et de la promotion d’un système de santé plus performant, centré sur l’humain.
Source : celcom CNPS



