
Développé le 30 avril 2026 par le Pr Esse Corine, ce sous-thème a mis en lumière le rôle central de la main-d’œuvre locale dans la transformation des projets d’infrastructures en véritables moteurs de développement, lors de la conférence bilingue organisée au Ministère des Travaux Publics den prélude à la célébration de la 140ᵉ édition de la Fête Internationale du Travail.

Au centre des échanges, l’optimisation de la main-d’œuvre locale. Elle ne se limite pas à une question d’emploi, elle constitue une démarche intégrée des politiques publiques, qui vise à faire des projets d’infrastructures routières de véritables catalyseurs de développement local. Concrètement, cette approche consiste à transformer les investissements en infrastructures – routes, écoles, adduction d’eau et équipements socio-économiques – en opportunités durables pour les populations riveraines. l’optimisation de la main d’œuvre locale permet non seulement de réduire certains coûts, mais surtout de générer des revenus directs, de renforcer les compétences techniques locales et de dynamiser les économies des territoires concernés. L’intervention du Pr Esse Corine s’est articulée autour de trois axes : les objectifs, les stratégies et les conditions de réussite de cette démarche.
S’agissant des objectifs, l’optimisation de la main-d’œuvre locale vise en priorité à réduire la pauvreté à travers la création d’emplois et l’injection de revenus dans les économies locales.

Elle permet également de renforcer les compétences des travailleurs, grâce à l’expérience acquise sur les chantiers, tout en réduisant la dépendance vis-à-vis de l’expertise extérieure. Cette approche favorise par ailleurs l’appropriation des infrastructures par les populations, un facteur clé pour leur entretien et leur durabilité. Elle contribue enfin au développement des PME locales et à la réduction des coûts logistiques liés aux projets.
Pour atteindre ces objectifs, plusieurs stratégies sont mises en œuvre au MINTP. Il s’agit notamment du recours aux approches à Haute Intensité de Main-d’œuvre (HIMO), qui favorisent l’emploi local, de l’intégration de clauses contractuelles imposant des quotas de recrutement local et la sous-traitance au profit des PME locales, ainsi que de la valorisation des matériaux disponibles sur les sites. À cela s’ajoutent la formation professionnelle ciblée pour rendre rapidement opérationnelle la main-d’œuvre non qualifiée, l’implication des communautés dès la phase de planification et l’appui à l’entrepreneuriat local pour faciliter l’accès aux marchés publics. Toutefois, la mise en œuvre de cette approche nécessite de relever certains défis. La formation des travailleurs locaux demeure essentielle pour garantir leur employabilité et la qualité des ouvrages. Le suivi des travaux réalisés doit être rigoureux afin d’assurer leur durabilité. La transparence dans les processus de recrutement est également indispensable pour prévenir les tensions sociales. Enfin, une concertation permanente entre les projets et les acteurs locaux reste un facteur déterminant de succès.
Des expériences concrètes dans le cadre de certains projets routiers montrent déjà des résultats encourageants. Elles confirment que l’optimisation de la main-d’œuvre locale est une réalité opérationnelle, qu’il convient désormais de renforcer et de généraliser.
Source : celcom MINTP



