
Le Président du Conseil Constitutionnel, Clément Atangana, est décédé ce dimanche 4 octobre 2026 à l’Hôpital Américain de Paris, à l’âge de 85 ans. L’information a été confirmée par des sources proches de la famille.
Magistrat hors hiérarchie, l’homme s’éteint après plusieurs mois d’hospitalisation. Annoncé entre la vie et la mort depuis avril dernier, il avait été évacué à Paris pour des raisons de santé.
Nommé le 7 février 2018 par le Président Paul Biya, Clément Atangana restera comme le tout premier Président du Conseil Constitutionnel, institution pourtant prévue par la loi de 1996. Originaire d’Ekoumeyek dans l’arrondissement de Ngomedzap, département du Nyong-et-So’o, ce magistrat chevronné passé par Nkongsamba, Eséka, Bafia et Sangmélima, ancien Président de la Commission Nationale de Recensement des votes, aura présidé aux destinées du Conseil durant les moments les plus décisifs de la vie démocratique du Cameroun.
En 8 ans, il aura été l’arbitre suprême de deux scrutins présidentiels majeurs, 2018 et 2025, avec la proclamation des résultats et la gestion d’un contentieux post-électoral particulièrement tendu. Sa marque de fabrique restera le strict respect de la forme. Sous sa présidence, près de 90% des recours ont été déclarés irrecevables pour non-respect de l’article 133 du Code Électoral : non-respect du délai de 72 heures, défaut de qualité, pièces non légalisées.
Gardien de la Constitution, il aura également marqué son passage par la validation de la prorogation des mandats des députés et des conseillers municipaux, son avis favorable sur la révision constitutionnelle de 2026 instaurant le poste de Vice-Président et la modification des articles 38 et 39 relatifs à la vacance à la Présidence de la République.
Un parcours exceptionnel fait de décisions historiques, parfois controversées, mais qui ont façonné la jurisprudence constitutionnelle camerounaise. Le Conseil Constitutionnel perd son premier président. La République perd un grand serviteur de la justice.
Luther SANA



