À l’occasion de la 14e édition de la Journée internationale des Forêts, la ville de Ngaoundéré a vibré au rythme d’une vaste campagne de reboisement. Entre savoirs savants et engagement citoyen, l’université de la ville devient le fer de lance de la lutte contre la dégradation des terres dans la région

Le rideau s’est levé sur une initiative d’envergure dans la région de l’Adamaoua. Sous le thème évocateur « Forêt et économie », les autorités régionales et le monde universitaire se sont donné rendez-vous sur le campus de l’Université de Ngaoundéré. L’objectif est de transformer ce « temple des savoirs » en un véritable bastion de la préservation de l’écosystème forestier mondial.
Le choix de l’université n’est pas fortuit. Pour le général Francis Durand Nna, délégué régional des Forêts et de la Faune de l’Adamaoua, impliquer les étudiants est une priorité stratégique. « Cette démarche s’inscrit en droite ligne de la politique gouvernementale qui met à contribution toutes les forces vives, et surtout le monde universitaire, afin de dynamiser les solutions innovantes pour un environnement propice à l’épanouissement des êtres vivants », a-t-il déclaré.
Les chiffres clés de la campagne 2026
La symbolique a rapidement laissé place à l’action concrète sur le terrain. Voici les prévisions pour l’année en cours : une vingtaine d’arbres ont déjà été mis en terre, sur un total de 500 plants prévus avant le début de la saison des pluies, ceci sur le site universitaire ; au niveau régional, plus de 2 000 arbres seront plantés à travers les cinq départements de l’Adamaoua ; au niveau de la gouvernance locale, une phase de sensibilisation accrue sera menée avec les collectivités territoriales décentralisées pour assurer le suivi des jeunes pousses.
Cette mobilisation à Ngaoundéré n’est qu’un maillon d’une chaîne beaucoup plus vaste. Le Cameroun s’est en effet engagé dans une course contre la montre écologique à travers l’initiative internationale Bonn Challenge. L’objectif national est clair : restaurer plus de 12 millions d’hectares de terres déboisées et dégradées d’ici 2030.
Depuis le lancement des campagnes de reboisement en 2006 par le ministère des Forêts et de la Faune (MINFOF), environ 30 000 hectares ont déjà été restaurés. Si le chemin reste long, l’implication de la jeunesse de l’Adamaoua ce 22 mars prouve que la conscience écologique s’enracine durablement dans les mentalités camerounaises.
Le thème de cette année, liant forêt et économie, rappelle que le reboisement n’est pas seulement un acte écologique, mais aussi un investissement pour l’avenir. Une forêt préservée, c’est une ressource durable pour les populations locales et un rempart contre l’avancée du désert qui menace la partie septentrionale du pays.
Ernesthine BIKOLA




