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Justice internationale vs Diktat de la Présidence : comment la peur du TCS a précipité le naufrage d’Olembé

Sur les plateaux de télévision, de Time TV à Info TV, les émissaires du ministère des Sports s’évertuent à déployer une stratégie de confinement des dégâts. On agite le chiffre cosmétique de « 51,5 milliards » en feignant d’oublier l’arithmétique implacable des intérêts composés (EURIBOR 6 mois + 4 % capitalisés depuis 2019) qui propulse l’ardoise réelle au-delà des 80 milliards.

On tente maladroitement de requalifier une violation flagrante d’un traité bilatéral d’investissement en un banal « litige commercial de droit privé ». Mais le maquillage est trop grossier pour masquer la réalité du terrain : le complexe d’Olembé, avec son hôtel embryonnaire et son centre commercial inachevé, est en passe de devenir l’un des stades les plus onéreux de l’histoire du continent.
Au-delà des chiffres, c’est le cœur du système qui saigne. Les récentes fuites de correspondances et de captures d’écran entre les hauts dignitaires du sport de haut niveau mettent à nu les coulisses d’un véritable chantage institutionnel. Ces échanges révèlent une vérité crue : celle d’une tutelle administrative exercée par la peur. Pris en étau entre la menace permanente d’un audit du Tribunal Criminel Spécial (TCS) pour mal gouvernance et l’obligation d’exécuter aveuglément les « Hautes Instructions » venues des cimes de la Présidence, le Ministère des Sports s’est transformé en simple chambre d’enregistrement d’injonctions contradictoires.
C’est précisément ce piège de la gouvernance par le diktat qui a conduit, le 29 novembre 2019, à la résiliation unilatérale et précipitée du contrat de Piccini, doublée d’une expropriation illégale de son matériel de chantier. Pour complaire au « Prince » et sauver des têtes, on a piétiné les procédures juridiques les plus élémentaires. Aujourd’hui, le constat est amer : lorsque la volonté politique écrase le droit de manière impulsive, ce ne sont pas les donneurs d’ordres tapis dans l’ombre des task-forces qui paient la facture. C’est le contribuable camerounais.
Cette sentence du CIRDI sonne comme la fin d’une illusion. Elle démontre qu’à l’ère de la mondialisation des contrats, l’argumentaire souverainiste ne peut servir de bouclier à l’amateurisme juridique. Tant que les décisions stratégiques de nos grands chantiers seront dictées par des guerres de clans et des logiques de survie bureaucratique plutôt que par le respect rigoureux des textes, la République continuera de payer au prix fort le prix de ses dérives.

Par Maurice Vivien ONANA

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