16 juin 2026, sous le thème : « Garantir l’accès universel à l’eau, à l’assainissement et à l’hygiène pour chaque enfant en Afrique ».
La Commission rappelle l’adoption, le 5 juin 1991, de la résolution AHG/Res.204 (XXVII) lors de la 27e session ordinaire de la Conférence des chefs d’État et de Gouvernement de l’OUA, qui s’est déroulée du 3 au 5 juin 1991 à Abuja (Nigéria), instituant le 16 juin comme Journée de l’enfant africain et exhortant les États membres, les entités du Système des Nations Unies ainsi que les organisations de la société civile (OSC) à garantir les Droits, la dignité et l’avenir de chaque enfant africain.
La Commission relève que la célébration de la Journée de l’enfant africain vise, de manière générale, à concevoir des réponses innovantes et durables face aux situations émergentes ou aggravées, notamment sécuritaires, sanitaires et climatiques, ainsi qu’à la prolifération des violences et abus de toutes sortes contre les enfants – violences physiques, sexuelles, psychologiques, économiques, numériques ou intrafamiliales – qui transforment trop souvent l’enfance en espace de peur, de souffrance et de silence, tout en fragilisant de manière disproportionnée le bien-être, la dignité et l’avenir des enfants africains.
La Commission relève que le préambule de la Constitution camerounaise du 18 janvier 1996 énonce, en son 21e tiret, que « [toute personne a droit à un environnement sain », consacrant ainsi l’assainissement comme une composante essentielle du droit constitutionnel à un environnement sain et comme une condition indispensable à la protection de la santé publique et du bien-être des populations, notamment des enfants.
La Commission accueille favorablement le thème retenu pour l’édition 2026 de la JEA, à savoir Garantir l’accès universel à l’eau, à l’assainissement et à l’hygiène pour chaque enfant en Afrique, un thème qui met opportunément en lumière le lien direct entre d’une part, les services d’eau, d’assainissement et d’hygiène et, d’autre part, la jouissance effective de tous les Droits de l’enfant ; un lien expressément consacré à l’article 14 de la Charte africaine des Droits et du bien-être de l’enfant (ChADBEE).
La Commission rappelle que la Politique nationale de l’eau (PNE) du Cameroun, adoptée le 30 novembre 2019 et officiellement lancée le 11 avril 2025 à Yaoundé sous l’égide du ministère de l’Eau et de l’Énergie (MINEE), avec l’appui de l’UNICEF, intègre les engagements internationaux du Cameroun découlant notamment de la résolution A/RES/64/292 adoptée par l’Assemblée générale des Nations Unies (AGNU) le 28 juillet 2010, intitulée Le droit de l’homme à l’eau et à l’assainissement.
La Commission salue les efforts constants et soutenus des pouvoirs publics et de leurs partenaires visant à garantir l’accès de tous à l’eau, aux services d’hygiène et d’assainissement, tout en assurant une gestion durable des ressources en eau à l’horizon 2030, notamment à travers la tenue, du 1er au 2 avril 2026 à Yaoundé, de la table ronde stratégique du Compact national Eau, porté par le ministère des Mines, de l’Eau et de l’Energie (MINEE), avec l’appui de la Banque mondiale, de l’UNICEF, de l’Union européenne (UE) et de la Société financière internationale (SFI) ; cette réforme structurelle qui couvre la période 2026-2030, vise à accélérer l’accès universel à l’eau potable et à l’assainissement, tout en assurant une gestion équitable, résiliente et durable des ressources en eau, afin de répondre aux besoins socio-économiques, culturels et environnementaux du Cameroun.
La Commission salue la tenue, le 1er juin 2026, d’une conférence de presse conjointe à Yaoundé, co-animée par le ministre de la Communication, René Emmanuel SADI, le ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille, Marie-Thérèse ABENA ONDOA, et le ministre des Affaires sociales, Pauline Irène NGUÉNÉ, aux côtés des responsables de la sécurité et de la justice ; cet évènement médiatique de haut niveau, provoqué par la recrudescence alarmante des infanticides et des violences extrêmes faites aux enfants a permis d’annoncer des solutions fortes, reposant sur une riposte étatique coordonnée, l’intensification immédiate des dispositifs d’accompagnement et de protection judiciaire des victimes, ainsi qu’un sursaut de vigilance collective pour éradiquer l’impunité des auteurs.
La Commission rappelle l’importante séance de travail entre l’Institution nationale des Droits de l’homme du pays et le ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille (MINPROFF), qui s’est déroulée le 10 avril 2026 au MINPROFF, suite à une demande d’audience du président de la CDHC, dans un contexte marqué par la recrudescence des violences basées sur le genre, y compris les féminicides, des infanticides, des violences intrafamiliales et des violences conjugales ayant des conséquences néfastes sur les enfants. Au cours de cette rencontre, les discussions ont notamment porté sur le renforcement des mécanismes de réalisation des Droits des enfants et des femmes, la vulgarisation des lignes vertes 1523 de la CDHC et 116 du MINPROFF dédiée à l’assistance aux enfants en détresse, ainsi que le renforcement des mécanismes de poursuite, de jugement et de sanction des auteurs de violences, d’abus et de violations des Droits des femmes et des enfants, afin de garantir des sanctions effectives, proportionnées et dissuasives.
La Commission rappelle les actions qu’elle a menées, ainsi que celles auxquelles elle a pris part dans le cadre de la promotion et de la protection des Droits et du bien-être des enfants, en lien avec l’accès à l’eau, à l’hygiène et à l’assainissement, notamment à travers la signature, le 17 avril 2026 à Maseru (Royaume du Lesotho), en marge de l’ouverture de la 47e session du Comité africain d’experts sur les Droits et le bien-être de l’enfant (CoAEDBEE), d’un accord-cadre entre la présidente dudit Comité et le président de la CDHC, également président du Réseau des institutions nationales africaines des Droits de l’homme (RINADH), dans le but de promouvoir la participation des enfants et à renforcer les mécanismes de redevabilité qui leur sont accessibles.
La Commission relève, pour le déplorer, que le taux d’accès à l’eau potable demeure limité à environ 70 % de la population, avec des disparités marquées entre les zones urbaines (82%) et les zones rurales (52%). Elle note que seuls 43% de la population dispose d’installations sanitaires de base, avec, là aussi, un écart important entre les milieux urbains (58%) et ruraux (22 %).
La Commission condamne avec la plus grande fermeté la recrudescence préoccupante des actes de violence d’une extrême gravité perpétrés à l’encontre des enfants, notamment les infanticides, des filicides, les mutilations génitales féminines, ainsi que des drames intrafamiliaux qui constituent des violations flagrantes des Droits fondamentaux de l’enfant, en particulier son droit à la vie, à la dignité, à l’intégrité physique et psychologique ainsi qu’à la protection ; ces actes odieux, qui heurtent profondément la conscience collective, compromettent le développement harmonieux des enfants et contribuent à fragiliser le tissu social ainsi que les fondements mêmes de la cohésion familiale et communautaire.
La Commission relève que, sur les 220 recommandations acceptées par l’État lors de l’adoption du Rapport du passage du Cameroun au 4e cycle de l’Examen périodique universel (EPU) le 26 mars 2024, trois sont en consonance avec la thématique de l’édition 2026 de la Journée de l’enfant africain ; elles sont reproduites dans la Déclaration de la CDHC de ce jour, après avoir été ventilées par l’institution nationale des Droits de l’homme du pays aux structures pertinentes de l’État, aux institutions spécialisées, ainsi qu’aux organisations de la société civile (OSC), chacune en ce qui la concerne.
La Commission recommande spécifiquement au Gouvernement, au Parlement et au pouvoir judiciaire de renforcer la répression des abus et crimes commis sur les enfants et de garantir l’application rigoureuse et effective des dispositions légales relatives à la protection de l’enfant, y compris en veillant à ce que les auteurs d’infanticides et de violences à leur encontre fassent systématiquement l’objet de poursuites judiciaires accélérées et de sanctions pénales exemplaires, conformément au principe de tolérance zéro.
La Commission recommande spécifiquement au ministère des Affaires sociales (MINAS) de veiller à l’aménagement d’infrastructures d’eau, d’hygiène et d’assainissement accessibles et adaptées aux enfants en situation de handicap dans tous les établissements publics accueillant lesdits enfants.
Source : celcom CDHC




