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JIF 2026/Yvette NDEDI éspe ASSENG : « Tant qu’il y aura la souffrance, Everest sera solidaire des nécessiteux… »

La Présidente Fondatrice du regroupement de femmes plurielles, dénommé EVEREST créée en janvier 2019, milite pour une cause noble : l’épanouissement de l’être humain. La 41e édition de la Journée internationale de la femme, le 8 mars 2026, donne l’occasion à cette dynamique dame de faire le tour d’horizon des sujets qui touchent la condition des femmes camerounaises. Morceau choisi.

1- Madame, pourriez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Je me nomme Yvette Mimosette NDEDI éspe ASSENG. Je suis la Présidente Fondatrice du regroupement de femmes plurielles dénommé EVEREST créée en janvier 2019. Notre association milite pour une cause noble : l’épanouissement de l’être humain. En 7 ans d’existence, bien qu’il ne soit pas prétentieux de nous féliciter pour le chemin parcouru, mes consœurs et moi sommes conscientes que beaucoup reste à faire. A notre actif, nous comptons de nombreuses remises de dons à des cibles variées pour la plupart nécessiteuses ; des appuis scolaires pour la promotion de l’éducation surtout chez la jeune fille ; la participation aux commémorations de certaines journées mondiales (SIDA, Cancer…) par des campagnes de sensibilisation collectives et de proximité, des soutiens multiformes aux malades. Et comme il est nécessaire de joindre l’utile à l’agréable, nous ne nous privons pas de nous offrir de bons et beaux moments récréatifs ou la paix, l’amour, la convivialité et le respect sont les maitres-mots.

2- Les femmes du Cameroun se joignent à la communauté internationale pour jeter un regard sur leurs devoirs et droits à l’occasion d’une journée à elles dédiée. Selon vous, s’agit-il d’une célébration ou d’une commémoration ?

La Journée Internationale des Droits des Femmes est à la fois une commémoration et une célébration.
Commémoration parce que cette journée marque un temps d’arrêt sur les luttes historiques menées par les femmes pour la revendication et la reconnaissance de leurs droits et leur dignité.
Célébration parce qu’il y a un aspect plus que festif, du moins dans certains pays ; notamment au Cameroun. On peut citer le port du pagne, les activités multiples, la grande parade lors des défilés, les réjouissances… Bref, on note une très grande mobilisation de femmes et d’hommes pour non seulement célébrer la Femme dans sa splendeur, mais aussi célébrer les victoires, le dynamisme, la résilience de la Femme en général et de la Camerounaise en particulier. En résumé le 8 mars est une commémoration qui se célèbre et qui va bien au-delà d’une simple festivité.

3- Les manifestations, au Cameroun, se déroulent dans un contexte marqué par une actualité brûlante : les féminicides. Quelle est l’analyse que vous faites de ce phénomène inquiétant ?

Les féminicides au Cameroun, comme dans d’autres sociétés sont un fléau social qui nécessite une réflexion profonde. Il s’agit de la vie que chacun de nous a reçue gratuitement du Seigneur qui nous est ôtée lâchement par un individu pour une raison qui ne convainc que lui. Il est encourant de savoir que pendant que nous militons pour le respect et la défense de nos droits, pour l’amélioration de notre condition dans la société, pour notre épanouissement que nous soyons encore là à nous préoccuper du droit fondamental à la vie pour les femmes. C’est impensable, inacceptable.

Oui il faut être honnête et reconnaitre que nous vivons dans une société qui a des maux profonds. La misère financière associée à la misère mentale et spirituelle cause beaucoup de mal qui dégénère le plus souvent en drames : violences domestiques, crises dans les relations de couple, dépendance économique ou encore difficultés dans la gestion des conflits.
Mais Rien, absolument rien, ne justifie l’assassinat d’un être humain encore plus d’une femme. C’est lâche de le faire.

4- Les femmes ont de plus en plus voix au chapitre dans la vie de la nation. En témoignent les derniers discours du Chef de l’État. Mythe ou réalité ? Quel est l’accueil que vous faites de ces sorties du Président de la République ? Quelles sont les réelles attentes de la femme camerounaise ?

Le Président de la République l’a dit clairement, c’est notre septennat (rire). C’est une reconnaissance forte du rôle essentiel joué par la gente féminine pour l’équilibre et le développement de nos sociétés. Nous attendons juste la concrétisation de cette promesse. Ce serait un secret de polichinelle de rappeler que la femme camerounaise a des compétences ; nous sommes multitâches, multifonctions, nous sommes plurielles. Nous attendons nous voir confier des responsabilités que nous saurons menées avec efficacité et brio et ce, dans tous les domaines. Les femmes sont et restent disposées à servir. Nous souhaitons avoir les mêmes opportunités dans l’accès aux fonctions publiques, politiques de haut niveau…

5- Quel sens donnez-vous au thème de la 41ᵉ édition : « Droits. Justice. Action. Pour TOUTES les femmes et les filles » ?

Le thème est très interpellateur et résonne comme une nécessité absolue. C’est un nouvel appel à l’autonomisation, l’inclusion et la justice. C’est également un appel à la solidarité agissante entre les femmes et en fin c’est une invite des femmes à l’action pour que chaque femme, chaque fille puisse vivre librement et dignement.

6- Avez-vous un message particulier à adresser à travers notre journal ?

Déjà merci pour cette plage d’expression gracieusement offerte. Ceci prouve à suffisance que vous êtes sensibles aux problèmes des femmes. Nous espérons qu’à travers vous, homme des médias, la sensibilisation sera davantage accentuée pour mettre fin aux nombreux feminicides enregistrés.
Nous profitons également de cette tribune pour exprimer notre sincère reconnaissance à tous les partenaires et donateurs qui accompagnent les actions d’EVEREST. Nous pensons notamment à Synergies Africaines contre le Sida et les Souffrances, ainsi qu’à toutes les personnes et institutions. Les besoins restent nombreux et nous savons pouvoir compter sur eux pour notre prochaine action sociale.

Tant qu’il y aura la souffrance, Everest sera solidaire des nécessiteux. La solidarité n’est pas un simple mot : c’est un engagement qui peut transformer des vies.

Propos recueillis par Bertrand TJANI

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