
La Journaliste, Cheffe de la Cellule de Communication du Ministère des Transports et membre de La Fondation La Main Tendue et de l’association « Les Dames de cœur » répond aux préoccupations de l’heure relatives à la condition de la femme camerounaise, à l’occasion de la journée à elle dédiée, le 08 mars 2026.
1- Madame, pourriez-vous vous présenter à nos lecteurs ?
Je suis Estelle NGO BOUGHA épouse OTTOU, je suis Journaliste, Cheffe de la Cellule de Communication du Ministère des Transports. Je suis également membre de La Fondation La Main Tendue et de l’association « Les Dames de cœur ».
2 – Les femmes du Cameroun se joignent à la communauté internationale pour jeter un regard sur leurs devoirs et droits à l’occasion d’une journée à elles dédiée. Selon vous, s’agit-il d’une célébration ou d’une commémoration ?
La Journée Internationale de la Femme ou encore Journée Internationale des Droits de la Femme est une Journée de reconnaissance pour les femmes. Celles-là qui se mettent en avant pour défendre les droits de celles qui portent et donnent la vie à l’humanité toute entière. La femme, considérée comme une couche sociale vulnérable très souvent victime de plusieurs injustices et frustrations dans la société.

3- Les manifestations, au Cameroun, se déroulent dans un contexte marqué par une actualité brûlante : les feminicides. Quelle est l’analyse que vous faites de ce phénomène inquiétant ?
Au premier trimestre de l’année 2026, le MINPROFF a recensé plus d’une quinzaine de feminicides. C’est très alarmant et cela démontre à suffisance la vulnérabilité de la jeune fille et de la femme dans notre société. C’est un phénomène qui mérite d’être mis sur la table des discussions. Nous vivons dans un monde où les femmes sont tout le temps jugées. Le pire, c’est que les premières à le faire, ce sont les femmes. Aujourd’hui, les femmes sont de plus en plus maltraitées dans des mariages ou des unions libres. Lorsqu’elles veulent s’exprimer, elles font l’objet de brimades, d’insultes qui peuvent aller jusqu’à la mort. Elles souffrent en silence dans des relations qui peuvent leur être fatales. L’éducation au mariage se concentre beaucoup plus sur la femme. C’est elle qui doit tout apprendre pour mettre son mari à l’aise. Est-ce qu’on donne la même éducation au garçon qui est aussi appelé à être Chef de famille un jour. Alors, il est important que les familles assument leurs responsabilités et revoyent la façon dont est faite l’éducation des enfants, filles ou garçons. Les femmes doivent également comprendre qu’elles ont leur part de responsabilité dans la mesure où ce sont elles qui passent plus de temps avec les enfants. Elles sont chargées de leur transmettre des valeurs. Les femmes doivent comprendre que le mariage n’est pas une fin en soi. Lorsque ça ne va vraiment pas, il faut avoir le courage d’arrêter. Lorsqu’il donne le premier coup, il faut savoir dire « non ». On ne sait jamais le jour où viendra le coup fatal. Notre société doit enfin mettre en place un cadre légal qui permette d’encadrer et de protéger la fille, la femme, la veuve qui est souvent victime de violence des familles ou des enfants après le décès de son époux. Nos parlementaires doivent réfléchir sur comment voter des lois qui vont encadrer et protéger la femme.
4- Les femmes ont de plus en plus voix au chapitre dans la vie de la nation. En témoignent les derniers discours du Chef de l’État. Mythe ou réalité ? Quel est l’accueil que vous faites de ces sorties du Président de la république ? Quelles sont les réelles attentes de la femme camerounaise ?

J’ai accueilli avec satisfaction le discours d’investiture du Président de la République, Chef de l’État, Son Excellence Paul BIYA, qui a placé la Femme dans ses priorités durant ce septennat des Grandes Espérances. D’ailleurs, depuis son accession à la Magistrature Suprême, la participation des femmes dans les politiques publiques et les centres de prises de décision s’est améliorée de façon considérable. Aujourd’hui, nous avons des femmes à toutes les instances de pouvoir (Ministre, Juge, Journaliste, Directeur général, Directeur d’administration centrale, militaire, médecin, etc). D’ailleurs, ses premières nominations de ce septennat ont porté sur les femmes à l’instar de la nomination de Marie-Claire Dieudonnée NSENG-ELANG comme première femme Procureur général près la Cour suprême. J’ai la ferme conviction que la promotion des femmes se fera de façon croissante durant ce septennat. Mais, il reste encore beaucoup à faire car les femmes sont généralement placées en second quand bien elles méritent d’être placées en avant. Le vrai problème des femmes dans notre société se situe au niveau de nos familles et de notre environnement socio-professionnel. Des mesures doivent être prises pour protéger les droits des femmes au niveau de nos familles et de l’environnement socio-professionnel. Des lois doivent être votées pour que cela soit consolidé.
5 – Quel est le sens à donner au thème de la 41e édition de votre journée ?
« Justice. Égalité. Actions. Pour toutes les femmes et les jeunes filles. » C’est un thème très évocateur pour ce septennat qui ambitionne de mettre en place les femmes comme priorité. Il s’agit de promouvoir une société où les femmes ont les mêmes droits que les hommes. Les droits qui sont protégés dans une société où la Justice règne. Ce thème rappelle que les droits des femmes ne sont pas seulement à proclamer mais aussi à protéger et à promouvoir à travers des actions concrètes. L’action appelle à la mise en œuvre d’initiatives mesurables, capables d’améliorer le quotidien des femmes dans les différents secteurs d’activités.
6 – Si vous avez une autre préoccupation particulière, vous avez l’opportunité de l’exprimer à travers notre journal.
Les femmes doivent comprendre que les hommes ont l’autorité mais elles ont le pouvoir. Elles sont le principal catalyseur pour que leurs droits soient respectés et valorisés. Le 8 mars n’est pas une proclamation de guerre aux hommes mais une Journée qui leur ait consacrée afin que soit mise en place une société où les hommes et les femmes vivent en harmonie.
Merci brave et dynamique Dame !
Propos recueillis par Bertrand TJANI



