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Gabon : le Ndjobi une tradition présentée comme rempart contre la corruption

Le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema entend renforcer les exigences d’intégrité au sein de son gouvernement. Une mesure présentée comme symbolique et fortement ancrée dans les traditions africaines prévoit que les membres du gouvernement prêtent serment sur le Ndjobi (ou Ndzobi), une pratique spirituelle traditionnelle à laquelle sont associés le respect des lois, de la parole donnée et des principes moraux.
Selon les informations relayées autour de cette initiative, le Ndjobi est présenté comme un dispositif traditionnel visant notamment à rappeler aux responsables publics leurs devoirs envers la communauté. Le rituel serait associé à des valeurs telles que la loyauté, l’honnêteté, la responsabilité et le respect des engagements.
Une réponse symbolique aux dérives de la gouvernance
Dans un contexte où la lutte contre la corruption, les détournements de fonds publics et la trahison de la confiance accordée aux dirigeants occupent une place importante dans le débat public gabonais, cette démarche se veut avant tout un avertissement solennel.
Le serment imposerait aux ministres une obligation morale de servir l’État et les citoyens avec probité. Les notions de vol, de corruption, de meurtre, de trahison, de haine ou encore d’infidélité sont traditionnellement associées, dans les récits entourant le Ndjobi, à des interdits dont la violation est considérée comme lourde de conséquences.

Le Ndjobi est une pratique traditionnelle d’Afrique centrale, particulièrement connue dans certaines communautés du Gabon et de la sous-région. Elle est généralement décrite comme un système de valeurs, de règles et de pratiques initiatiques destiné à préserver l’ordre social et à sanctionner certains comportements jugés contraires aux normes de la communauté.
Son éventuelle utilisation dans le cadre de la prestation de serment des responsables politiques donnerait ainsi une dimension culturelle et spirituelle particulière à l’engagement gouvernemental.


Une mesure qui fait débat
Au-delà de son caractère spectaculaire, cette initiative soulève toutefois des interrogations sur la place des pratiques traditionnelles et spirituelles dans les institutions modernes. Pour ses défenseurs, le recours au Ndjobi permettrait de renouer avec des valeurs africaines et de responsabiliser davantage les dirigeants.
Pour d’autres observateurs, l’efficacité d’une telle démarche dépend surtout de l’existence de mécanismes institutionnels solides : contrôle des finances publiques, justice indépendante, transparence, sanctions contre les auteurs de détournements et obligation de rendre compte.
Le recours au Ndjobi pourrait donc être perçu comme un symbole fort, mais il ne saurait à lui seul remplacer les dispositifs juridiques et administratifs nécessaires à la lutte contre la corruption.
Cette initiative traduit néanmoins une volonté affichée de placer la probité et la responsabilité au cœur de l’action gouvernementale gabonaise, tout en donnant une place particulière aux références culturelles du pays.

Ernesthine BIKOLA

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