
Le Fonds monétaire international et le gouvernement du Sénégal ont annoncé, le 1er septembre 2026, un accord de coopération financière portant sur un prêt de 2,2 milliards de dollars américains. Ce nouvel accord intervient deux ans après la suspension du précédent programme de financement et coincide avec la révélation d’une dette publique cachée dépassant les 9 milliards de dollars.
Le ministre sénégalais de l’Économie et des Finances, Cheikh Diba, a présenté cette initiative comme un moyen de réduire progressivement la pression budgétaire et de rétablir les marges de manœuvre financière de l’État pour financer ses priorités nationales.
L’accord de financement s’inscrit dans une période de turbulence politique et économique au Sénégal. Depuis son limogeage en mai dernier par le chef de l’État Bassirou Diomaye Faye, l’ancien Premier ministre Ousmane Sonko occupe désormais le poste de chef du Parlement, tandis que la gestion des finances publiques demeure au cœur des enjeux gouvernementaux.
Sur une période de trois années, du 1er janvier 2026 au 31 décembre 2029, le FMI versera les 2,2 milliards de dollars en tranches semestrielles. Selon Cheikh Diba, cette restructuration de la dette n’est pas une fin en soi, mais plutôt un outil permettant de réduire progressivement les pressions exercées sur le budget national. Le ministre a également précisé que de l’argent devait à la fois soutenir le remboursement des obligations de Dakar et financer son programme de réformes économiques et financières.
L’accès à ce financement du FMI a néanmoins requis du Sénégal qu’il s’engage à « traiter sa dette ». Selon le ministre, depuis la suspension de son précédent crédit il y a deux ans, Dakar a été obligée de continuer à emprunter pour rembourser sa dette, mais à des taux d’intérêt de plus en plus élevés. Pour illustrer la gravité de la situation, Cheikh Diba a donné un exemple : sur 100 francs de la Communauté financière africaine (franc CFA) gagnés par l’État sénégalais en entrées fiscales ou autres, 25 francs CFA soit un quart partent uniquement au remboursement des intérêts de la dette.
La mission d’appui du FMI, menée entre le 19 août et le 1er septembre 2026 sous la direction de Mercedes Vera Martin, a requis également « la réception des assurances de financement nécessaires de la part des partenaires du Sénégal ». Cet accord de 36 mois, qualifié de « Facilité élargie de crédit » (FEC), demeure soumis à l’approbation du Conseil d’administration de l’institution de Bretton Woods, qui doit encore valider les mesures correctives destinées à éviter que de nouvelles dettes publiques ne puissent être dissimulées.
Le contexte politique récent de certains pays africains montre à quel point de telles crises de trésorerie nationale peuvent secouer les gouvernements. Au Sénégal, la révélation d’une dette cachée de plus de 9 milliards de dollars contractée par l’administration précédente a gravement compromis la confiance dans la gestion des finances publiques et justifie à présent la vigilance du FMI sur la transparence budgétaire.
Victoire Nkana



