Input your search keywords and press Enter.

DJOUM : des femmes aux commandes, la filiere manioc passe à la vitesse supérieure

Créée en 2024, la coopérative les fermiers de Djoum exploite 20 hectares avec 24 membres. Soutenue par la commune, encadrée par le ministère des petites et moyennes entreprises, de l’économie sociale et de l’artisanat et portée à 100% par des femmes, l’atelier de renforcement des capacités de la filière Manioc et femmes de la Zone de libre échange africaine qui s’est ouvert ce Jeudi 08 Octobre 2026 à l’hôtel de Ville,veut faire du manioc un moteur économique local, diversifié et tourné vers l’exportation régionale et internationale.

Tout part de là. En 2024, 24 producteurs, majoritairement des femmes, décident de faire du manioc plus qu’une culture vivrière : une chaîne de valeur.

Aujourd’hui, le pari prend forme : 17 hectares exploités en propre, plus 3 hectares mis à disposition par le projet FREEDOM, soit 20 hectares au total. Les variétés à haut rendement TME 419 et TME 8034 sont privilégiées, avec un rendement estimé à 20 tonnes par hectare.

« Nous sommes convaincus que cette culture peut devenir une véritable chaîne de valeur créatrice de revenus, d’emplois et d’opportunités pour les femmes et les jeunes », explique Madame Awoh Nadine PCA de la coopérative.

Pour la prochaine campagne, la coopérative annonce la structuration dans certaines sous-pôles de production pour rapprocher la production des communautés.

Sur le terrain, les pouvoirs publics ont tenu à marquer leur présence. L’autorité communale affiche sa satisfaction.

« En tant que Mairie de Djoum, nous ne pouvons qu’accompagner cette dynamique. Quand nos jeunes et nos femmes s’organisent pour produire, c’est toute la commune qui gagne. Le conseil municipal est derrière vous », a déclaré le Maire de Djoum.

Un soutien qui se veut concret : la Commune s’engage à faciliter l’accès à la terre et à accompagner toutes les étapes, « de la production à la mise en place de l’unité de transformation et d’exportation ».

La diversification : du bâton de manioc au charbon écologique

Au-delà de la tubercule, la Coordinatrice du projet, Madame Ze Patricia, la filière manioc dévoile la nouvelle vision : produire plus, produire mieux, et surtout transformer.

« Il s’agit de vous accompagner à produire plus, à produire mieux, à transformer et à avoir des produits de qualité, dont notamment le tapioca, les farines, l’amidon, le bâton de manioc de manière à pouvoir en vivre. » Déclare Mme Ze Patricia,Chef de projet

Et la nouveauté : le charbon écologique

« D’autres produits peuvent s’ajouter comme le charbon écologique, qui intervient dans la préservation des écosystèmes et qui vous permettra d’exporter vers les marchés de la sous-région et même internationaux. » Réaffirme t’elle.

Dans son plaidoyer, elle remercie la Mairie et interpelle directement les partenaires présents : microfinances, organisations internationales, et fondations engagées pour l’entrepreneuriat féminin.

MINPMEESA : la ZLECAf comme horizon

Pour la Délégation Départementale du MINPMEESA du Dja-et-Lobo, l’heure est à la conquête du marché africain.

« L’entrée en vigueur de la ZLECAf ouvre de nouvelles perspectives. Cette vaste zone offre un marché de plus d’un milliard de consommateurs. C’est une opportunité historique pour les femmes entrepreneures de valoriser le bâton, le gari, la farine, les chips. » Affirme M. Obiang délégué départemental MINPMEESA Dja et Lobo

Mais l’avertissement est clair :

« Les marchés africains sont désormais plus ouverts mais ils deviennent aussi plus exigeants. Il est indispensable de mettre l’accent sur la qualité, le respect des normes d’hygiène et de conditionnement et l’innovation. »

Le Ministère assure qu’il reste aux côtés des coopératives pour la formalisation et l’appui à l’entrepreneuriat féminin.

Pour dynamiser cette filière , les coopératives de Djoum sont officiellement invitées à la 2ème édition du Marché Coopératif les 27 et 28 novembre à Kye-ossi pour exposer leur savoir-faire.

Les obstacles et l’appel à partenaires

Le modèle est en place, mais les blocages persistent : accès difficile aux parcelles, manque de matériel agricole, coût de la main d’œuvre, transport, stockage et fonds de roulement.

La coopérative lance un appel structuré en 3 volets : sur le plan Technique,l’équipement de préparation des sols, récolte, transport et première transformation.

Sur le plan financier : Financement de la main d’œuvre et constitution d’un fonds de roulement adapté au cycle agricole.
Sur le plan Commercial, Transformateurs, grossistes, distributeurs et acheteurs institutionnels pour sécuriser les débouchés.

« Notre démarche est fondée sur une logique de chaîne de valeur. C’est cette articulation qui permettra de transformer une activité agricole en véritable moteur économique local. » Précise Mme Awoh Nadine PCA de la coopérative

Avec son positionnement stratégique aux portes du Gabon, du Congo et de la Guinée équatoriale, Djoum veut désormais transformer son manioc en produits d’exportation made in Cameroun.

Luther SANA

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *