
La finale de la 35ème édition de la Coupe d’Afrique des Nations entre le Sénégal et le Maroc aurait pu basculer dans le chaos. Si les Lions de la Teranga ont fini par soulever le trophée, c’est grâce à l’intervention providentielle d’un homme qui connaît le continent mieux que quiconque : Claude Le Roy.
On ne présente plus Claude Le Roy. Ancien sélectionneur du Cameroun, du Sénégal, de la RD Congo et de bien d’autres nations, le technicien français a troqué son banc de touche pour le micro de consultant. Pourtant, sa présence au stade Prince Moulay Abdallah de Rabat ce soir de finale a rappelé à tous que son influence dépasse largement le cadre médiatique.
Alors que la tension était à son comble, le « Sorcier Blanc » a dû quitter son costume de spectateur pour endosser celui de médiateur, évitant ainsi un séisme diplomatique et sportif au cœur du royaume chérifien.
Le tournant du match n’a pas été un but, mais une décision arbitrale contestée. Excédé, Pape Thiaw, le sélectionneur sénégalais, a pris la décision radicale de demander à ses joueurs de regagner les vestiaires. Dans la confusion la plus totale, alors que le monde entier craignait un forfait historique en pleine finale, un échange de regards a tout changé.
Sadio Mané, leader emblématique des Lions, s’est tourné vers la tribune pour consulter Claude Le Roy. Un échange de quelques secondes, empreint de respect et de sagesse, a suffi à ramener le calme.

« Je lui ai fait comprendre que vous êtes encore à 0-0. Rien n’est perdu, il faut jouer », a simplement déclaré le technicien français au micro de Canal+, avec le calme de celui qui a tout vécu sur les pelouses africaines.
Un désastre médiatique évité de justesse
En convainquant les Sénégalais de reprendre la partie, Claude Le Roy n’a pas seulement sauvé un match ; il a préservé l’image de la Confédération Africaine de Football (CAF) et l’organisation marocaine. Une finale interrompue aurait été une tache indélébile sur une compétition qui se voulait être la vitrine de l’excellence africaine.
Le Sénégal l’a finalement emporté, mais cette victoire laisse un goût de soulagement teinté d’amertume. Si la fête a repris ses droits, l’épisode soulève de réelles inquiétudes sur la pression entourant l’arbitrage et la gestion des émotions lors des grands rendez-vous.
Quel avenir pour le football continental ?
Entre joie, larmes et polémiques, la CAN marocaine s’achève sur une note contrastée. Si le trophée s’envole pour Dakar, le Sénégal pourrait faire face à des sanctions pour son mouvement d’humeur initial. Au-delà des scores, une question demeure dans tous les esprits : quel avenir pour le football africain si ses plus grandes finales ne tiennent qu’à la sagesse d’un homme de l’ombre ?
Luther SANA



