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Cameroun-nécrologie : Alexis Dipanda Mouelle n’est plus

L’ancien premier président de la cour suprême du Cameroun s’est éteint, ce lundi 4 Mai 2026, à douala, à l’âge de 84ans, des suites de maladie.

C’est une page de l’histoire judiciaire et politique du pays qui se tourne. Alexis Dipanda Mouelle, natif de Bonakou Bwapaki dans le département du Moungo, a rendu l’âme en ce début du mois de mai 2026. Sa disparition intervient dans un contexte familial déjà endeuillé : seulement trois mois plus tôt, il perdait son épouse, compagne d’une vie entière.  Avec lui disparaît l’une des figures les plus influentes de la magistrature camerounaise, dont le nom reste intimement lié aux grandes turbulences politiques des années 90 et au virage multipartite du pays.

Magistrat de haut rang, Alexis Dipanda Mouelle a présidé aux destinées de la Cour suprême pendant vingt-quatre années consécutives, de 1991 à 2015. Une longévité institutionnelle rare, qui témoigne à la fois de la confiance placée en lui par les plus hautes autorités de l’État et de l’autorité morale qu’il avait su imposer au sein de l’appareil judiciaire camerounais.

Son nom restera gravé dans la mémoire collective camerounaise pour un moment historique particulièrement chargé : la proclamation des résultats de l’élection présidentielle de 1992. Dans un contexte de forte effervescence politique retour au multipartisme, mouvement des « villes mortes », montée en puissance de l’opposition, c’est Alexis Dipanda Mouelle qui annonça la réélection du président Paul Biya avec 39,98 % des voix, face à John Fru Ndi du SDF. Une décision qui plaça le magistrat au cœur d’une controverse politique dont les échos résonnent encore dans la mémoire nationale. Quelles que soient les lectures que l’histoire fait de ce moment, une chose demeure indiscutable : Alexis Dipanda Mouelle a été l’un des hommes d’État les plus crédibles du pays. Par ses décisions, il a contribué à façonner le paysage institutionnel et politique d’un pays en pleine mutation démocratique.

La magistrature africaine perd en lui un de ses piliers. Le Cameroun perd un homme dont l’empreinte, pour le meilleur ou pour le débat, aura durablement marqué son histoire.

La rédaction de 237 infos.net présente ses condoléances les plus sincères à sa famille, à ses proches et à l’ensemble de la communauté judiciaire camerounaise.

Victoire NKANA

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