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Cameroun : le ministre des Travaux publics dissipe la polémique autour de la construction de la route nationale n° 15

Un texte circule dans les réseaux sociaux en rapport avec la construction de cette route et plus précisément les lots 2 et 3, Ntui-Mankim et Mankim-Yoko.

A travers la cellule de communication du ministère des Travaux publics, Emmanuel Nganou Djoumessi apporte des éclairages sur la controverse autour du chantier routier Batchenga- Ngaoundéré en passant par Ntui-Makim et Mankim-Yoko. « La construction de la route nationale 15, Batchenga- Ngaoundéré via les villes de Ntui, Yoko, Lena, Tibati est le projet actif le plus important en ce moment, de par son linéaire, son coût en termes d’investissement et ses retombées socio-économiques », a indiqué le Dr Corine Esse, responsable de la communication au ministère des Travaux publics. Selon elle, les travaux lancés en 2017 sur certaines sections se poursuivent avec satisfaction sur le plan général. « Ils sont achevés sur la section Yoko-Lena et en cours d’achèvement sur la section Batchenga-Ntui, tandis qu’ils se poursuivent avec un taux d’avancement de 56,52% au niveau des lots 5 et 6 Lena-Sengbe-Tibati », a-t-elle informé.

Nuances

Toutefois, relève la communicatrice, il faut noter que ce projet connaît des perturbations du fait des performances de l’entreprise Elevolution, adjudicataire des lots 2 et 3; Ntui-Mankim et Mankim-Yoko d’un linéaire respectif de 96,7 km et 82,1 km. « Pour m’étendre de manière précise sur ces deux lots, je dirais que l’attribution s’est faite sur la base du moins disant. La question qui pourrait venir immédiatement à l’esprit est de savoir pourquoi confier deux lots à la même entreprise? La réponse est que la proposition de prix de l’entreprise Elevolution était conditionnée par l’attribution des deux lots, c’est à dire que l’application du prix concurrentiel bas qu’Elevolution proposait n’était valable que si l’entreprise était attributaire des deux lots », a-t-elle précisé. Conséquence logique, informe-t-elle davantage, Elevolution s’est voit attribuée les deux lots. Ce qui n’est en rien une curiosité. Car, fait-elle savoir, Sogea Satom est également adjudicataire de deux lots sur la même nationale. « Après l’attribution, vient l’avance du démarrage qui est octroyée à l’entreprise, pour un montant d’environ 17 milliards Fcfa. Les problèmes entre le co-contractant et le maître d’ouvrage commencent lorsqu’on constate la faible mobilisation de l’entreprise sur les deux lots. Une faiblesse qui se caractérise par le manque d’engins, la non mobilisation des personnels, les rapports de la mission de contrôle (Groupement Cira/Bec la Routière) et d’autres manquements qui ont justifié les premières mises en demeure de l’entreprise », éclaire Corine Esse, avant d’ajouter que dans sa démarche habituelle d’accompagnement des entreprises, le ministre des Travaux publics a essayé de tenir des réunions avec les responsables de cette entreprise ainsi que les autres acteurs du projet, dans le cadre des revues de chantiers : « Une démarche qui, hélas, n’a pas poussé Elevolution à la réaction. Les inquiétudes étaient également partagées par le bailleur de fonds du lot 2, Ntui-Mankim, financé par la Banque africaine de Développement à travers le Fonds africain de Développement. Une mission du bailleur s’est effectuée dans ce cadre au courant de l’année 2019, laquelle mission a conduit à la décharge de l’entreprise Elevolution sur le lot 2, Ntui-Mankim ». On pourrait me demander pourquoi à ce niveau le contrat de l’entreprise n’a pas été résilié sur le lot 3, Mankim-Yoko, s’interroge-t-elle. Les bailleurs ne sont pas les mêmes et par conséquent les procédures sont plus complexes, le lot étant en financement conjoint Bad-Jica. Le lot 3 est donc resté sous le contrôle de Elevolution, qui a sollicité depuis près d’un an, un sous-traitant comme le font d’ailleurs plusieurs entreprises.

S’agissant des travaux sur le lot 2, a renchéri Corine Esse, ils sont actuellement en arrêt et la procédure pour le remplacement de l’entreprise Elevolution est en cours. Le maître d’ouvrage est en attente de la non objection du bailleur pour l’attribution. « Après consultation, deux entreprises ont été proposées dans le but d’intensifier les travaux dès leur démarrage, et ce, sur deux fronts. Le calendrier prévoit l’attribution courant juin 2020 et la reprise immédiate des travaux y afférents.

Selon Mathurin Zanga, coordonnateur de la cellule des projets à financement conjoint Bad-Bm, le chantier Batchenga-Ntui-Yoko-Lena-Tibati est le plus important projet routier mis en œuvre par le gouvernement du Cameroun ces dernières années. D’abord, il couvre un linéaire de 380 km. Ensuite, il est financé par six partenaires techniques et financiers, et le gouvernement pour mobiliser 360 milliards Fcfa. Enfin, il a permis de franchir une importante barrière physique en construisant un pont de 400 m sur le fleuve sanaga à Natchigal. Ce responsable affirme que le lot Ntui-Mankim confié à l’entreprise Elevolution a connu des difficultés ayant amené le maître d’ouvrage, après avis des partenaires financiers concernés, à résilier le marché et à relancer une procédure d’acquisition ouverte.

En ce qui concerne le coût du projet, relève l’expert, il faut relativiser cet indicateur. Car, « l’offre compétitive de l’entreprise n’est pas le coût du lot. Toutefois, dans la procédure en cours, les acquis du premier marché seront valorisés, notamment les bases construites, les terrassements exécutés… Il faut attendre les nouvelles offres pour apprécier. Néanmoins, on peut dire que l’avis d’appel d’offres ayant été publié, nous auront environ quatre mois pour installer une nouvelle entreprise sur le site ».  

Bertrand TJANI

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