
Le Chef de l’État, Paul Biya, a officiellement tranché sur le calendrier électoral local. Par le décret n°2026/166 signé le 4 mai 2026, il a prorogé le mandat des conseillers municipaux élus en 2020 jusqu’au 28 février 2027. Une décision rendue possible grâce à une récente révision du Code électoral, qui reconfigure en profondeur l’agenda politique national pour les mois à venir.
Alors que le mandat des élus municipaux arrivait à échéance en juin 2026, le décret présidentiel vient leur accorder un sursis de neuf mois supplémentaires. Cette prorogation permet aux équipes municipales actuellement en place de poursuivre leurs fonctions dans l’ensemble des communes du pays.
L’article 1er du texte est sans ambiguïté: cette prolongation court jusqu’au 28 février 2027, sauf en cas de convocation anticipée du corps électoral. Toutefois, cette éventualité semble peu probable au regard des signaux politiques actuels, qui laissent entrevoir un regroupement des élections municipales et législatives en début d’année prochaine.
Cette décision s’appuie sur une modification récente du Code électoral adoptée par l’Assemblée nationale en avril 2026. Ce nouveau dispositif confère au président de la République une marge de manœuvre élargie pour proroger les mandats municipaux, sans limitation stricte de durée.
Pour le gouvernement et la majorité, cette évolution vise à garantir une meilleure organisation des scrutins, en tenant compte des contraintes techniques, logistiques et financières. L’objectif affiché est d’assurer des élections plus crédibles et apaisées.
Une décision qui divise
Mais cette prorogation ne fait pas l’unanimité sur la scène politique. Dès l’adoption de la réforme électorale, plusieurs partis d’opposition et organisations de la société civile ont exprimé leur inquiétude face à ce qu’ils qualifient de « glissement électoral ».
Selon ces critiques, le report des échéances locales pourrait porter atteinte à la vitalité démocratique, en retardant le renouvellement des élus et en prolongeant artificiellement les mandats en cours.
À l’inverse, les soutiens du pouvoir défendent une approche pragmatique, estimant que la stabilité institutionnelle et la bonne préparation des élections doivent primer sur le respect strict du calendrier initial.
Cap sur 2027
Avec ce décret, le cap politique est désormais fixé: l’année 2027 s’annonce comme un moment clé pour le renouvellement des institutions locales et législatives au Cameroun. En attendant, les conseillers municipaux bénéficient d’un répit bienvenu, tandis que les partis politiques entrent dans une phase de préparation stratégique prolongée.
Reste à savoir si ce délai supplémentaire contribuera à apaiser le climat politique ou s’il accentuera les tensions à l’approche des prochaines échéances électorales.
Ernesthine BIKOLA



