
La 15ème édition du Café littéraire de la Caisse Nationale de Prévoyance Sociale a mis en lumière « Pari du Parti unique », un recueil de poèmes de 75 pages de Simon Joël Eloundou. Une œuvre qui interroge la déchéance politique actuelle à l’aube de la palabre africaine et du modèle du parti unique.

Ce sont les amoureux de la poésie et de l’écriture qui ont pris d’assaut la salle de conférence de l’immeubke CNPS pour cette 15ème édition du Café littéraire. Une initiative qui confirme la volonté de l’institution de se positionner comme un acteur culturel au chevet de la création et de la résilience des auteurs camerounais.
A l’honneur ce jour, Simon Joël Eloundou et son œuvre « Pari du Parti unique ». Un recueil de 75 pages qui se veut une réflexion poétique et politique sur l’état de la société camerounaise.
Pour l’auteur, le constat est sans appel. Le modèle actuel a montré ses limites. Il porte un regard nostalgique mais critique sur l’époque du parti unique.
« L’auteur pense que lorsqu’on était dans le parti unique, il y avait une meilleure conservation de la gestion. On avait le suivi, on avait même la question du foncier. On avait même l’envie de participer à la construction nationale. Aujourd’hui, l’avènement de la démocratie a trop désagrégé », explique le prefacier
Une désagrégation qui, selon lui, touche le fondement même de notre vivre-ensemble. Dans « Pari du Parti unique », Simon Joël Eloundou évoque une véritable déchéance politique où la société se désintègre au quotidien.
L’auteur pousse la réflexion plus loin en convoquant un concept ancestral : la palabre africaine. Pour lui, la politique actuelle a vidé la démocratie de sa substance.
« Ce n’est pas seulement la politique qui s’en va, c’est la société qui perd son ordre protecteur. La palabre africaine était notre ville démocratique sacrée, le moment de la réconciliation, le temps de la vérité. Mais une urne sans palabre n’est qu’une boîte vide. Une compétition ne fait pas son peuple », martèle-t-il dans son recueil.
Face à ce constat, l’écrivain propose un retour aux fondamentaux, à la rigueur et à l’ordre social. Un appel à la responsabilité collective.
« Il faut revenir à la rigueur, que chacun prenne sa place, que les hommes prennent leur place, que les femmes prennent leur place, que comme avant, chacun sache quel est son rôle dans la société. »
Avec cette 15ème édition, le Café littéraire de la CNPS réussit une fois de plus son pari : offrir une tribune à la pensée critique et célébrer la résilience d’un auteur qui, à travers la poésie, ose questionner notre modèle démocratique.
Luther SANA



