
Avec la signature officielle de la Convention Constitutive du Centre de Formation aux Métiers d’Ébebda, le 16 juin 2026, sous la présidence du ministre de l’Emploi et de la Formation Professionnelle, Mounouna Foutsou, cette localité stratégique du Centre s’apprête à devenir un véritable pôle de compétences et de transformation agro-industrielle.

Au-delà d’un simple établissement de formation, le Centre de Formation aux Métiers (Cfm) d’Ébebda se présente comme un puissant outil de lutte contre le chômage, la précarité et l’informalité qui caractérisent encore une grande partie de l’économie camerounaise. Dans une zone où plus de 13 000 personnes exercent leurs activités dans le secteur informel, cette infrastructure ambitionne de transformer durablement le paysage économique local en mettant l’accent sur la qualification professionnelle et l’entrepreneuriat.
Une réponse concrète aux défis de l’emploi
Soutenu par le programme C2D-Formation Professionnelle, dont l’enveloppe nationale atteint 25 milliards de FCFA, le Centre de Formation aux Métiers d’Ébebda a été conçu pour répondre aux besoins réels du marché du travail. Son approche repose sur une pédagogie innovante privilégiant l’acquisition des compétences pratiques plutôt que la simple accumulation de connaissances théoriques.
Dès la rentrée prévue en octobre 2026, quelque 150 apprenants bénéficieront d’un enseignement structuré autour de plusieurs filières porteuses, notamment la transformation des produits agricoles, l’élevage, l’agroalimentaire et les métiers liés à l’assurance qualité. La formation sera assurée selon un modèle où 70 % du temps est consacré à la pratique et 30 % à la théorie, favorisant ainsi une insertion professionnelle rapide.
Ébebda, futur hub agro-industriel
Située sur l’axe stratégique Yaoundé-Bafoussam, au bord de la Nationale N°4, Ébebda occupe une position géographique privilégiée. Véritable carrefour économique, la ville reçoit quotidiennement d’importants flux de produits agricoles, halieutiques et d’élevage provenant de la Sanaga et de la Lekié.
Jusqu’à présent, une grande partie de ces ressources quittait la localité sans transformation, limitant considérablement les retombées économiques pour les populations locales. Le CFM entend inverser cette tendance en favorisant la création de chaînes de valeur sur place.
Le maïs produit dans la région pourra être transformé en aliments pour bétail, les fruits locaux en jus standardisés et les produits d’élevage en viandes conditionnées selon les normes modernes de qualité. Une dynamique qui contribuera à renforcer la compétitivité du « Made in Cameroon » tout en créant de nouvelles opportunités économiques.
L’une des principales forces du dispositif réside dans sa capacité à encourager l’auto-emploi. Les résultats enregistrés lors de la phase expérimentale sont particulièrement encourageants : près de 70 % des apprenants ont réussi à lancer leur propre activité après leur formation.

Le centre dispose notamment d’un showroom d’exposition et de vente où les apprenants pourront mettre en pratique leurs compétences commerciales, apprendre les techniques de gestion et se familiariser avec les réalités du marché. Cette immersion complète vise à former non seulement des techniciens qualifiés, mais également de véritables créateurs de richesses.
Le modèle de gouvernance adopté repose sur un Groupement d’Intérêt Public (GIP), associant l’État et des acteurs du secteur privé. Cette formule permet une meilleure adéquation entre les formations dispensées et les besoins des entreprises.
Les professionnels participeront directement à la définition des compétences recherchées, à l’encadrement des apprenants et à l’organisation des stages en alternance. Une approche qui facilite l’insertion professionnelle et réduit considérablement le risque de chômage à la sortie de la formation.
Un projet porteur d’espoir pour la jeunesse rurale
Avec un chantier réalisé à plus de 76 % et l’arrivée prochaine des équipements didactiques de dernière génération, le Centre de Formation aux Métiers d’Ébebda apparaît déjà comme l’un des projets les plus prometteurs du programme national de modernisation de la formation professionnelle.
En misant sur la transformation locale des ressources agricoles et sur le développement des compétences techniques, cette initiative pourrait faire d’Ébebda un modèle de développement territorial. Plus qu’un centre de formation, le CFM ambitionne de devenir un moteur de croissance, d’innovation et d’emploi pour toute la région du Centre, démontrant que la valorisation des ressources locales demeure l’un des leviers les plus efficaces pour bâtir une économie durable et inclusive.
Le rendez-vous est pris pour octobre 2026, date annoncée du lancement effectif des formations et du début d’une nouvelle aventure économique pour la jeunesse de la Lekié.
Ernesthine BIKOLA



