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Cameroun : 21,4 milliards de FCFA pour l’éclairage solaire, entre ambition urbaine et questions de gouvernance

La présidence de la République a donné son feu vert pour un vaste projet d’électrification rurale et urbaine. Si l’installation de 21 500 lampadaires solaires promet de transformer le visage des 360 communes du pays, les modalités de ce marché de gré à gré soulèvent d’importantes interrogations sur l’optimisation des deniers publics.

C’est par une correspondance de Ferdinand Ngoh Ngoh, Ministre d’État, Secrétaire Général de la Présidence, que l’autorisation a été transmise au ministère de l’Habitat et du Développement urbain (Minhdu). Ce projet, porté par la ministre Célestine Ketcha Courtès, vise à doter l’ensemble des communes du territoire national de solutions d’éclairage autonome.

Cette première phase prévoit la fourniture et l’installation de 21 500 lampadaires solaires. L’objectif est clair : améliorer la sécurité et la qualité de vie dans les zones urbaines et périurbaines, souvent délaissées par le réseau électrique conventionnel.

L’aspect le plus commenté de ce dossier reste le recours à la procédure de gré à gré. En s’affranchissant de l’appel d’offres public, le Minhdu négocie directement avec l’opérateur choisi, ici l’entreprise SUNNA DESIGN.

Si le Code des marchés publics réserve normalement cette procédure à des situations d’urgence impérieuse ou de sécurité nationale, son utilisation pour un projet d’infrastructure de cette envergure interpelle. Les observateurs y voient un risque pour la transparence et la saine concurrence, piliers d’une gestion rigoureuse des finances publiques.

Le point de friction majeur réside dans le montant global de l’enveloppe : 21,4 milliards de FCFA. Une division rapide permet d’établir un coût unitaire par lampadaire.

Alors que le projet entre dans sa phase opérationnelle, le débat dépasse désormais le simple cadre de l’ingénierie urbaine. Il devient un test pour la gouvernance des grands projets au Cameroun. Entre la nécessité d’éclairer les villes et l’impératif de « l’achat au juste prix », le gouvernement devra sans doute faire preuve de pédagogie pour rassurer l’opinion sur la pertinence de cet investissement.

La rédaction

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