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Cameroun : Action Civil 237 réclame transparence et dialogue national

Les leaders de la société civile camerounaise regroupés au sein d’Action Civil 237 se sont réunis mercredi 20 août 2026 au siège du Nouveau Droit de l’Homme à Yaoundé pour alerter l’opinion publique sur la crise institutionnelle en cours. Depuis plus de soixante-dix jours, le chef de l’État n’assure plus l’exercice complet de ses fonctions, a rappelé le collectif devant de nombreux journalistes.

Le diagnostic exposé est alarmant : la révision constitutionnelle d’avril 2026 a créé un blocage juridique en réintroduisant la fonction de vice-président comme successeur de premier rang, sans que cette position n’ait été pourvue. Cette configuration produit une impasse institutionnelle où aucune autorité n’aurait actuellement qualité pour saisir le Conseil constitutionnel en cas d’empêchement définitif du chef de l’État.

Plusieurs leaders ont justifié cette démarche. Jean Marc Bikoko ancien professeur d’histoire-géographie pendant plus de trente ans, a rappelé que la démocratie est le pouvoir du peuple, par le peuple et pour le peuple. « Le peuple a élu le Président Paul Biya en 2025. S’il l’a élu, il doit lui rendre des comptes. Or, après plus de soixante-dix jours sans nouvelles, il est de notre devoir de l’interpeller », a-t-il déclaré.

Dr Hilaire Kamga a soulevé la question cruciale de la transparence présidentielle, notant que même la parole publique du Président semble avoir disparu. « À 93 ou 94 ans, il est normal qu’une personne soit hospitalisée. C’est une information que les citoyens ont le droit de connaître », a-t-il affirmé.

La question de la délégation de signature a occupé une place centrale dans les débats. Action Civil 237 a exigé que soit rendu public l’ensemble des délégations en vigueur à la Présidence, distinguant clairement les délégations de signature des délégations de pouvoir. L’existence de décrets signés depuis juin 2026 ne prouve pas que le Président les a personnellement décidés, a précisé le collectif.

Face aux défis posés par cette crise, les leaders ont réaffirmé leur détermination collective. « Nous avons 400 à 500 organisations qui se rangent derrière cette démarche », a indiqué l’un des porte-parole, soulignant que plusieurs affichent des antécédents impressionnants de résistance et d’engagement civique.

Action Civil 237 formule des exigences précises : le Président doit assumer pleinement ses fonctions ou démissionner. Le Conseil constitutionnel doit clarifier les procédures de saisine. Les deux chambres du Parlement doivent tenir une session extraordinaire consacrée à cette question. Sur le plan de la gouvernance, la publication du rapport de la commission d’enquête mixte sur le trafic de l’or et la mise en œuvre effective de la déclaration des biens et avoirs sont exigées.

Le collectif demande également des garanties absolues en matière de libertés fondamentales, notamment la liberté de la presse et d’expression. Pour sortir de cette impasse, Action Civil 237 a proposé la mise en place d’une commission justice, vérité et réconciliation, permettant aux Camerounais de se réconcilier et de repenser les institutions démocratiques.

Le collectif s’engage à mettre en place une cellule citoyenne de crise chargée d’une veille permanente. Disposée à dialoguer avec tous les acteurs institutionnels et politiques, cette cellule se positionne en garde-fou contre toute tentative de règlement extra-constitutionnel de la crise.

« Nous ne sommes pas venus imposer une solution, mais alerter l’opinion et appeler à la réflexion », a conclu l’un des leaders, insistant sur le fait que les Camerounais ne peuvent rester passifs face à une situation qui affecte la stabilité du pays.

Victoire Nkana

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