
Au lycée de Nkoabang, on n’enseignera plus l’espagnol ce trimestre. Jeannette Tikamba, professeur dévouée, a été découverte sans vie au fond d’un puits. Un drame qui plonge le quartier dans l’effroi et l’incompréhension.
« Quand le puits se tait, ce sont les larmes qui parlent. » Un vieux proverbe africain dit aussi que la mort n’a pas de porte, elle entre par toutes les fissures. Mais au quartier Nkoabang, personne n’avait imaginé qu’elle passerait par un trou d’eau.
C’est le choc. La craie est tombée des mains, les dictionnaires se sont refermés en claquant. Jeannette Tikamba, cette prof d’espagnol qui faisait vibrer ses élèves avec Cervantes et García Márquez, a tiré sa révérence dans des conditions qui donnent froid dans le dos.
Son corps ? Repêché dans un puits. Oui, un puits. Comme si la terre avait décidé d’avaler celle qui passait son temps à élever les esprits.
Ce qui devait n’être qu’une absence sans réponse est devenu une macabre découverte. Les autorités tentent de reconstituer le fil de ce drame, mais pour l’instant, le mystère reste aussi profond que le trou qui a englouti l’enseignante.
Accident ? On glisse, on tombe, et la vie s’arrête. Acte malveillant ? Là, ce serait carrément ajouter l’horreur à l’absurdité. Dans ce pays où l’on dit souvent que « la vérité sort de la bouche des enfants », ce sont malheureusement les silences des adultes qui parlent le plus fort.
En attendant, le lycée de Nkoabang pleure celle qui ne donnera plus cours. Et dans le quartier, on scrute désormais les puits d’un œil méfiant. Parce que quand l’eau qui donne la vie devient tombeau, c’est toute une communauté qui a soif de justice.
Gérald Nyatte



