
Promis, juré, craché sur le site ! Sauf que non. Le fameux rapport indépendant sur la gestion de la CAF reste introuvable en ligne. Entre démissions en série, favoritisme ambiant et un président sud-africain qui fait du yo-yo avec la transparence, le foot africain mérite mieux que ce soap opera.

« Quand le caméléon refuse de bouger, ce n’est pas qu’il est mort, c’est qu’il prépare un mauvais coup. » À la CAF, en ce moment, on dirait que tous les caméléons sont en grève.
Petit rappel des faits pour ceux qui suivent à la maison. Le 13 février 2026, à Arusha, le président Patrice Motsepe prend un air solennel et déclare, micro en main : « Le rapport indépendant ? Il est disponible sur notre site internet. » Sauf que non. On clique, on reclique, on actualise, on supprime l’historique, on change de navigateur… Toujours rien. Nada. Walahi, zéro.

Le fameux document, censé éclairer le public sur la « mauvaise gestion présumée » au sein de l’institution, reste mystérieusement invisible. Consultable uniquement sur tablettes au siège, par des privilégiés triés sur le volet. C’est beau la technologie, hein ?
Et qui garde ce rapport comme s’il s’agissait des manuscrits de la mer Morte ? Une certaine Rebeka, assistante du juge Damaseb, fraîchement propulsée à la tête du département Gouvernance, Risques et Conformité. Traduction : on met la poule au milieu du troupeau de renards et on croise les doigts. Logique.
Mais ce n’est pas tout. Dans la maison qui tremble, les démissions pleuvent comme les buts de Lookman pendant la CAN. D’abord Tatiana Flores, la Brésilienne recrutée sous l’ère Aghéhey. Elle cumulait deux postes à la fois (CAF et CONMEBOL), visiblement fatiguée de jongler entre les continents. Motif invoqué ? « L’environnement interne ». Traduisez : l’ambiance était plus lourde qu’un bulletin de notes d’un élève en vacances.

Ensuite, Juliette Bawuah, journaliste ghanéenne, a claqué la porte. Problèmes de visa non résolus par le département RH dirigé par Reem Adel. Quand tes RH ne parviennent pas à régulariser la situation d’une journaliste recrutée, on se demande s’ils arrivent à timbrer les feuilles de présence.
Et là, ça se corse. Parce que dans les couloirs, ça grince. On parle de retards administratifs chroniques, de favoritisme assumé envers les employés égyptiens, et d’un traitement inégal réservé aux employés africains noirs. Mais chut, il ne faut pas le dire. Le rapport qui dérange est sous clé, et Motsepe dort tranquille.
Enfin, dormir… Pas sûr. Parce qu’au milieu de ce champ de mines, une légende gronde. Samuel Eto’o, président de la FECAFOOT, en a visiblement assez des intermédiaires et des courbettes. Désormais, avec Motsepe, ils se parlent entre présidents. Traduction : fini les assistants qui prennent des notes et les sous-fifres qui filtrent les appels. Ça va causer direct, et ça risque de chauffer.
Alors, Motsepe finira-t-il par sortir ce rapport du frigo avant qu’il ne pue ? Les amoureux du foot africain attendent. Mais pour l’instant, à la CAF, on préfère jouer à cache-cache avec la transparence. Et comme dit le proverbe : « On n’allume pas une lampe pour la mettre sous un lit. » À moins qu’on ait quelque chose à cacher.
Gérald Nyatte



