
Après une décennie de purgatoire sur le tarmac, la compagnie nationale renoue enfin avec le ciel saoudien. Une bouffée d’oxygène pour les pèlerins et un pari osé pour une entreprise qui veut prouver qu’elle a encore des ailes.

On dit que le voyage le plus long commence par un premier pas. Pour Camair-Co, il commence surtout par… un premier vol sans escale technique vers l’Arabie Saoudite. Douze ans après avoir cloué au sol sa liaison vers Djeddah (à cause d’une fiabilité aussi fragile qu’un plateau de maquettes en papier mâché), la compagnie nationale remet les gaz.
Et c’est officiel : pour la Oumrah 2026, les fidèles de Garoua, Douala et Yaoundé pourront enfin s’envoler directement vers Médine. Au programme : plus de six vols prévus dès ce 17 février 2026, avec un retour au bercail depuis Djeddah. Sacré programme pour des Boeing 737-800 fraîchement dénichés chez nos amis tchèques de Smartwings.
Pour Camair-Co, c’est un peu le come-back de l’année. Depuis 2016, la liaison vers l’Arabie était devenue une sorte de légende urbaine : on en parlait, mais personne ne l’avait jamais vue. Annulations en série, service en berne… Le désert, mais sans les dunes.

Mais voilà, le ciel semble se dégager. Après avoir renoué avec Libreville, N’Djamena ou Brazzaville, la compagnie vise désormais plus haut : Kinshasa, Lagos, Abuja, Malabo… et même Paris. Oui, Paris. Parce qu’après avoir reconquis l’Afrique, pourquoi ne pas survoler la Tour Eiffel ?
Dans les bureaux de la direction, on ne cache pas une certaine euphorie mesurée. Le directeur général, Jean-Christophe Ella Nguema, parle même d’un « carrefour décisif ». Traduction : on arrête de ronronner sur le domestique, on muscle le jeu, on digitalise, on autonome neuf secteurs clés, et on met la priorité sur la maintenance. Le tout porté par un plan de relance de 100 milliards FCFA.
Objectif affiché ? Devenir une compagnie qui marche (ou qui vole) toute seule, performante, autonome, et surtout… fiable. Bref, faire oublier les années de turbulence pour enfin tutoyer les nuages.
Gérald Nyatte



