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Tchad: 66 ans de liberté, une nation en quête de stabilité

Aujourd’hui, le Tchad célèbre le 66ème anniversaire de son indépendance, proclamée le 11 août 1960. Cette date marque la fin de six décennies de domination coloniale française et l’accession à la souveraineté. François Tombalbaye, leader du Parti progressiste tchadien, devient le premier président d’une nation blessée par l’exploitation coloniale.

L’indépendance ne signifie pas la liberté : le Tchad hérite d’un territoire fragmenté, divisé entre le Nord musulman et le Sud chrétien, avec une économie exsangue, des infrastructures quasi inexistantes et des élites formées à servir les intérêts français, non leur propre peuple.

Depuis cette proclamation historique, le Tchad a traversé un demi-siècle de turbulences. Les années 1960 et 1970 ont vu se succéder les tensions communautaires, les tentatives de coup d’État. Les années 1980 et 1990 ont amené guerres civiles, invasions libyennes et chaos institutionnel. Chaque conflit a creusé les divisions régionales, déplacé des populations, détruit des familles. Le Tchad a connu des présidents forts, des dictateurs, des promesses de démocratie jamais tenues. Et pourtant, malgré ces décennies noires, le peuple tchadien a montré une résilience remarquable. Les Tchadiens et Tchadiennes continuent à se battre, à espérer, à reconstruire.

Aujourd’hui, cette 66ème commémoration résonne différemment. Elle n’est pas une simple célébration triomphaliste, mais un moment de conscience. Oui, le Tchad est libre du joug colonial. Oui, le drapeau flotte.

Mais la liberté politique doit encore être consolidée. La stabilité institutionnelle reste fragile. Les crises humanitaires, sécheresse, pauvreté, déplacements forcés continuent de saigner le pays. Des millions de Tchadiens vivent dans l’insécurité alimentaire, sans accès à l’éducation, aux soins de santé. Les jeunes, qui représentent plus de 60% de la population, regardent l’avenir avec inquiétude : pas d’emplois, peu de perspectives.

Cette célébration est donc un appel à l’action. La prochaine décennie doit être celle de l’unité véritable, au-delà des clivages régionaux et ethniques. Elle doit être celle de la reconstruction des institutions, de l’éducation, de la création d’opportunités économiques. Elle doit être celle d’une démocratie fonctionnelle, où la voix de chaque citoyen compte, où la corruption est combattue, où la justice règne.

Le Tchad a payé cher son indépendance. Que cette liberté durement acquise serve enfin à édifier une nation juste, prospère et unie.

Bonne fête nationale, à toute la communauté Tchadiene .

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