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Sport : la FIFA se divise sur Infantino

La Fédération française de football annonce le retrait de son soutien à Gianni Infantino, confirmant un clivage croissant avant l’élection présidentielle de la FIFA prévue en mars 2027. Tandis que l’Europe se détourne du leader suisse, l’Afrique maintient sa confiance, avec Samuel Eto’o réaffirmant jeudi que le patron de la FIFA est celui qui a le plus apporté au continent.

Un tournant décisif intervient dans les jeux politiques au sein de la FIFA. Philippe Diallo, président de la Fédération française de football, a communiqué jeudi le retrait du soutien de la FFF à la candidature de Gianni Infantino pour un nouveau mandat à la présidence de l’instance mondiale du football. Cette décision, adoptée à l’unanimité par le comité exécutif français, représente une rupture majeure puisqu’elle met fin à plus d’une décennie d’appui politique de la France au patron suisse de l’organisation.

Le désengagement français s’inscrit dans un contexte de méfiance croissante envers la gestion administrative et financière d’Infantino. Les reproches portent essentiellement sur un projet d’envergure que la FIFA avait envisagé : la création de la FIFA Forward Enterprise, dispositif controversé qui aurait permis l’ouverture d’une portion significative des revenus tirés des compétitions de la FIFA à des investisseurs privés. Ce projet suscita une levée de boucliers généralisée au sein des fédérations nationales, particulièrement en Europe, qui y voyaient une menace pour l’intégrité du modèle financier du football mondial. Face à cette opposition massale, Infantino fut contraint d’abandonner le projet en juillet 2026.
La décision de la FFF rejoint un front critique grandissant à l’approche de l’élection présidentielle fixée au 18 mars 2027 à Rabat, au Maroc. L’Union européenne de football, la Confédération du Nord, Centre et Caraïbes, ainsi que plusieurs organisations asiatiques du football ont déjà exprimé leur opposition à la gestion et à la réélection d’Infantino. Le dirigeant suisse vise un quatrième et ultime mandat autorisé par les statuts de la FIFA, mais se heurte à des obstacles politiques croissants dans plusieurs continents.
Cependant, Infantino ne se présente pas totalement isolé. Il conserve des appuis stratégiques importants, notamment du côté de la Confédération africaine de football et de la Confédération sud-américaine. Le président de la Fédération camerounaise de football, Samuel Eto’o, ancien monument du football africain, en a fourni une nouvelle preuve jeudi lors d’une apparition sur le plateau de France 24. Eto’o a clairement réaffirmé que Gianni Infantino demeurait le leader de la FIFA qui avait apporté le plus de bénéfices au continent africain depuis son accession à la présidence en 2016.

Cette position africaine contraste fortement avec le détournement européen. Infantino a investi massivement dans le développement du football africain, notamment par le biais du programme FIFA Forward qui distribue des ressources financières importantes aux fédérations nationales. Ces investissements, conjugués aux réformes du format de la Coupe d’Afrique et à l’attention politique accordée au continent, expliquent partiellement le soutien que maintient le leader suisse auprès de la Confédération africaine et de ses dirigeants, dont Eto’o.

L’élection présidentielle de mars 2027 s’annonce comme un moment de tension majeure au sein de la FIFA. Pour la première fois depuis son arrivée à la présidence, Infantino fait face à une opposition coordonnée et transversale. Les acteurs du football mondial s’apprêtent à déterminer si le leader suisse conservera son autorité ou si l’organisation connaîtra un changement de direction. Le clivage géographique déjà visible aux travers des positions de la France, de l’Europe, de l’Afrique et de l’Amérique du Sud laisse présager un débat politique intense au moment du scrutin.

Victoire Nkana

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