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Retour en Côte d’Ivoire—un an déjà/Simone Ehivet Gbagbo : la femme qui l’a attendu

Ce papier est le quatrième d’une série de quatre articles consacrés à ‘un an du retour de Gbagbo en Côte d’Ivoire.’

Papiers précédents—

Papier 1— Retour en Côte d’Ivoire—un an déjà/Retour sur les grands moments du procès Gbagbo à la CPI

Papier 2— Retour en Côte d’Ivoire—un an déjà/Des soutiens qui ont mis en lumière l’incarcération injuste de Gbagbo

Papier 3— Retour en Côte d’Ivoire—un an déjà/Gbagbo tue la lutte

Le retour de Koudou Gbagbo ne pouvait pas se faire sans que la Première Dame Simone Ehivet Gbagbo ait et joue un rôle principal dans cette pièce de théâtre. Ceux qui ont rédigé le script de ce retour, les scénaristes ou les metteurs en scène, et les réalisateurs, lui ont donné le mauvais rôle. Mais Simone Gbagbo n’est pas une femme comme les autres. Cette dame n’est pas une femme que l’on brise.

Personae non gratae

Dix ans d’absence. Cinq ans de procès devant la CPI. Acquittement le 30 mars 2021 de quatre chefs d’accusation de ‘crimes contre l’humanité à raison de meurtres, de viols et d’autres violences sexuelles, d’actes de persécution et d’autres actes inhumains’. Gbagbo retrouve le 17 juin 2021 le pays que Alassane Ouattara a plongé dans un conflit meurtrier après avoir perdu la présidentielle de 2010.

Quelques heures avant l’atterrissage du Président Koudou Gbagbo, son épouse Simone Ehivet Gbagbo avait reçu une visite dont l’objet, politiquement et familialement était indécent. Un tweet de Ange Rodrigue Dadjé l’avocat de la Première Dame Ehivet informe sur la nature de cette visite. ‘J’apprends ce soir (15 juin 2021) que Monsieur Monnet Léon, le Coordonnateur Général de l’organisation de l’accueil du Président Laurent Gbagbo, est venu en personne voir Mme Simone Gbagbo pour l’informer de ce que le Président Laurent Gbagbo ne voudrait pas la voir à l’aéroport ce 17 juin pour l’accueillir. Je suis choqué par cette information et espère que Mme Simone Gbagbo sera bien présente à l’aéroport.’

Néanmoins, Simone, un ‘lièvre’ de la politique, dans une vidéo d’à peine 4 mn, annonce sa présence bien que non souhaitée à l’accueil de son époux. Elle déclare. ‘Nous sommes arrivés au terme d’un combat politique et juridique qui a concerné la nation Ivoirienne tout en entière, qui a mobilisé l’engagement de toute l’Afrique, qui a cristallisé l’attention du monde. Le retour au pays de mon époux Laurent Gbagbo est la conclusion positive et victorieuse de toute cette lutte. Je me rends donc à l’aéroport pour saluer cette victoire parce qu’elle ouvre de nouvelles perspectives heureuses.’ Dans cette brève communication, elle n’oublie pas l’essentiel—célébrer Dieu. ‘Levons-nous de partout et célébrons la puissance de Dieu qui par son intervention nous donne cette grande victoire.’

Femme rock star

Adulée en Côte d’Ivoire, en Afrique, et dans le monde, par des millions de personnes de tout âge, de tout sexe, de toute obédience politique et religieuse, Simone Gbagbo a un statut de ‘rock star.’ Pourtant, elle n’est pas une personne artificielle, comme ces femmes de chefs d’Etat ou supposés tel, qui se baladent à Cannes et autres milieux mondains comme des prostituées.

Simone est une pièce rare. Des signes et symboles le montrent—chansons à sa gloire. Pagnes baptisés en son nom. D’autres modèles (de pagnes) et des objets divers portent son effigie. Des tatouages de sa face sont gravés sur la peau de ses admirateurs. En public, elle est presque harcelée pour des selfies…Pour son amour de la Côte d’Ivoire, elle est appelée affectueusement ‘Omah,’ ‘Maaama,’ ‘Mère de la nation.’ En référenceà son combat pour la souveraineté de son pays et de l’Afrique, elle est nommée ‘Résistante,’ ‘Combattante,’ ‘Patriote,’ … Comparant son courage à celui des reines, princesses et prophétesses Africaines qui ont combattu et battu en guerre les envahisseurs, et par rapport à sa lignée, elle est élevée au titre d’‘Aigle royale. Au regard de la couleur sa peau, de son naturel, et au tracé de son corps sans surcharge de silicones, Simone Ehivet Gbagbo est baptisée ‘Bois d’Ebène.’

Alors, quand l’annonce avait été faite, qu’elle était indésirable à l’accueil de son Président-camarade-époux, la colère est montée et a gonflé sur tous les continents. Cette ébullition n’est pas retombée. Elle est une chape d’exaspération suspendue sur la tête du Woody.

Ces quelques éléments c’estla preuve que sa popularité n’est plus à démontrer. Pourtant, elle n’a jamais pillé les fonds publics—comme la femme de l’autre patin en service pour la France—pour corrompre les agences de communication afin qu’elles polissent son image.  

Liane verte

Ceux qui ont voulu la barricader au retour de Gbagbo ne connaissent pas suffisamment les aptitudes politiques de cette femme de combat qui est comparable, d’une part à un joueur d’échec qui a toujours une longueur d’avance sur ses adversaires. Et d’autre part sa réputation pour la teneur et la précision de ses analyses sur les domaines qu’elle embrasse.

Ces qualités font d’elle une liane verte qui se tord, se plie, sans se casser. Une calebasse qu’on ne submerge pas. Ce qui ne devrait pas surprendre. ‘Elle a toujours incarné la femme à la mâchoire forte et au regard dur lorsqu’elle s’adresse à ses adversaires politiques.’ Explique Jean Sékongo, son photographe personnel depuis 1986. Elle l’a démontré dans les moments les plus difficiles. Ce fut le cas le 23 février 2015 à la barre, à la réouverture de son procès tenu pour la condamner. A cette tribune qui lui avaient été offerte par Alassane Ouattara ‘le chef des bandits,’ et Nicolas Sarkozy ‘le diable,’ elle n’avait pas cédé au chantage ni aux menaces. Elle avait dit ce que ces dépostes n’aiment pas entendre. C’est cette femme que l’on ne brise pas, que des personnes qui sont incapables de distinguer le bon grain de l’ivraie ont cru ridiculiser.

Héritière des défricheuses

Ces lieutenants du Président Gbagbo, arrivés trop tard sur un vieux champ de lutte politique ne se sont pas imprégnés du rôle de la femme dans les guerres contre les envahisseurs et pour la libération de l’Afrique. Ils sont encore moins informés sur la bataille menée par Anne-Marie Essy Raggi, Zogbo Céza Galo Marie (Marie Koré) ou encore Jeanne Ahou Siefer-N’Dri (Jeanne Gervais) et d’autres défricheuses du champ politique Ivoirien dont Simone Ehivet a hérité de leur combat et l’a rendu multisectoriel. Son engagement politique, elle le vit et le subit. A chaque coup, elle a vaincu des brimades honteuses, des violences psychologiques, la prison et toute sorte de violences physiques. La brutalité sauvage n’a entamé ni sa force, ni sa conviction, ni son ambition pour la souveraineté et l’indépendance de son pays et de l’Afrique. Elle porte son combat avec foi. Car, elle est une ‘femme de caractère et de principe. Une femme dure dans le travail. Dure dans tout ce qui est bon.’

Briser les stéréotypes

Simone choque ceux qui s’attaquent à elle et voudraient la voir couler politiquement, parce qu’ils s’accrochent aux stéréotypes. Ils considèrent que la politique reste un monde d’hommes. Par conséquent, elle devrait donner une vision soft de la politique. L’exercer avec douceur. Tenir un discours en-dessous de celui des hommes. Laisser ceux-ci porter les grands projets de politique générale. S’enfermer dans le domaine de la politique sociale. Parler des logements, de la propreté, de la dépravation des mœurs, de la jeunesse, des filles-mères, de l’addiction a l’alcool, au tabac et à la drogue.

Ces restrictions ne conviennent pas à Simone Gbagbo. Elle est un tout. ‘C’est une maman qui est à la fois politique, à la fois mère, à la fois intellectuelle, enseignante chercheure. C’est une personne pluridimensionnelle mais qui a une forte personnalité, ce n’est pas quelqu’un qui est dans la revendication, dans le féminisme, non. C’est quelqu’un qui s’affirme et qui se construit par sa personnalité, par ses convictions.’  Témoigne Michel Gbagbo, le fils Gbagbo.

Simone est une actrice politique pleine. Elle n’est pas une espèce que l’on enferme dans les stéréotypes dont les media sont le miroir grossissant. Simone Gbagbo fait la politique de haut niveau. Elle combat pour gagner. Pas pour elle. Pour les autres. Elle le fait en professionnelle de la politique. Ainsi, ceux qui ne savent pas comme les Gbagbo que ‘la politique est un métier,’ sont irrités par sa maîtrise de la chose politique. Simone Ehivet Gbagbo est la briseuse des stéréotypes. Elle le fait savoir. ‘Je pense que la femme a des choses à apporter en politique et en Afrique. Une femme peut devenir chef d’Etat. Je reste convaincu qu’une femme doit faire de la politique, parce que si les femmes ne font pas la politique, la société va reculer.’ Avait dit la Première Dame Simone Ehivet Gbagbo en RDC, le 18 octobre 2021 lors de sa première sortie de la Côte d’Ivoire depuis 2011.

Dernières bombes sur le crâne

Simone n’est pas arrivée en politique parce qu’elle avait faim. Elle est le contraire de ceux qui ont usurpé le pouvoir en Côte d’Ivoire pour servir l’Occident et récolter les miettes. Elle est l’opposé de l’essentiel de la classe politique Ivoirienne venue en politique pour leurs intérêts privés. Elle y est arrivée parce qu’elle a des attributs naturels pour ça. Des aptitudes qui ont été complétées par l’influence extérieure, ses compétences, son intelligence, combinées à son intégrité et son honnêteté. Elle a prouvé qu’en politique on peut être fidèle, digne de confiance et fiable. Ses premiers mots après 7 ans de prison l’attestent. ‘Tous ceux qui sont présents là, je voudrais vous dire merci d’être venu. Parce que tout ce qui est dans mon ventre, avant que ça ne sorte, il faut que ça passe par le tamis de Aboudramane Sangaré. Je vais me contenter de vous dire merci. Mon dernier remerciement, il s’adresse à l’Eternel des armées.’  

Politiquement, elle n’a pas trahi. Ni la Côte d’Ivoire. Ni ses camarades de lutte. Ni son époux. Auprès de ce dernier, elle est restée jusqu’au bout. Pourtant, les prétendus fidèles de Gbagbo, et celle qui dit l’aimer quand les tempêtes se sont calmées, et ceux qui prétendaient qu’ils mouraient pour la Côte d’Ivoire ou pour Gbagbo, s’il le faut, s’étaient ‘enfuis’ lâchement—les uns aidés par les rebelles, d’autres, par des voies détournées, pour se mettre à l’abri à l’étranger.

Simone que les endo-colons et colons voudraient tuer mais n’y arrivent pas, s’était dressée en bouclier. Elle avait pris sur elle les derniers obus et bombes des mercenaire Français. Mais également les coups des rebelles destinés à Gbagbo. Elle rappelle. ‘C’est vrai que dans l’expérience que j’ai vécue, je considère qu’il y a des injustices quand même que j’ai vécues. Au moment de mon arrestation, j’ai été agressée comme cela n’est pas permis. Mon mari, lui au contraire, ils sont venus, ils l’ont protégé, lui qui était le chef de l’Etat. Parce que je suis une femme, ils m’ont battue.’ Toute cette maltraitance ‘Parce que je ne suis pas restée à la maison pour faire la cuisine et m’occuper des enfants.’ Avait-elle dit, en pointant du doigt l’ingratitude de son époux. ‘J’ai fait tout cela et qu’est-ce que j’en tire? Je n’ai même pas la reconnaissance de celui qui partageait ma vie.’ Avait déclaré l’Aigle Royale en RDC en 2021.

Méconnue de tous

L’épisode de l’aéroport le 17 juin 2021, celui de la demande de divorce, et d’autres événements qui ont suivi, ont été diversement interprétés. Certains ont eu pitié de la Première Dame Simone Gbagbo et pris faits et causes pour elle. D’autres se sont réjouis.

D’un camp à l’autre, chacun croyait ou s’attendait à son effondrement. Là aussi, il faudrait avouer que les politiques, les anonymes, les media, les analystes politiques, et même les juges et conseillers matrimoniaux, ne connaissent pas Simone Ehivet Gbagbo. Elle a grandi dans la politique. Cheminé dans un couple politique. Les journées, les soirées, les weekends, voire les nuits, étaient pour l’un ou l’autre, une succession de meetings, réunions, discours, inaugurations, déplacements, conseils des ministres, séances à l’Assemblée nationale, recherches documentaire, conception des stratégies politique, prison, exil… Le tout dans la tension, les coups bas, et avec la rage de convaincre.

Ces difficultés ont façonné cette dame dont rien n’ébranle plus.

Poison lent

Elle savait et sait que le monde politique c’est un univers qui dévore. Elle savait et sait que dans ce milieu, même si on appartient au même camp, on ne s’entend pas nécessairement sur tout. Elle savait et sait également que dans un couple politique, la politique est un poison lent. Une peste qui fait pousser des tentacules toujours plus longs de l’obsession à gagner, de la passion pour la satisfaction du bien-être collectif national, pendant qu’elle ronge lentement l’affection et l’attention, qui finissent quelque fois par tuer l’amour—puisqu’on n’arrive plus à donner le temps au conjoint.

Simone le reconnaît par rapport à son couple. ‘Les hommes peuvent être complexés parce que leur épouse a une personnalité qu’il considère comme une personnalité trop forte qui les écrase. Peut-être que je n’ai pas fait totalement ce qu’il espérait, on ne sait jamais.’ Avait dit cette femme qui sait se remettre en cause, en exhortant les femmes à appliquer la recommandation fondamentale, ‘Femmes soyez soumises à vos maris’ (Ephésiens 5:22), comme elle l’a fait.

Jamais grisée

Simone Ehivet Gbagbo n’a jamais été grisée par tout cela. ‘J’ai traversé des épreuves qui sont très fortes, mais j’ai eu la grâce d’être guérie par Dieu.’ Cette guérison spirituelle a amorti et rendu sans effet les autres chocs, comme la demande de divorce par son époux. Elle explique. ‘Quand le problème de divorce s’est présenté, j’avais suffisamment d’énergie en moi pour également faire face.’

La Première Dame Simone Gbagbo, derrière son regard perdu, est une force de la nature—chaque fois que quelque chose de dure a frappé son époux et elle, elle a toujours le plus souffert. Mais elle s’en sort toujours. Sans baisser les bras, elle a continué à l’accompagner dans sa bataille politique sans jamais être une entrave dans ses divagations. Respectant la recommandation, ‘femmes soyez soumises à vos maris,’ elle s’était prêtée au jeu. Elle voyait qu’elle mettait le doigt dans un engrenage. Mais son but ultime c’était de protéger l’image de l’époux-politique.

Refermés dans leur piège

Simone Ehivet Gbagbo est une femme politique ‘hors hiérarchie.’ Elle l’a démontrée une fois de plus en se rendant à l’aéroport le 17 juin 2021 accueillir son époux. Restée à la maison ce jour, elle aurait donné le fouet à ses détracteurs et aux media-propagandes pour la chicoter. Ils auraient entre autres dit, ‘si l’épouse n’était pas la bienvenue à l’aéroport, la vice-présidente pouvait s’y rendre.’  Autour de ce principe, plusieurs arguments auraient germé pour la condamner. Ils auraient donné raison au Président Gbagbo sur ses égarements qui ont suivies.

Déjà, beaucoup de mediamensonges et des pseudo-analystes avaient tout tenté pour enflammer la division entre les Gbagbo avant qu’ils n’atterrissent. Mais cette femme politique imperturbable ne s’était pas laissé piéger et avait désamorcé les mines posées sur sa route. Personne n’avait tiré d’elle un mot qui abîmerait son époux. Elle ne leur avait pas donné l’occasion de sortir des images d’archives ou de dépoussiérer de vieilles interviews qu’ils interprèteraient à leur convenance pour la salir dans un duel avec Gbagbo, ou dans une bataille à trois qui ferait de Nadiani Bamba, l’éternel remplaçant sur les bancs de touche, une titulaire.

Cyclone de l’Histoire

Tout ce que la Première Dame Simone Ehivet Gbagbo fait, c’est pour la Côte d’Ivoire. Elle n’a pas le temps à se chamailler dans les caniveaux au fond desquels certains s’y trouvent depuis des lustres. Elle surfe sur la souveraineté et l’indépendance du Continent. Et non sur des débats qui emballent les vendeuses de papiers noircis à l’encre ou les exploiteuses d’enfants pour quelques grains de cacao. Un jour, peut-être, on parlera des ravages de la politique. De ceux qui la conduise. De celles qui accompagnent les politiques. Alors beaucoup seront anéantis par le cyclone de la vérité de l’Histoire.

Feumba Samen

Pour aller plus loin. Lire,

1—Feumba Samen, ‘Les guerres secrètes antiGbagbo’ Paris, La Doxa,

2—Feumba Samen & Anne-Marie Chône Abi, ‘Pensée philosophique et politique de Gbagbo—Citations, Analyses, Réflexions, et Paroles Fortes,’ Paris, La Doxa.

Anne-Marie Chône Abi, patriote-résistante très discrète est décédée le 9 octobre 2020 à Daoukro d’un arrêt cardiaque. Victime du système hospitalier désuet de Ouattara Alassane.

Pour en savoir plus, lire,

‘Côte d’Ivoire—Décès de Abi Chône Anne-Marie, patriote-résistante humaniste,’ https://lynxtogo.info/cote-divoire-deces-de-abi-chone-anne-marie-patriote-resistante-humaniste-par-feumba-samen/ ou https://237infos.net/cote-divoire-deces-de-abi-chone-anne-marie-patriote-resistante-humaniste/

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