Redonner une existence légale à ceux que la crise a rendus « invisibles », tel est l’enjeu majeur de l’initiative lancée officiellement à la Mairie de Douala 4ème. Ce projet de reconstitution des actes de naissance au profit des personnes déplacées internes marque une étape décisive pour l’intégration sociale et la protection des droits humains dans la région du Littoral.
L’événement a réuni un panel représentatif des forces vives et des bénéficiaires : les Chefs de villages et de quartiers, maillons essentiels de l’identification et de la certification de proximité, les représentants des déplacés internes venus de plusieurs communes du département du Wouri, les membres de l’ACAFEJ (Association Camerounaise pour l’Aide aux Femmes et aux Enfants Juvéniles), partenaire technique de premier plan, les membres du Bureau du Projet, chargés de la coordination opérationnelle.
La cérémonie de lancement a été rehaussée par la présence du 3ème adjoint au Maire de Douala 4ème. Cette participation souligne l’engagement ferme de la municipalité à accompagner les populations vulnérables installées dans sa circonscription. En ouvrant ses portes à ce projet, la commune se positionne comme un rempart contre l’exclusion sociale.
Pour de nombreuses personnes ayant fui les zones de conflit, la perte des documents d’état civil constitue un obstacle infranchissable. Sans ce précieux document, l’accès à l’éducation, aux soins de santé formels et au marché du travail devient un véritable parcours du combattant.
« L’acte de naissance n’est pas qu’un simple papier ; c’est le premier lien de citoyenneté qui unit l’individu à l’État. Sans lui, le déplacé est doublement victime : de la crise, puis de l’exclusion administrative », a souligné avec force un représentant de l’ACAFEJ lors des échanges.
Le projet ne se contente pas d’un simple recensement. Il prévoit un mécanisme d’accompagnement complet pour les bénéficiaires identifiés dans le département du Wouri, incluant : le recensement et l’identification rigoureuse des PDI dépourvues de documents, l’assistance juridique pour la constitution des dossiers de demande de reconstitution, le plaidoyer auprès des autorités judiciaires pour faciliter l’obtention des jugements supplétifs, la délivrance effective des actes de naissance sécurisés.
Il faut dire que, la réussite de cette initiative repose sur une collaboration étroite entre les autorités municipales, les leaders traditionnels et la société civile. En choisissant la Mairie de Douala 4ème comme point de lancement, zone stratégique d’accueil pour de nombreux déplacés, les initiateurs envoient un message de pragmatisme et de solidarité humaine.
Les travaux se sont achevés dans une atmosphère d’espoir. La promesse est désormais lancée : les premières vagues de reconstitution débuteront dans les plus brefs délais, permettant à des centaines de compatriotes de sortir de l’ombre pour retrouver leur pleine citoyenneté.
Ernesthine BIKOLA





