Une cérémonie solennelle, présidée par le Secrétaire général du ministère des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique, Oumar Ali, en présence du Secrétaire général de l’Organisation africaine de normalisation, Dr Hermogène Nsengimana, et du Directeur général par intérim de l’Agence des normes et de la qualité, Chantal Andely, a consacré le déploiement opérationnel de l’Arso Mark au Cameroun.
À cette occasion, une dizaine de structures camerounaises ont été certifiées pour leur respect des normes et leur engagement en faveur de la qualité. La cérémonie, qui a réuni industriels, responsables d’organismes de certification, représentants du secteur privé, partenaires techniques et financiers ainsi que des acteurs de la société civile, a pris une dimension à la fois nationale et continentale.
Label panafricain de conformité aux normes harmonisées de l’Arso, l’Arso Mark vise à faciliter la reconnaissance des produits conformes aux standards africains et à favoriser leur circulation sur le continent. Au Cameroun, l’Anor a été désignée comme organisme national de certification chargé de son déploiement.
Prenant la parole en premier, le Directeur général par intérim de l’Anor, Chantal Andely, a replacé cette initiative dans une perspective stratégique. Selon elle, le lancement de l’Arso Mark ne saurait être réduit à une simple formalité administrative. Il constitue l’aboutissement d’un important processus de mise à niveau de l’infrastructure qualité du Cameroun.
L’Anor, en tant que bras opérationnel de l’État en matière de normalisation, d’évaluation de la conformité et de promotion de la qualité, a consenti d’importants efforts pour se conformer aux exigences internationales.
Pour Chantal Andely, l’obtention de ce label démontre la capacité des entreprises camerounaises à produire conformément à des standards reconnus à l’échelle continentale. « Il prouve que nos industries, grandes, moyennes ou petites, peuvent rivaliser avec les meilleurs lorsque les exigences de normes sont respectées », a-t-elle déclaré.
La responsable de l’Anor a salué les entreprises certifiées, qu’elle considère comme des pionnières et des ambassadrices du Made in Cameroon. Elle leur a reconnu le mérite d’avoir compris que la compétitivité ne se décrète pas, mais se construit à travers la rigueur, la traçabilité et le respect des référentiels.
Elle a également exhorté les autres entreprises à s’engager davantage dans la démarche qualité, notamment dans la perspective de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).
Selon elle, le marché africain sera de plus en plus exigeant à l’égard des produits non conformes. Dans cette perspective, l’Arso Mark apparaît comme un véritable passeport pour l’accès aux marchés africains.
« Une réponse africaine à un problème africain »
Le Secrétaire général de l’Arso, Dr Hermogène Nsengimana, a, pour sa part, salué le rôle joué par le Cameroun dans le chantier de la normalisation en Afrique centrale.
À la tête d’une organisation qui regroupe 42 États membres, il a présenté le Cameroun comme un acteur clé et un pilier sur lequel l’Afrique peut compter pour promouvoir un commerce intra-africain fondé sur la qualité et la confiance.
« L’Arso Mark est une réponse africaine à un problème africain », a expliqué le responsable, soulignant que pendant longtemps, des produits africains ont été confrontés à des obstacles aux frontières du continent en raison de la faible reconnaissance mutuelle des certificats.
Avec l’Arso Mark, l’objectif est de mettre en place un langage commun de la qualité, reposant sur des normes africaines harmonisées.
Ces normes, élaborées de manière consensuelle par les experts africains, couvrent aujourd’hui plus de 1 400 référentiels, notamment dans les secteurs agroalimentaire, cosmétique, électrotechnique, des matériaux de construction et des services.
Pour le Secrétaire général de l’Arso, la normalisation doit être perçue non pas comme une contrainte supplémentaire pour les entreprises, mais comme un investissement stratégique.
Un produit certifié Arso Mark inspire davantage confiance au consommateur, réduit les risques de rejet aux frontières, améliore la compétitivité et contribue à accroître la valeur ajoutée.
Dr Hermogène Nsengimana a invité les entreprises certifiées à jouer un rôle de modèles et de mentors auprès des autres acteurs de l’écosystème industriel camerounais. Il a également réaffirmé la disponibilité de l’Arso à accompagner l’Anor dans le déploiement du label, notamment à travers la formation des auditeurs et l’élargissement progressif du champ de certification à d’autres filières porteuses.
La SND30 au cœur de la stratégie industrielle
Présidant la cérémonie, le Secrétaire général du Minmidt, Oumar Ali, a donné à l’événement une portée politique et économique. Il a inscrit le lancement de l’Arso Mark dans la droite ligne de la Stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND30).
Pour le représentant du gouvernement, cette initiative traduit concrètement la volonté des pouvoirs publics de faire de l’industrialisation et de la transformation structurelle de l’économie camerounaise des leviers majeurs de l’émergence.
« On ne peut parler de substitution aux importations, de promotion des exportations et de conquête du marché de la ZLECAf si nos produits ne sont pas aux normes », a-t-il martelé.
Oumar Ali a rappelé que la SND30 ambitionne de porter la contribution du secteur manufacturier au PIB de 11 % actuellement à près de 25 % à l’horizon 2030. Un objectif qui, selon lui, passe nécessairement par l’amélioration de la qualité des produits fabriqués localement.
Il s’agit notamment d’assainir le marché intérieur face aux produits contrefaits et de qualité douteuse, de mieux protéger les consommateurs et de doter les entreprises camerounaises d’outils de compétitivité reconnus sur les marchés internationaux.
Le respect des normes contribue ainsi à plusieurs objectifs de la SND30 : renforcer la compétitivité des entreprises locales, promouvoir le Made in Cameroon comme marque de fierté nationale et faciliter l’accès des produits camerounais aux marchés extérieurs.
Un nouveau levier pour le Made in Cameroon
Le lancement de l’Arso Mark au Cameroun intervient donc dans un contexte où la qualité et la conformité deviennent des enjeux déterminants pour les entreprises désireuses de profiter pleinement de l’ouverture du marché africain.
À travers cette certification, les autorités camerounaises entendent accompagner les entreprises dans leur conquête de nouveaux marchés, tout en renforçant la confiance des consommateurs dans les produits fabriqués localement.
Le Secrétaire général du Minmidt a, à cet effet, félicité l’Anor pour le travail accompli et appelé les administrations sectorielles, les agences de promotion ainsi que les institutions financières à soutenir davantage les entreprises engagées dans la certification.
Car, comme l’a souligné le responsable, la qualité a un coût qu’il faut accompagner.
Avec l’entrée en opération de l’Arso Mark, le Cameroun entend ainsi transformer la normalisation en véritable outil de compétitivité industrielle et faire de la qualité un accélérateur de la conquête du marché continental. Pour les entreprises certifiées, l’enjeu dépasse désormais les frontières nationales : il s’agit de faire du Made in Cameroon une offre crédible, compétitive et reconnue à l’échelle africaine.
Ernesthine BIKOLA




