Face à la recrudescence inquiétante des meurtres et à l’approche de la visite papale, le Gouverneur de la région du Centre, Naseri Paul Bea, a réuni le gotha sécuritaire du Mfoundi, le 1er avril 2026. Entre rappel à l’ordre et nouvelles directives, l’heure est à la mobilisation générale.
La « cité aux sept collines » perd de sa superbe et s’enfonce dans une psychose macabre. Féminicides, infanticides, homicides crapuleux… le décompte macabre ne semble plus connaître de trêve à Yaoundé. Dans ce climat de peur généralisée, le Gouverneur de la région du Centre, Naseri Paul Bea, a pris le taureau par les cornes.
Les services du gouverneur ont servi de cadre, le 1er avril 2026, à une réunion de sécurité stratégique de haute importance. Autour de la table : le préfet du Mfoundi, Emmanuel Djikdent, les sous-préfets des sept arrondissements ainsi que les responsables des forces de maintien de l’ordre (FMO).
Le ton a été donné dès l’entame de l’allocution du Gouverneur. Naseri Paul Bea n’a pas usé de langue de bois pour fustiger le relâchement observé sur le terrain : « Depuis un certain temps, le maintien de l’ordre est perturbé. Nous vivons avec désolation le phénomène de tuerie dans certains quartiers, le cas de Nkoabang autant que plusieurs autres est emblématique. Nous avons pensé qu’il est question pour nous de nous mettre au travail. Le Gouverneur a rappelé que durant les périodes électorale et post-électorale, le quadrillage de la ville avait prouvé son efficacité. Son ambition est claire : remettre ce dispositif en selle immédiatement.
L’enjeu diplomatique : Sécuriser la visite du Pape Léon XIV
L’urgence est d’autant plus grande que le Cameroun s’apprête à accueillir un hôte de marque : le Pape Léon XIV, dont le séjour est prévu du 15 au 18 avril 2026. Alors que la capitale fait peau neuve pour cet événement planétaire, l’insécurité ne saurait ternir l’image du pays.
« Le Pape sera des nôtres bientôt, il faut faire quelque chose pour sécuriser la vie des populations et leurs biens. Surtout pour rassurer les étrangers qui foulent le sol camerounais qu’ils n’ont rien à craindre », a martelé le patron du Centre. Pour lui, la contrainte budgétaire ne doit pas être un frein : « Avec ou sans moyens, nous devons faire mieux avec le peu que nous avons.»
Pour inverser la tendance, Naseri Paul Bea a édicté plusieurs directives fermes : les patrons d’arrondissements doivent, sous la coordination du Préfet, durcir les patrouilles et le contrôle territorial, l’implication des chefs de quartiers qui sont appelés à « ouvrir l’œil » sur les mouvements suspects et à dénoncer toute pratique peu orthodoxe, le gouverneur prône la création ou la redynamisation de comités de citoyens de bonne foi pour surveiller les entrées et sorties dans les zones périphériques, une attention particulière doit être portée sur ces lieux qui servent souvent de repaires aux criminels.
Le message final se veut inclusif. Pour que Yaoundé retrouve sa quiétude, la sécurité ne doit plus être l’affaire des seules forces de l’ordre. Le Gouverneur exhorte les populations vivant au « fin fond des quartiers » à collaborer étroitement avec les autorités.
Cette concertation du 1er avril marque ainsi le point de départ d’une montée en intensité de la lutte contre le banditisme. À deux semaines de l’arrivée du Souverain Pontife, Yaoundé engage une course contre la montre pour redevenir la ville sûre qu’elle était autrefois.
Ernesthine BIKOLA




