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Menace sur le bétail : l’Afrique centrale muscle sa riposte contre la peste porcine

Un atelier régional de haut niveau consacré au renforcement des capacités de surveillance de la Peste des Petits Ruminants  et des maladies animales transfrontalières s’est ouvert ce 21 avril 2026 à Yaoundé. La cérémonie d’ouverture s’est tenue sous la présidence du Conseiller technique n°1 du ministère de l’Élevage, des Pêches et des Industries animales, Dr Minbang Guy Irené, représentant le ministre.

La peste des petits ruminants (PPR) est une maladie virale hautement contagieuse qui touche principalement les ovins et les caprins. Elle a une propagation rapide qui affecte plus de 70 pays d’Afrique, du Proche et du Moyen-Orient et d’Asie et menace la sécurité alimentaire de près de 300 millions de familles rurales. Chaque année, elle entraîne des pertes économiques estimées à 2,1 milliards de dollars américains.

Face à cette situation préoccupante, les acteurs régionaux et internationaux intensifient leurs efforts pour contenir et éradiquer la maladie. L’atelier de Yaoundé s’inscrit ainsi dans le cadre de la mise en œuvre du programme panafricain d’éradication de la PPR, qui vise son élimination à l’horizon 2030.

Pendant trois jours, les participants vont échanger sur les stratégies à adopter pour améliorer la surveillance épidémiologique dans la région. L’objectif principal de cet atelier étant de renforcer les capacités techniques des pays participants afin de mieux détecter, suivre et contrôler la maladie. Les travaux porteront également sur l’harmonisation des procédures de collecte, d’analyse et de notification des données sanitaires, ainsi que sur l’amélioration de l’interopérabilité entre différents systèmes régionaux et internationaux de surveillance, notamment RESEPI-AC, ARIS et WAHIS.

Par ailleurs, l’atelier vise à renforcer l’opérationnalisation des réseaux régionaux de surveillance épidémiologique (RESEPI-AC) et de laboratoires (RESOLAB-AC), considérés comme des piliers essentiels dans la lutte contre les maladies animales transfrontalières.

Lors de la cérémonie d’ouverture, le représentant de la FAO au Cameroun a rappelé l’ampleur de la menace que représente la PPR, soulignant son impact dévastateur sur les moyens de subsistance des populations rurales et sur les économies nationales.

La lutte contre cette maladie s’inscrit dans une dynamique mondiale portée conjointement par la FAO et l’Organisation mondiale de la santé animale (OMSA). Cette mobilisation internationale a été renforcée lors de la 33ᵉ Conférence régionale de la FAO pour l’Afrique en avril 2024, puis consolidée à travers le Plan d’action de Kampala 2026-2035 adopté par les chefs d’État africains.

De son côté, l’Union européenne a réaffirmé son engagement aux côtés des pays africains. Depuis 2015, elle soutient activement la stratégie mondiale d’éradication, notamment à travers un financement de 10,5 millions d’euros en faveur du programme panafricain de contrôle de la PPR. Cet appui repose sur trois axes majeurs : promouvoir le développement rural et l’emploi des jeunes, maintenir un engagement durable jusqu’à l’éradication complète de la maladie et renforcer les capacités régionales.

Au niveau national, le Cameroun se distingue à travers le Projet de Développement de l’Élevage (PRODEL), soutenu par la Banque mondiale et mis en œuvre par le ministère de l’Élevage. Ce programme a permis d’intensifier les campagnes de vaccination, d’améliorer les services vétérinaires et de mobiliser les éleveurs.

Le Réprésentant du Minepia, a dans son propos de circonstance engagé le Centre Régional de Santé Animal et le RESEPI Afrique Centrale à produire une feuille de route assortie d’indicateurs de suivi pertinents pour l’amélioration de la surveillance épidémiologique non seulement de la peste des petits ruminants, mais des autres maladies prioritaires des petits ruminants et de même des autres maladies animales transfrontalières prioritaires en Afrique Centrale.  » Notre succès collectif dépendra de notre capacité à transformer les engagements en actions concrètes », a déclaré le Dr Minbang Guy Irené.

À l’issue de l’atelier, plusieurs résultats sont attendus. Les participants devraient repartir avec des compétences renforcées en surveillance épidémiologique. Les pays membres mettront à jour leurs cartes de risques et affineront leurs approches en matière de gestion des écosystèmes épidémiologiques.

Par ailleurs, un plan régional harmonisé de surveillance sera élaboré et validé, constituant un cadre de référence pour les interventions futures. L’interconnexion des systèmes d’information sanitaire devrait également être améliorée, garantissant une meilleure circulation des données entre les pays.

Enfin, les États membres sont appelés à s’engager formellement à intégrer les recommandations issues de cet atelier dans leurs politiques nationales.

En réunissant les principaux acteurs de la santé animale en Afrique centrale, cet atelier de Yaoundé représente une étape déterminante dans la lutte contre la PPR et les autres maladies animales transfrontalières. Il illustre la volonté des pays de la région de renforcer leur coopération et de mutualiser leurs efforts pour atteindre un objectif commun : l’éradication de la PPR et l’amélioration durable des systèmes d’élevage.

Au-delà de ses enjeux sanitaires, cette initiative contribue également à la sécurité alimentaire, au développement économique et à la résilience des communautés rurales, faisant de la lutte contre la PPR une priorité stratégique pour l’ensemble du continent africain.

Ernesthine BIKOLA

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