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Mali : briser définitivement le joug colonial français ou retourner en esclavage

Le Mali n’est sûrement le champion des coups d’Etat en Afrique. Mais, ce pays a construit son Histoire sur les putschs. Chaque rupture de l’ordre constitutionnel de 1968 à 2021 a sa spécificité et a changé le cours de son histoire politique. Ces putschs préparés et exécutés depuis le camp militaire Soundjata Keita de Kati-15 de kilomètres de Bamako-ont deux particularités. La majorité est à essence coloniale et un est patriotique.

Ces coups d’Etat ont d’un côté balayé des insoumis à l’ordre colonial-Modibo Keita (1960-1968). Et de l’autre, les amis de Paris déposés à tour de rôle après que leurs maîtres n’eurent plus besoin de leurs services. Pour le moment, ces coups sur commande, plus celui manqué de la nuit du 11 au 12 mai 2022, ont été stoppés par la bande des Colonels le 14 mai 2021-ce putsch qui dérange a mis au goût du jour la fragilité du système politique, diplomatique et militaire français.

Quête de souveraineté mise entre parenthèses

Cinq officiers-les Capitaines Yoro Diakhité et Mamadou Cissoko, les Lieutenants Youssouf Traoré, Kissima Dounkara, et Moussa Traoré qui deviendra plus tard Général de Division, ont signé le premier putsch du Mali après l’indépendance. Ce coup d’Etat qui a évincé le Président Modibo Keita le 19 novembre 1968 est dirigé par le Lieutenant Moussa Traoré.

Ce putsch comme tous les coups d’Etat à travers le monde a ses explications (ou les raisons du putsch), ses exigences et ses promesses. Les soldats expliquent qu’ils avaient demandé au Président Modibo Keita de renoncer à son idéologie politique fondée sur le « socialiste » et accepter l’«organisation des élections ».’Ce dernier a refusé et dit. « Nous sommes dans un pays de droit et de démocratie. Nous respectons depuis l’indépendance la volonté populaire. C’est le peuple qui a opté pour le socialisme. Le socialisme n’est donc pas mon choix à moi tout seul, demandez au peuple ce qu’il en pense ».’Le coup d’Etat consommé, les putschistes annoncent que « le régime dictatorial de Modibo Keïta a chuté », et que « l’heure de la liberté a sonné ».’En fait, le nœud du coup réside plutôt dans la décision prise le 20 janvier 1961 par le Président Modibo exigeant le départ du Mali des troupes françaises. Cet acte pris pour manifester sa solidarité au Fln algérien est exécuté à partir de juin 1961 lorsque les soldats français commencent à évacuer la base de Kati. En septembre de la même année, les dernières troupes Françaises quittent le Mali.

L’argument de la démocratie et des élections n’était qu’un leurre. Puisque durant son règne (1968-1991), le Président Moussa Traoré a imposé un parti unique, l’Union Démocratique du Peuple Malien (UDPM).

L’ère des soumis à l’ordre colonial

23 ans plus tard, un groupe de militaires mené par le Lieutenant-Colonel Amadou Toumani Touré critique le système politique du Président Moussa Traoré, évoque la crise économique récurrente et la soif de démocratie pour justifier le renversement de leur prédécesseur. Il est mis aux arrêts le 26 mars 1991. Puis jugé et condamné à mort en 1993. Son parti l’UDPM est dissout. Amadou Toumani Touré, préside (1991-1992) le Comité Transitoire pour le Salut du Peuple (CTSP) avec Soumana Sacko (civil) nommé chef du gouvernement. Après lui, Alpha Oumar Konaré est élu d’abord le 26 avril 1992 au second tour face à Tieoule Mamadou Konaté, puis en 1997. Il est à ce jour le seul Président Malien à avoir terminé ses mandats sans coup d’Etat.

Le soldat Amadou Toumani Touré devenu civil par anticipation le 1er septembre 1997 est élu Président sous le label de candidat indépendant en 2002 (64,35% des voix) face à Soumaila Cissé. Il rempile, le 29 avril 2007.

Il est balayé dans la nuit du 21 au 22 mars 2012 deux mois avant la fin de son mandat par un putsch certifié depuis Kati et mené par le Capitaine Amadou Haya Sanogo. Raison, la mauvaise gestion de la rébellion Touareg dans le Nord du Mali. Il fuit au Sénégal et retrouve la terre de ses ancêtres en 2017. Le Capitaine Amadou Sanogo sous pression abandonne le pouvoir à Dionconda Traoré (président de l’Assemblée Nationale, 2007-2012) conformément au Titre III-Article 36 de la constitution de 1992. Amadou Sanogo, président du Comité National pour le Redressement de la Démocratie et la Restauration de l’Etat (CNRDRE) qui n’a passé officiellement que 20 jours à la tête de l’Etat Malien, continue à partir du camp de Kati à être patron du pays.

Grelottements au profit des terroristes

Loin mais influent, Sanogo obtient de Dioncounda Traoré la présidence en février 2013 du Comité Militaire de Suivi de la Réforme des Forces de Défense et de Sécurité. La même année, Ibrahim Boubacar Keita (IBK) est élu le 11 août (77,6 %) Président de la République face à l’éternel second Soumaïla Cissé-une sorte des Le Pen en France. Le 14 août il promeut Sanogo Général de corps d’armée.

Ce dernier qui va de déchéance à la promotion et vice-versa, est mis aux arrêts en novembre 2013. Emprisonné, il est placé en résidence surveillée à Sélingué (région de Sikasso). En compagnie de 17 autres prévenus, tous des militaires, Sanogo est poursuivi pour l’exécution présumée de 26 bérets rouges, arrêtés après un putsch manqué de 2012 opposant bérets-rouges et bérets-verts. Il sera mis en liberté provisoire en janvier 2020.

Profitant du grelottement de Bamako, les terroristes constitués par Paris écrasent les séparatistes Touareg et s’emparent de Gao, Kidal, et Tombouctou dans le Nord et instaure la Charia. Pratique qui prend fin en 2013.

Visages de l’ombre

« L’escalade de l’insécurité et la mauvaise gouvernance », seront évoquées le 18 août 2020 pour déposer IBK. La mutinerie-putsch qui part au matin de ce jour va être conclue peu avant minuit par la démission de IBK sera rendue publique le lendemain. Il signifie sa volonté de se démettre de sa charge de Président de la République en disant qu’il ne voulait pas « que du sang soit versé pour me maintenir au pouvoir ». Avant le dénouement de cette folle journée, le Premier ministre Boubou Cissé avait établi en vain le dialogue avec les putschistes non-identifiés qui sont restés dans l’anonymat jusqu’à 16h 30, lorsque le Président et son Premier ministre sont arrêtés.

Quand les visages sortent de l’ombre, les Maliens peuvent enfin identifier les instigateurs et meneurs de cette rupture à l’ordre institutionnel. Ils sont, le Colonel Ismaël Wagué, chef d’Etat-Major Adjoint de l’Armée de l’Air et porte-parole des putschistes, et les Colonels Assimi Goïta, Malick Diaw et Sadio Camara. Cette bande de quatre sont tous de Kati.  

Ce putsch est la consécration des contestations pour la démission du Président IBK et de son Premier ministre Boubou Cissé, pour mal-gouvernance et corruption. Initiées par le Mouvement du 5 Juin-Rassemblement des Forces Patriotiques (M5-RFP), l’Imam Mahmoud Dicko est le chef de file.

Le putsch qui dérange

Les Colonels-putschistes mettent sur pied un régime de transition, Conseil National pour le Salut du Peuple (CNSP) Conseil National pour le Salut du Peuple (CNSP). Assimi Goïta pilote ce Conseil pendant un mois et le cède à Bah N’Daw le 21 septembre 2020. Au cœur du pouvoir, les Colonels refont entendre les bruits de bottes. Le 24 mai 2021, Bah N’Daw et Moctar Ouane, respectivement Président et Premier ministre Malien de la transition sont interpellés par des soldats et conduits au célèbre camp militaire Soundiata Keïta de Kati.

Ces arrestations sont l’œuvre des membres de l’ex-CNSP-les Colonels Assimi Goita, (vice-Président de la transition), Malick Diaw, (Président du Conseil National de Transition-organe législatif), Sadio Camara (ministre de la Défense), Modibo Koné (ministre de la Sécurité et de la Protection civile), et le Colonel-Major Ismaël Wagué (ministre de la Réconciliation). Ils reprochent au Président d’avoir géré le dossier de la démission et de la reconduction du Premier ministre sans leur consentement. En fait, de retour d’un séjour Parisien, N’Daw Bah forme un gouvernement 48 heures après sans consulter l’ex-CNSP. Cette action entreprise en solitaire convainc la population qu’il est à la solde des autocrates Français et n’obéirait qu’aux intérêts de cette puissance impérialiste. Le communiqué du vice-Président, le colonel Goïta, du 25 mai 2021 dénonce cette attitude du Président et du Premier ministre, qui ont formé le nouveau gouvernement ‘sans concertation avec le vice-Président’ qui n’est autre que lui-même. Il ajoute. « Le vice-Président s’est vu dans l’obligation d’agir pour préserver la charte de la transition et défendre la République en vue de placer hors de leur prérogatives le Président et le Premier ministre ».

Paris au mur de lamentions

L’approche des Colonels basée sur la recherche de nouveaux partenaires comme la Russie hérite la France anciennement maîtresse des lieux. Entre arrogance et mépris, elle prend une décision unilatérale de retirer ses troupes qui a poussé le gouvernement Malien à réagir lors de la 76è Assemblée Générale des Nations Unies. Dans son discours, le Premier Ministre Malien de la transition, Dr Choguel Kokalla Maïga affirme que la France a « abandonné son pays en plein vol ».’Il explique. « La nouvelle situation née de la fin de Barkhane plaçant le Mali devant le fait accompli et l’exposant à une espèce d’abandon en plein vol, nous conduit à explorer les voies et moyens pour mieux assurer la sécurité de manière autonome avec d’autres partenaires de manière à combler le vide que ne manquera pas de créer la fermeture certaines emprises de Barkhane dans le nord du Mali ».

La formule imagée à l’Africaine d’un « abandon en plein vol » de Choguel met la classe politique Française en émoi. « C’est une honte. Et ça déshonore ce qui n’est même pas un gouvernement. Je rappelle que le Premier Ministre Malien est l’enfant de deux coups d’Etat, si je puis dire. Puisqu’il y a eu un coup d’Etat en août 2020 et un coup d’Etat dans le coup d’Etat. Donc, la légitimité du gouvernement actuel est démocratiquement nulle ». Vomit le petit despote Macron. Le porte-parole du maffieux Jean-Yves Le Drian, Ministre Français des Affaires étrangères, poursuivi en justice au Mali, ne cache mal son hallucination. Le 27 septembre 2022 il déclare. « La transformation de notre dispositif militaire au Sahel ne constitue ni un départ du Mali, ni une décision unilatérale, et il est faux d’affirmer le contraire ».

Florence Parly, ministre des Armées Français s’invite aussi au mur de lamentations. Devant des étudiants de Sciences Po Paris le 27 Septembre 2022, elle fait valoir qu’«il n’y a pas de désengagement Français » au Mali. Puis ajoute. « Je tiens à commencer par rétablir des contre-vérités ». La sienne bien-sûr. Puis débite. « Quand on a 5 000 soldats et qu’on se désengage de trois emprises, et qu’on a l’intention d’en laisser encore plusieurs milliers, lorsqu’on déploie au Sahel des blindés dernier cri ce n’est pas l’attitude normale d’un pays qui a l’intention de s’en aller ».’Elle ne s’arrête pas là. Elle pousse le bouchon aux injures-la spécialité des Français. « C’est beaucoup d’hypocrisie, c’est beaucoup de mauvaise foi, beaucoup d’indécence, surtout parce que ces propos ont été tenus le samedi 25 septembre. Or, le vendredi 24 septembre, un 52e militaire français a donné sa vie pour combattre le terrorisme au Sahel ».

Mémoire éteinte

Naviguant dans la manipulation, Parly n’ose pas faire la comptabilité des Africains morts pour qu’elle ait un pays. Elle met entre parenthèses les massacres racistes de tirailleurs Sénégalais planifiés et exécutés par l’armée Française lors de la Seconde Guerre mondiale. Un génocide exécuté à l’entrée Nord de Lyon et dans les monts d’Or, les 19 et 20 juin 1940. Ces jours, 1333 soldats Africains sont expressément envoyés à la mort par le commandement militaire Français alors qu’il savait que la bataille était déjà perdue. Faire tuer les Africains leur permettrait d’écrire l’Histoire de cette guerre autrement.

Les crimes français sur les Africains se poursuivent sur le continent. Après cette sale guerre, les survivants revenus sur la terre de leurs ancêtres, sont froidement abattus par les troupes coloniales et des gendarmes français dans la nuit du 1er au 2 décembre 1944 dans le camp militaire de Thiaroye au Sud de Dakar. Leur crime, avoir réclamé le paiement de leurs indemnités et le versement de leur pécule-des miettes. Ces braves soldats qui ont joué un rôle capital lors de la campagne d’Italie et durant la libération du territoire français métropolitain sont surtout tués pour que l’histoire ne s’écrive pas autrement. En d’autres termes, que ces survivants n’écrivent la dure vérité de cette guerre. Celle qui aurait révélé l’incapacité de la France à pouvoir gagner une guerre.

L’intimidation ne passe pas

La nouvelle donne que les soldats maliens impulsent dans la relation Bamako-Paris irrite la France. Les ténors du régime totalitaire Français s’exhibent pour imposer la peur. Le vocabulaire des poubelles-une marque Française-est au rendez-vous. « Ce qui a été conduit par les militaires putschistes est un coup d’Etat dans le coup d’Etat inacceptable, qui appelle notre condamnation immédiate ».’Clame impuissant Macron lors d’une conférence. Contre les Colonels, Macron agite le fétiche des sanctions qui ne fait plus peur. « Nous sommes prêts, dans les prochaines heures, si la situation n’était pas clarifiée, à prendre des sanctions ciblées ». Jean-Yves Le Drian perroquette pour réclamer « la reprise de la transition ».’Il « condamne avec la plus grande fermeté ce coup de force, exige la libération des autorités » et « la reprise immédiate du cours normal de la transition ».’S’estimant à la période des casques coloniaux, il avertit. « Le caractère civil de la transition est une condition sine qua non de la crédibilité du processus de transition et du soutien que les partenaires internationaux peuvent apporter aux autorités maliennes ».’Pour conclure, il menace. « Si d’aventure il n’y avait pas un retour à l’ordre de la transition, nous prendrions des mesures immédiates de ciblage contre les responsables militaires et politiques qui entravent la transition ».’Lepauvre colon au crane dépourvu de cheveux et peut-être un cerveau appauvri, oublie que ce disque qui a marché avec Gbagbo est rayé depuis une dizaine d’années.    

L’intimidation de Paris ne passe pas. Les autorités maliennes ont un but à atteindre. Aider leur pays à être souverain et autonome pour que les Maliens et en passant les Africains soient maîtres chez eux et respectés partout ailleurs. Pour cela, ils veulent avoir des coudées franches et ne plus être contrôlés en permanence par Paris. Pour y parvenir, ils doivent poursuivre leur plan de restructuration et de restauration de l’Etat Malien en anéantissant les terroristes.

Coup de maître diplomatique

Dans le processus, Bamako chasse l’ambassadeur de France au Mali comme un malpropre. Dans la foulée, il renvoie Barkhane et Takuba. Scelle un vrai acte de coopération et de défense avec la Russie. Se fait entraîner par les instructeurs russes et s’équipe auprès de Moscou en matériels militaires sur fonds propre.

Paris comprend que le Mali est en train de lui échapper. Macron sait qu’il ne peut plus ramener ce pays dans son giron. Il anticipe le retrait de ses soldats-mercenaires et des militaires Européen du Mali. « Nous ne pouvons pas rester engagé militairement aux côtés d’autorités dont nous ne partageons ni la stratégie ni les objectifs cachés, c’est la situation à laquelle nous sommes confrontés aujourd’hui au Mali, la lutte contre le terrorisme ne peut pas tout justifier ». Annonce-t-il. Son loulou Le Drian perd les pédales et jette aux orties les règles qui régissent la saine diplomatie. Puis, s’engage dans la diplomatie des caniveaux. Il peste. La junte « illégitime », qui prend des « mesures irresponsables porte l’entière responsabilité du retrait des forces Danoises et s’isole davantage encore de ses partenaires internationaux ».’Sur ce, il prétend que la France ne quitte pas le Mali, mais que « c’est le Mali qui s’isole ».

Cet entêtement des pillards français dans la bêtise et le mensonge confirme la pensée du philosophe Michaël Fœssel selon laquelle, « l’arrogance, c’est le vice de celui qui croit que les autres ne sont rien ».

Victoires militaires

Malgré les avertissements des dirigeants Maliens, les autorités Françaises n’en ont fait qu’à leur tête. Ce refus d’écouter et ces actes de provocation amènent le gouvernement Malien de Transition à mettre fin à rompre avec le Traité de Coopération en Matière de Défense (TCMD) signé le 16 juillet 2014 avec la France, ainsi que les accords déterminant le Status of Force Agreements (SOFA) ou Statut des Forces Barkhane (France) et Takuba. « Le gouvernement de la République du Mali a décidé de dénoncer avec effet immédiat l’accord des 7 et 8 mars 2013 déterminant le statut du détachement Français qui s’applique aux forces Barkhane et le protocole additionnel des 6 au 10 Mars 2020 déterminant le statut du détachement non-Français de la force Takuba conformément à la Convention de Vienne de 1969 sur le droit des traités de 1969, dont la articles pertinents prévoient les modalités de dénonciation d’un accord, lorsque celles-ci ne sont pas déterminées expressément (Article 56) ou en cas de violation manifeste de l’accord par l’une des parties, permettant à l’autre partie de le dénoncer (Article 60) ».

Les accords militaires avec la France annulés, les bornes ne sont plus délimitées pour les FAMa. Pendant que les mercenaires Français plient leurs bâches kaki et vert-olive, « réexportent » leurs containers de malheur, les FAMa engrangent des victoires sur différents fronts contre les terroristes. Toutes les semaines la Direction de l’Information et des Relations Publiques des Armées (DIRPA) annonce de nouvelles conquêtes de territoire et la neutralisation des terroristes. L’Etat-Major de l’Armée Malienne dans un communiqué diffusé le 1er avril 2022 annonce la neutralisation de 203 terroristes lors d’une opération dans une zone Sahélienne du centre du Mali menée du 23 au 31 mars. Cette opération « de grande envergure » s’est déroulée « dans la zone de Mourrah à 17 kilomètres au Nord-Est de Kouakjourou dans le cercle de Djenné» (centre du Mali). Outre ces 203 criminels tués, 51 autres avaient été capturés et «d’importantes quantités d’armes et de munitions’ récupérées. Après avoir pris le contrôle de Mourrah, les forces armées Maliennes ont procédé « aux nettoyages systématiques de toute la zone ».’Ensuite, un « tri » est fait pour identifier et séparer l’ivraie (les terroristes) du bon grain (la population), précise le 5 Avril 2022 un communiqué de l’Etat-Major.

Cet exploit qui vient s’ajouter au chapelet de victoires que les FAMa moissonnent est un triomphe de trop pour les Français. Le Drian, le medium, qui lit dans de l’eau boueuse a son interprétation de cette conquête. « Les autorités de Bamako annoncent 200 terroristes tués, sans pertes civiles. J’ai du mal à croire, j’ai du mal à comprendre, j’ai du mal à accepter ces explications ». Avait-il déclaré le 8 avril.Le Drian avait raison de douter. Les mercenaires Français sont des bouchers. Il assimile toutes les armées à leurs barbouzes criminels.

Coup de grâce

Le 15 mai, le Mali a annoncé son intention de quitter le G5 Sahel. Cette décision est la suite logique de la rupture par le Mali des accords de défense entre lui et la France, d’une part, et la signature d’autre part d’un nouvel accord de coopération et de défense avec la Russie. Outre ces faits, les différents entre le Mali et le G5 ont d’autres explications. En février 2022, cette organisation de coopération régionale politico-militaire rassemblant cinq Etats de la bande Sahélienne (Mauritanie, Mali, Burkina Faso, Niger et Tchad) devait tenir une conférence à Bamako, afin de « consacrer le début de la présidence Malienne du G5 ». Mais, «près d’un trimestre après le terme indiqué cette conférence ne s’est jamais tenue’ a précisé le communiqué du gouvernement Malien.

Ce dysfonctionnement subit montre que l’organisation est « instrumentalisée » par « l’extérieur ».’En clair par la France. Note implicitement le Colonel Abdoulaye Maïga, porte-parole du gouvernement Malien qui déclare. «L’opposition de certains Etats membres du G5 Sahel à la présidence du Mali est liée à des manœuvres d’un Etat extérieur à la région visant désespérément à isoler le Mali ». De cette situation, «le gouvernement de la République du Mali déduit une perte d’autonomie, une instrumentalisation et un dysfonctionnement grave des organes du G5 Sahel. En conséquence, le gouvernement du Mali décide de se retirer de tous les organes et instances du G5 Sahel, y compris de la force conjointe ».

Le secrétaire général de l’Onu, Antonio Guterres, qui ne s’est jamais indigné par rapport à l’insuffisance du budget prévisionnel du G5 Sahel devant lui permettre de lutter efficacement contre le terrorisme s’est dit le 11 mai 2022 préoccupé par la courageuse décision des Maliens. « Je suis profondément préoccupé par la détérioration rapide de la situation sécuritaire au Sahel, ainsi que par l’effet potentiellement néfaste que la situation politique incertaine au Mali, au Burkina Faso et au-delà aura sur les efforts visant à rendre plus opérationnelle la Force conjointe G5 Sahel ».

Dernier port à atteindre

Le Mali doit éviter la voie contournée, longue, et incertaine de la Rca et du Burkina Faso qui ont adopté le Bitcoin. Une seule voie reste au Mali à explorer. Frapper sa monnaie et sortir du Fcfa.

Feumba Samen (correspondance particulière)

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